jeudi 27 novembre 2008

Mon intervention à VOX TV

Je mets le lien de l'émission à laquelle j'ai participé et qui consacrait son sujet à la communauté arabe de Québec. J'émets toutefois quelques réserves à propos du déroulement. Avant de partir, j'avais l'intention de parler des problèmes qui touchent les Arabes de Québec, en l'occurrence, les préjugés et la façon de ne voir dans l'Autre que l'être religieux et donc forcément celui qui diffère par ses pratiques religieuses. Je voulais aussi préciser que c'est en partie à cause de ce cloisonnement que certains employeurs craignent de voir leurs employés prier 5 fois par jour, et préfèrent donc mettre certains CV à la poubelle (la réalité commence à changer un peu et c'est tant mieux). Je voulais insister sur les chiffres de Statistiques Canada qui montrent que les Arabes sont deux fois plus diplômés que la moyenne canadienne, mais deux fois plus touchés par le chômage, je voulais... mais je n'ai rien pu dire de tout cela. J'ai passé plus de temps au maquillage (c'est obligatoire pour l'exposition à la caméra) qu'à parler en direct. L'animatrice est sympathique certes, mais elle me prenait pour un jeune cool, alors elle m'a posé des questions de jeunes cools, auxquelles je ne pouvais que répondre d'une façon jeune et cool. Dommage! C'est pour cette raison que je préfère la radio. Le lien est ici, j'interviens en dernier.

vendredi 7 novembre 2008

Coup d'État clinique



En attendant le prochain coup d'État clinique, j'adresse mes voeux au président tunisien et lui souhaite de rester au pouvoir au moins 20 autres années. Je lance, pour l'occasion, un appel à tous les Tunisiens pour bâtir une pyramide mauve afin que l'âme du président demeure éternelle. Il faut garder en vue (à vie) que le 7 novembre est pour les Tunisiens un Spiritus sanctus est donum in quo alia dona donatur, Alléluia!

jeudi 6 novembre 2008

Des images du prophète

Contre les censeurs, voici des images du prophète, des peintures manuscrites d'une grande valeur artistique












mardi 4 novembre 2008

SuperObama?



Barack Hussein Obama est donné gagnant dans la plupart des États américains. Il sera le 44ème président américain, mais pas n'importe lequel. Un président moitié américain, moitié kenyan, oui, oui, c'est à peine croyable. Ce pays qui a su attirer la haine de tout le globe, le voilà qui devance tous les pays en élisant une personne d'origine éthnique différente de celle de la masse. Félicitations M. Obama, félicitations à tous ceux qui le soutiennent, à tous ceux qui s'identifient à lui, à tous ceux qui commencent à croire que tout est possible, que le rêve américain est finalement réalisable. Toutefois, pour nous autres non Américains qui regardons gentiment se faire et se défaire l'avenir du monde entier, que signifie cette présidence? Si Obama risque de faire de grands changements dans ce marasme économique américain, s'il risque de socialiser le pays, que peut-il faire après la barbarie du cabinet de Bush? Peut-il fermer la plaie ouverte en Irak et en Afghanistan? Peut-il bousculer la politique du Proche-Orient et donner de l'espoir à un peuple palestinien opprimé? Peut-il lever l'ombargo sur les Cubains sans placer les pions déjà postés en Floride? Peut-il réellement discuter avec l'Iran sans chantage ni mépris? Peut-il réévaluer les politiques désastreuses des État-Unis en Afrique et en Amérique latine? Peut-il, peut-il... mais il faut être superman, il faut rester au pouvoir au moins 20 ans pour effacer le passé indélébile... il est de bonne foi certes, mais est-il seul à décider? Loin de tout pessimisme, je laisse le temps juger.

vendredi 31 octobre 2008

Le pleurer-rire de Dieudonné



J’ai assisté hier au tout dernier spectacle de Dieudonné intitulé J’ai fait l’con. Evidemment, il ne s’agit nullement de remords ni de remise en question, comme le laisse croire le titre. L’artiste continue à lancer sa machine à broyer le système. A qui le tour maintenant ? Tout le monde y passe. Au premier degré, ce sont les autochtones et à leur tête les Pygmées qui paient les frais, mais la vraie cible, ce sont le capitalisme, les entreprises occidentales et bien sûr, les présidents africains. Un réquisitoire troublant contre ces systèmes corrompus ou corrupteurs. Durant toute la prestation, les spectateurs, et moi compris, ne savaient plus s’ils devaient rire ou pleurer, et ils finirent par rire en se sentant coupables. Il a joué sur l’émotion, et a frappé fort avec des associations trash. Il a choqué, troublé, fait couler les larmes de rire (ou d’indignation plus tard), bref, son spectacle est tout sauf un banal one man show d’humour. C’est du théâtre de haut niveau où le verbe prend son envol et finit sa cascade avec un poème d’un kamikaze palestinien slamé à la façon de Claude Nougaro, son ami à qui il rend hommage à chaque fois. Dieudonné est plus que jamais au sommet de sa forme artistique. Et la polémique du baptême de sa fille par J.M. Le Pen n’est qu’un coup de bleuf, un leurre, un préambule au spectacle. Décidément, l’homme ne descend jamais de sa scène même dans sa vie privée.

vendredi 24 octobre 2008

La Francophonie a le SIDA

Le 12ème Sommet de la Francophonie a pris fin dimanche dernier dans la ville de Québec. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps d'écrire là-dessus ces derniers jours. Mais vu l'ampleur de cet événement, je ne pouvais pas le passer sous silence. Je ne reprendrai pas ce qui a été relaté par les médias (c'est-à-dire pas grand-chose, à l'exception de TV5). Je ne parlerai pas non plus des coulisses (j’ai une ligne rouge à respecter). Alors, qu’est-ce qui me reste à dire? À dire vrai, pas grand-chose (tient! Comme les médias!). Mais je voudrais parler d’une chose, de cette Francophonie institutionnelle. Il faut dire qu’avant le sommet, les médias locaux n’en ont presque pas parlé (pour cause des élections fédérales) et les gens ont vu, non sans surprise, leur ville quadrillée du jour au lendemain. Mais que se passe-t-il? Il y a une déferlante de présidents venus de pays inconnus, des gens de couleurs, des ethnies… calvaire! Quessekça? Bon, après avoir expliqué l’événement aux gens, on leur sert deux plats chauds : Sarkozy qui fait son show et qui lance l’anathème avec une phrase charnière : « on n’a pas besoin de plus de divisions », cracha-t-il dans les oreilles des Québécois et Canadiens pour parler du projet (mis sur la glace) de la séparation du Québec. Les fédéralistes jubilent, les souverainistes postillonnent. Le deuxième plat chaud servi par les médias est un haut dignitaire camerounais qui a été arrêté pour conduite en état d’éméchitude (ça n’existe pas, je sais). Ni les journalistes ni les compatriotes de ce dernier ne savent de qui il s’agit (c’est la ligne rouge pour moi, alors je ne dis rien, même si la tentation me guette). Bon, le gars est un C.H (non, ce n’est pas un cas humanitaire, cherchez). Je me tais. L’essentiel est que ce dignitaire a été relâché étant donné qu’il a le SIDA (Système d’immunité diplomatique africaine). Voilà, je me retrouve en fin de compte (du conte) à relater les mêmes choses que les médias. Pourquoi? Parce que… Que veut dire la Francophonie politique? Un État suzerain et des vassaux? Un super président qui passe une journée, puis se casse aux Etats-Unis, pour des affaires plus sérieuses, discuter entre grands? Une armée de pions faite de petits dictateurs qui viennent quêter pour leurs familles? Ok, je suis un peu dur avec la francophonie, mais il y a la francophonie culturelle qui fait des choses bien à côté, des colloques et des rencontres… c’est bien beau ces colloques où des chercheurs chevronnés répètent à longueur de journée que la francophonie c’est la modernité, la francophonie c’est la résistance à l’hégémonie anglo-saxonne, la francophonie c’est universel, ça perce les tabous dans les pays musulmans, ça donne de l’espoir, ça… Ils sont de bonne foi ces intello, mais moi, je n’embarque pas (la barque est trouée et l’eau est glacée). Désolé, mais je ne peux pas défendre une langue au détriment d’une autre, je ne peux pas associer des idéaux d’universalisme et de modernité à une langue, je ne peux pas faire porter à une langue ce dont elle est incapable… une langue est un outil de communication, basta! Une langue sert de vecteur socio-culturel, c’est tout. Après, le contenu et les idées ne relèvent plus de cet outil, mais appartiennent à l’esprit humain. Je défendrai la francophonie, mais aussi l’arabe, l’anglais, l’italien et tout le reste. Et la francophonie n’est qu’une petite partie noyée dans un tout riche et diversifié. À bon entendeur salut!