jeudi 22 février 2018

Enseignement et empathie

J'ai été abasourdi par un documentaire diffusé sur la chaîne française France 3 et intitulé : « Docs interdits - Profs en territoire perdu ». En fait l'idée consiste à faire témoigner des profs de lycées dans des cités à forte densité maghrébine. 

Tous les professeurs, sans exception, ont passé au crible les problèmes qu'ils observent chez leurs élèves : Le racisme inversé, la misogynie, l'antisémitisme, l'homophobie, le rejet de l'identité française, de la culture de l'hexagone, de la laïcité française, le sentiment d'appartenance à l'Islam, etc. Ils ont tous présenté leurs élèves comme des monstres remplis de haine, d'intolérance et de préjugés.

Je ne doute point de la bonne foi de ces enseignants ni de la véracité des faits relevés. Par contre, je déplore un manque criard d'empathie. D'aucuns ne se sont demandé pourquoi ces jeunes issus de l'immigration nord-africaine agissent ou pensent de cette façon. Ils se sont contentés d'observer et se sont ensuite empêtrés dans des analyses plaquées sans recul aucun et surtout sans essayer de comprendre ce qui motive ou bloque ou angoisse ces jeunes. 

Un enseignant dispense un savoir certes, mais il se doit d'avoir un minimum d'empathie pour l'apprenant afin de pouvoir saisir les enjeux ou encore les tensions qui tenaillent ce dernier. 
Il m'arrive souvent de confronter mes étudiants à leurs propres pensées préconçues, opinions, haine, rejet de l'Autre, etc. J'avoue que c'est délicat et que souvent le professeur est déstabilisé devant tant de haine. Afin de désamorcer cela, il faut à tout prix éviter de tomber dans une posture moralisatrice ou tenter de rectifier leur façon de penser. Je me souviens d'une étudiante, très brillante et motivée, qui m'a clairement dit qu'elle était « extrêmement allergique » aux homosexuels. Quand je lui ai demandé la raison de cette haine, elle a hésité et m'a dit qu'elle ne savait pas pourquoi au juste. C'est pour moi un début d'ouverture. Au lieu de s'offusquer et de crier au loup homophobe et tout, on prend l'apprenant par la main et on lui renvoie ce qu'il dit comme le ferait un miroir ou une pièce vide. L'apprenant, au lieu de se braquer et de se mettre sur la défensive, entame une phase de réflexion. Je ne dis pas que cela l'amène à changer totalement de posture idéologique, mais j'estime que cela pourrait être un début de changement.      
            
En somme, ce qu'il faut essayer de comprendre, pour revenir aux jeunes qui ont fait l'objet de cette « enquête », ce sont les raisons et non les symptômes. Si ces jeunes sont remplis de haine, c'est parce qu'ils se sentent réellement rejetés par leur société qui a traité leurs parents comme des bêtes de somme. Si ces élèves tentent de s'accrocher à une identité religieuse nébuleuse, c'est parce que la plupart de leurs parents étaient et sont des prolétaires qui ne possèdent que le Coran comme seul livre à la maison. Donc, ces jeunes sont doublement victimes. Ils sont victimes d'un système étatique assimilationniste d'un côté et d'un milieu familial conservateur qui manque cruellement d'instruction et qui se replie sur une identité presque chimérique de l'autre. 

Voilà, à mon humble avis, le nœud du problème! Camarades enseignants! Ayez de l'empathie, arrêtez de juger, essayez de comprendre afin d'aider vos élèves en situation fragile! On juge et on condamne un adulte pour avoir commis un crime quelle que soit sa nature, mais on essaie d'amener un élève à réfléchir sur ses propres poncifs afin de s'en distancier.      

vendredi 28 avril 2017

Vélo, radio et gazon


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Parlons un peu d’André Arthur, de Québec, des cyclistes et du gazon. On voit tout de suite poindre le lien logique de ce quatuor inséparable. André Arthur et Québec sont allergiques aux coureurs à deux roues. André Arthur à Québec avec de surcroît un micro est un danger imminent pour les cyclistes. Et le gazon dans tout ça? Attendez un peu!
Il y a quelques années, j’ai demandé à un ami de Québec la raison des gros klaxons de certains bêtas à chaque fois qu’ils arrivent au niveau d'un cycliste. Si ce ne sont pas des klaxons, ce sont carrément des coups de volant ou même des mégots de cigarettes lancés, surtout quand le cycliste a le malheur de rentrer du boulot à vélo le jeudi soir vers minuit sur la Grande-Allée – gros bazar des douchebags –. Évidemment, pas besoin de parler des portières ouvertes pour l'accueillir et si ce dernier est mécontent, on le gratifie d’un doigt d’honneur – D'ailleurs, pourquoi appelle-t-on ce geste primitif un doigt d’honneur? L’honneur est-il sauf par cet ersatz de phallus? – L'ami en question m’a répondu sur un ton fataliste et déconcertant : «Mais, on leur dit de faire ça sur les radios-poubelles ». Voilà, encore ces radios-poubelles, responsables de tous les maux!
Dans cette suite logique, les récents propos d’André Arthur, qui incite au meurtre en demandant impérativement de soulager les cyclistes en leur passant dessus, confirment le cocktail entre Québec, André Arthur et les cyclistes. Les cyclistes seraient ainsi des gens qui souffrent et qui aiment souffrir en empiétant sur le territoire des vrais citoyens – payeurs de taxes et tondeurs de gazon – voilà que le gazon point malgré la tonte forcée.
En tant que cycliste quatre saisons, les propos de cet homo sapiens me poussent à réfléchir sur sa façon de réfléchir. Toutefois, devant la vacuité de sa réflexion, je me dis qu’il ne faut plus chercher les causes, mais plutôt s’attaquer directement aux symptômes avec une thérapie de choc. On pourrait ainsi faire fléchir le mâle bêta sans sanction aucune. Car la sanction ne ferait qu’augmenter la frustration de ses acolytes, qui le sont déjà assez pour des problèmes de bite, de gazon – encore le gazon –, d’immigrés et de féministes. Surtout quand leurs femmes se font buriner la caverne par un cycliste pendant qu’eux castrent le gazon avec leurs machines et chassent la moindre mauvaise herbe à coup de pesticides. Le bruit de la tondeuse étant plus fort que celui des gémissements, ils n’y voient que dalle et tous les matins, ils branchent leurs quelques neurones à leur radio-poubelle dans leurs grosses machines utilitaires sport (sport?) en rêvant gaillardement d’écraser un cycliste. À défaut de pouvoir le faire, ils se contentent de dresser le majeur droit comme pour compenser la mollesse phallique qui les assaille.
Après mûre réflexion et moult digressions, voici la thérapie de choc que je propose : Tous les cyclistes, ces acharnés de la route qui ne paient pas une cent pour rouler sur l’asphalte payé de la sueur des honnêtes automobilistes banlieusards et libertariens du tout – ces coupeurs d'herbe des temps modernes –, devraient cotiser pour payer un séjour de six mois à Amsterdam au gourou André Arthur. – Il ne faut pas s’inquiéter car ce dernier trouverait bien le moyen de se faire payer en étant absent de son travail. Après tout, c’est un habitué du travail buissonnier, lui l’ancien député fédéral qui n’était presque jamais présent à l’Assemblée. Pour un libertarien, profiter des largesses de l’État tout en voulant éliminer ce dernier est un devoir. Pourrait-il en faire de même avec son employeur L’entreprise, Dieu absolu des libertariens? – Bon, je divague. Revenons à nos vélos!
Pour compléter la thérapie, on devrait aussi lui payer un vélo là-bas et le forcer à pédaler tous les jours. Au début, il risque de trouver ça dur, tannant, dangereux, etc. mais il finira par s’y habituer, surtout s’il rencontre une ou un cycliste avec qui il pourrait échanger ses liquides. Imaginez cet André, après son séjour vélocistique! Une fois de retour, il pourrait devenir lui aussi un cycliste quatre saisons. Mais bon, il courrait quand même un risque de se faire écraser par un de ses auditeurs trop pressé d'aller tondre sa pelouse – Vous voyez le lien logique maintenant? – Au moins, on aurait un nouveau Totem et ainsi il serait adulé tout aussi bien par les tourneurs de roue que par les coupeurs de gazon.  
Alé Abdalla

jeudi 2 mars 2017

Allergie aux poissons ethniques



Ils auraient pu être chrétiens, tatoués, féministes, sikhs, communistes, gays, juifs, vegans, blonds, animistes, roux, noirs, artistes, petits, capitalistes, gros, bouddhistes, transgenres, etc. mais ils étaient musulmans. Ils se mettaient « à quat' paêttes » en direction d'une pierre noire, laissaient libre cours à une pilosité faciale et leurs épouses se couvrent le chef pour des raisons métaphysico-sexuelles. C'est tombé sur eux car c'est en vogue. Ils incarnaient à ce moment-là le danger, l'antéchrist, la menace à éliminer manu militari. Ils sont les juifs du XXIè siècle. On les accuse de semer la zizanie dans une société «tranquille» et «homogène», de comploter pour imposer leurs valeurs «barbares» et de planifier une prise de pouvoir. Leur coran est devenu le nouveau Protocoles des sages de Sion.

Pourquoi écrire un énième texte sur le sujet? Pour deux raisons : Parce que l'un d'eux, reposant entre la vie et la mort, est un ami de longue date et puis, au lieu de dire que c'est un acte isolé, que l'ignorance en est la cause, etc. il faut se dire les vraies choses.

Le Québec, le Canada, les États-Unis et la France ne sont pas plus évolués comme sociétés que l'Afghanistan, le Nigéria ou la Tunisie. L'État, les institutions et les lois, eux, le sont, mais pas les citoyens et ce peu importe leur niveau d'instruction, de culture et leur situation socioéconomique. De Trump à Bissonnette, en passant par Martineau, Rioux, Benhabib, Fillion, Le Pen, Mailloux, etc. la haine se propage et le réflexe est le même. C'est le réflexe d'un chimpanzé pour qui la présence d'autres primates menace la cohésion du groupe.

Maintenant, la question qui se pose est la suivante : Pourquoi les musulmans?
Parce qu'à cause d'un contexte international complexe, d'une conjoncture géopolitique nébuleuse et destructrice, on les réduit à un souffre-douleur.

Je vous raconte ma propre expérience dans la ville de Québec où j'ai passé une quinzaine d'années (Je ne pense pas que Québec soit plus raciste que les autres villes).
À cause d'un nom islamique, d'un faciès «ethnique» et d'une langue gutturale, j'ai vécu des expériences de racisme indélébiles. Il s'agit d'actes isolés certes, mais à raison de deux à trois actes isolés par année, je ne sais pas si on peut toujours parler d'isolement. Il y a indéniablement un fond commun qui les relie.
Les pires humiliations ont été proférées par quelques professeurs de l'université Laval. Les pires insultes l'ont été par des jeunes, gars ou filles, les menaces l'ont été par des individus lambdas. J'ai reçu des menaces de mort à cause d'une émission de radio que j'animais. On m'a dit de retourner chez moi dans le désert avec les chameaux parce que je faisais du vélo hors piste cyclable. Je ne parle pas des remarques désobligeantes des agents de sécurité de l'université Laval qui vérifiaient mon identité pour me laisser entrer dans mon bureau le soir en me taquinant sur Ben Laden, «mon oncle», ni des coups de coude reçus de douchbags dans les boîtes de nuit et les insultes lors de la St-Jean.

Faut-il garder une rancune de tout cela? Certainement pas. S'agit-il de mon quotidien? Non. Est-ce que cela m'empêche d'apprécier les gens équilibrés, ouverts et généreux? Surtout pas. Alors pourquoi évoquer tout cela? Pour ne pas banaliser ces actes isolés et pour arrêter d'être dans le déni. Oui, c'est une société raciste comme toutes les sociétés. Mais ici, c'est un état de droit. Alors ces actes isolés, en les banalisant, tendent à proliférer, mais en les sanctionnant par la loi, ils ne peuvent que se contraindre à se phagocyter. Je ne demande pas aux racistes de m'aimer. Ils ont le droit de ne pas aimer ma gueule car c'est réciproque. Rien qu'à voir le portrait de l'innommable qui a commis l'attentat terroriste de la mosquée me donne la nausée. Cachez ce visage odieux, ce regard insipide, plein de haine et de frustration! Reste dans ta tanière et ne viens pas sur mon chemin me cracher ta haine car mon mépris pour toi est encore plus fort!

Si le raciste ne diffusait pas sa haine dans les médias; ne discriminait pas les candidats à un emploi ou à un logement et n'agressait pas ceux qui différaient de lui, il n'y aurait pas de problème. On ne peut quand même pas le guérir de cette maladie incurable! Il faut juste le contenir loin de la source allergène et le sanctionner s'il nuit à autrui. Ainsi, les sbires de PKP, les Martineaux et cie finiraient peut-être par comprendre que lorsqu'on est allergique aux poissons, ethniques de surcroît, on ne s'acharne pas à crier du matin au soir que le poisson est dégueulasse et que c'est une menace pour la santé. On se contente de l'éviter ou on se rabat sur le poisson local, le bar rayé, meilleur nous dit-on que le barbare «insipide» venu d'ailleurs...
Je souhaite voir le jour où ces prêcheurs de la haine – de tous bords – soient tellement isolés dans leur délire qu'ils soient fuis comme des pestiférés. En attendant ce jour-là, je continue à leur vouer mon mépris le plus sincère...


dimanche 15 janvier 2017

Je suis un bar-bar, un poisson ethnique

Je ne l'avais jamais lu auparavant. Je l'avais juste vu comme chroniqueur dans l'émission Kiosque sur TV5 et il m'était insipide, sans talent. Il marmonnait des phrases sans fond, creuses comme le fond de sa pensée. Je viens de tomber sur son article aussi insipide que son parallèle saugrenu entre les poissons exotiques, «insipides» et les gens venus d'ailleurs lesquels représentent une menace à cause de leur diversité.
Et bien, par syllogisme, je suis un poisson venu d'ailleurs, insipide et qui menace les poissons locaux, pleins de goût, à l'instar de ce Christian Rioux. 
Selon cette même logique, l'adjectif «ethnique» - dont ce poisson local vif et abondant affuble les humoristes et tous les figurants qui ne sont là que pour remplir un quota imposé - devient synonyme de l'Autre, le Différent, le Menaçant, le Sans-goût. Donc, d'un côté, il y aurait Le Poisson, le Modèle et, de l'autre, le poisson ethnique, une pâle copie de l'originel, un bar-bar commun, tacheté, noir, venu de Méditerranée contre le bar rayé qui a été réintroduit artificiellement dans le fleuve St-Laurent pour la pêche récréative. 
Je me permets de m'amuser de ce parallèle et de le pousser à son paroxysme:
M. Poisson Local, plein de goût! Tu es un poisson de rivière, tu ne connais pas les profondeurs des océans et leur agitation
Tu es un poisson local de surface et tu cales au moindre soubresaut marin
Tu es un poisson d'avril, tu ne peux pas tenir douze mois par année
Tu es un poisson d'eau froide et le réchauffement climatique te fait suer de peur
Reste dans ton petit bassin car tu risques de te noyer, espèce protégée!
À moins de faire baisser la température des océans, les poissons prédateurs venus d'ailleurs ne sont pas près de disparaître, alors tiens-toi à carreau, mon petit poisson local plein de goût!   
      

samedi 30 avril 2016

Le vélo et la djellaba

D'un coup, comme ça, sans prévenir, nos regards se sont croisés une fraction de seconde avant de se disperser. Il était occupé à suivre ses trois enfants tel un berger les guidant devant et moi agrippé au guidon et me frayant un chemin entre le trottoir et la chaussée. Il portait une djellaba blanche, un bonnet en dentelle et une barbe presque rousse. Sa voix n'a pas changé, aiguë et légèrement enrouée sur les bords. Moi, je portais mon casque et mon accoutrement de cycliste. Je me demande qui de nous deux a le plus changé. 
Il y a une quinzaine d'années, il est venu bosser au restaurant. J'ai tout de suite tenté de le mettre en garde contre lui-même car, avec ses chemises ouvertes et sa chaîne en or, il ne ratait pas une occasion pour draguer lourdement les jeunes serveuses. Je l'ai, plus tard, défendu quand la serveuse en chef est venue nous voir et a lancé : « Je sais maintenant pourquoi on ne vous aime pas vous, les Arabes! Vous ne savez vraiment pas vous comporter avec les femmes. Alé, tu es une exception, tu le sais. » A-t-elle dit en me regardant pour me calmer. Mon sang a bouilli au quart de tour et j'ai commencé à gueuler contre elle et à lui exiger des excuses. J'ai tout arrêté en plein rush. Il a été viré. J'ai su plus tard qu'il s'était marié pour les papiers et que le jour où il a eu sa résidence permanente, il a provoqué son épouse québécoise et a quitté la maison...
J'ai poursuivi mon chemin à vélo et lui le sien en boubou...          

lundi 25 avril 2016

Touareg

 
Touareg!
Le mot est lâché
Rien que sa sonorité renvoie à un horizon sans fin
à l'absence de frontières
à une identité qui ne peut être ni fixée 
ni gravée sur une carte nationale
C'est peut-être pour cette raison que le son de la guitare
 le rythme
 le chant qui en découlent font vibrer et remuer quelque chose de profond
 de viscéral
Regarder loin
ne se fixer nulle part
partir
revenir
repartir
ne jamais reculer
foncer
sacrifier
perdre
ne pas ponctuer
se perdre dans cette immensité
Comment peut-on venir de la Mer blanche médiane et se laisser errer
vaguer à ce mot de touareg
Ah 
c'est vrai
Au fond de cette mer
il y a un désert de sable où s'étendent jusqu'à l'infini des dunes minuscules
où l'outrage
l'étrange
l'orage
l'ogre
la rage et l'âge s'estompent
Égal
égare
orge
régal et touareg les détrônent
Il suffit de lire les mots dans un autre ordre et tout l'émerveillement ressurgit des abysses.     

dimanche 20 septembre 2015

Un éternel incompris

S'attabler, attendre le serveur qui vient, nonchalant, blasé. Demander l'assiette du pêcheur, mais le serveur entend l'assiette du bûcheron. 
- Non! le pêcheur! En le montrant sur le menu. 
- Ah! Le païchawr! 
- Oui, c'est ça, veuillez excuser ma prononciation. 
Il s'en va et revient aussitôt avec un plat sans passion composé par un cuisinier terne qui n'est là que pour payer ses factures. Manger, payer et partir, laissant las un monde insatisfait de ses propres choix, de cette prison que lui-même crée éternellement. Enfiler la seconde peau épaisse qui sache contenir la chaleur du corps face au froid du fleuve, mettre la tête sous l'eau, admirer les étoiles de mer élégamment posées au fond, les petits crabes roses, les crevettes et oursins, les teintes bleuâtres et rougeâtres qui réverbèrent dans cette immensité où se rencontrent la rivière, le fleuve et l'océan, assumer d'être un éternel incompris et vivre la liberté malgré le prix à payer...