vendredi 16 décembre 2011
dimanche 18 septembre 2011
Impasse électorale pour les Tunisiens du Canada ou comment un Etat de droit peut incarner en toute justice l'injustice à l'état pur.
dimanche 19 juin 2011
La sagesse du menuisier
Je le vis de loin, sa mine et sa silhouette ne m’étaient pas inconnues. Nous nous scrutions un moment, et puis, nous nous reconnûmes. C’est un vieux copain du primaire que je n’avais pas vu depuis un siècle. Nous jouions au foot ensemble et après chaque match, on allait à l’épicerie de son père pendant que celui-ci faisait la sieste et on préparait des casse-croûtes à l’harissa et à l’huile d’olive. Il arrêta tôt l’école et travaille désormais comme ouvrier dans un atelier de menuiserie. Comme nous allions dans la même direction, nous prîmes le chemin ensemble. Après quelques mots échangés sur nos situations respectives, nous abordâmes la situation actuelle du pays. Il me dit que le problème en Tunisie est que les gens ne planifient pas grand chose. Ils laissent tout à la volonté de dieu, les enfants, la maison, le travail, les études, et que la volonté de dieu n’est autre que le hasard. On laisse tout au hasard et c’est ce qui explique ce long silence. Au lieu donc de blâmer un ancien dictateur, c’est d’un regard autocritique dont nous avons besoin. Il me montra la bordure de la chaussée marquée par un long sillon et me dit :
« Regarde! C’est à l’image de ce fossé creusé il y a quelques mois pour je ne sais quel projet. Ils sont venus, ont pris des mesures, d’autres sont venus creuser, et depuis, la béance est là. Ils attendent qu’elle se remplisse de déchets et de poussière pour qu’elle se ferme d’elle-même, le projet ayant été abandonné. C’est le manque de planification, c’est justement cette mentalité hasardeuse, fataliste, craintive et passive qu’il faut qu’on change. Hélas, il est trop tard pour les adultes, il faut cibler les nouveaux nés qui seront nés dans un pays libre et à qui on va devoir expliquer ce qu’est la liberté avec ses droits mais surtout ses devoirs. C’est la confiance qu’on accorde au hasard ou à dieu qui nous ronge ».
Il m’invita à boire un café avant de commencer le boulot, mais comme j’étais pressé, je m’excusai et lui promis de le faire une autre fois. Je le quittai en pensant aux diplômés, universitaires ou cadres et qui avant n’avaient jamais osé critiquer même en aparté les affres de la dictature et aujourd’hui sympathisent et flirtent avec un mouvement politico-religieux rétrograde et à la limite du fascisme qui veut gouverner au nom de dieu, c’est-à-dire au nom du hasard. La conscience civique et l’auto-critique ne s’acquièrent pas par les diplômes.
vendredi 8 avril 2011
النوري بوزيد ضرب روحو وحده

النوري بوزيد ضرب روحو وحده و يكذب على العباد. يحب يسترجع شهرته بعد
تصريحاته إلّي تحرّض على ثقافة العهر. تصوّرو صبية تسمعو ولّا تتفرّجلو على أفلامه، مو ممبعد تمشي تحلّ ساقيها و عينيها مغمّضة. عاد سي السيد يحب يظهر كضحية و ملقاش حلّ آخر غير تشليط راسو باش يوحّلوها في الإخوان الشرفاء إلي ينبذو العنف. أمّا بعد، فستتجلّى الحقيقة و يبان الباطل و يفهم إلي بابوره زفّر. وهكاكة يخلّي لبلاصة لسنمائيين مستقلين عن الغرب الكافر الفاسق باش يعملوننا أفلام تدعوا إلى الأخلاق الحميدة و العلجية و الحورية إلى أن يتمّ بإذن الله و الغنوشي القضاء تدريجيا على هذا الفن و غيره لأنه حرام زقّوم. وإلّي موش عاجبو نكسّرولو فمّو بقدرة الخالق.
mercredi 6 avril 2011
تاريخ المستقبل
lundi 28 février 2011
إنفصام! إنفصام! حتى تسقط الثورة!
samedi 19 février 2011
اللّائكيين، الماسونيين، الكفار
samedi 8 janvier 2011
Louage, discours du président et vérité
Il y a quelques années déjà, je prenais le louage de Tunis en direction de Kélibia. Nous n’étions pas loin d’une dizaine de personnes et le chauffeur avait allègrement réglé la fréquence FM sur la nouvelle station de radio de laquelle une musique pop de tous bords était diffusée, quand, tout à coup, tout fut interrompu par les nouvelles. Et après quelques phrases déclamées d’une façon dynamique qui reflétait le style de la station, la voix du président prit place pour une diffusion intégrale de son discours. Je sentis, à ce moment-là, le malaise du chauffeur qui n’osait ni changer de station ni baisser le volume de peur d’être dénoncé par un des passagers. Ce qui me fit penser à des discussions avec des amis roumains qui vécurent sous l’ère Ceauşescu et qui me racontaient le climat de surveillance, de peur et de méfiance qui régnait au sein même de la famille. Quelques minutes passèrent comme des siècles et, exaspéré par ce discours monotone et surtout par la vacuité des phrases récitées, je pris la décision d’agir. Je demandai alors gentiment au chauffeur, mais à haute voix, puisque j’étais assis en arrière, de baisser le son. Ce dernier me jeta un regard mêlé de crainte et de délivrance, comme pour dire à tout le monde qu’il n’était aucunement responsable de cet acte et il baissa le volume jusqu’à ce qu’il fût à peine audible. Cependant, tout le long du trajet, personne ne prononça un mot et le chauffeur n’osa plus toucher sa radio comme si elle était électrifiée. En arrivant à Kélibia, les passagers se pressèrent de descendre et deux d’entre eux se mirent dans un coin derrière la voiture de louage et prirent soin de bien me dévisager. Cette scène-là me revient aujourd’hui, et je me pose la question si, dans l’état actuel des choses, un tel geste aurait autant d’impact sur l’esprit des gens ou pas.
vendredi 7 janvier 2011
Puissance de l’impuissance
Je suis triste
Je suis révolté
Je suis enragé
Je vais exploser
Mais devant mon impuissance,
Je me replie sur ma pauvre tristesse
Je suis triste pour ces jeunes qui, par désespoir, s’immolent
Je suis révolté face à des arrestations abusives pour le simple motif d’avoir exprimé une opinion contraire
Je suis révolté contre un régime sclérosé, bête et pourri à l’os et qui, au lieu de garantir paix, justice et sécurité à son peuple, mobilise sa flicaille contre la masse dans le seul but de garantir paix, quiétude et richesse à une bande de voyous sans scrupules, charognards et aveuglés par le pouvoir
Je vais exploser devant cette indifférence qui frappe la majorité, le troupeau qui, tant qu’il y a un peu d’herbe à brouter, préfère courber l’échine et ouvrir le rectum
Mais comme je me sens incapable d’agir, seule ma tristesse m’ouvre les bras et, loin de me consoler, elle me jette encore dans son abysse ténébreux.
mercredi 22 décembre 2010
إنتحار جماعي
http://capcactus.blogzoom.fr/512811/SUICIDE-COLLECTIF/dimanche 5 décembre 2010
Vint temps

Photo: iStockphoto
Vint temps
Visages austères,
Mauvaises mines,
Lobes frontaux préoccupés par le train quotidien, les factures à payer, les courses à faire, les cadeaux de Noël à acheter, les rénovations à effectuer au sous-sol, les vacances rêvées dans le Sud, où Grosses bedaines se prélassent au soleil en ingurgitant un cocktail des Caraïbes à faire gonfler les clitoris des femelles venues se taper les gigolos d’ébène;
Lecture machinale du journal gratuit distribué à l’entrée par un sexagénaire qui fait des heures payé au salaire minimum de peur de trop puiser dans sa cagnotte de retraite, ne sachant pas combien de temps il lui reste à vivre;
Yeux plongés dans un gros livre de science fiction,
Doigts agiles s’agitent et s’alternent comme les pattes d’un scolopendre pour enfoncer les touches d’un téléphone intelligent;
Têtes se bercent au son d’une musique inaudible sous un casque de pilote d’avion;
Regards fixent le plafond et ils sont légion, d’autres regards lisent et relisent les panneaux publicitaires électroniques où la concurrence des universités se fait rude et côtoie celle des agences de voyage qui miroitent des vacances de rêve dans le Sud, où les grosses bedaines se prélassent au soleil en ingurgitant un cocktail des Caraïbes à faire bander les mâles venues se taper les gigolottes d’ébène;
Mêmes têtes descendent et remontent,
Même rythme berce la foule qui va au front après avoir gobé un café filtre sans sucre;
Mêmes chaussures se croisent et se décroisent, se touchent et se subductent pour tatouer dans l’éphémère le trajet de l’Autre;
Étourdissant décolleté ne trouve pas œil qui vive,
Étonnant silence règne et surpasse les décibels des roulements sur les rails dont le grincement se fait sentir d’un coup et faille faire tomber cette masse à moitié endormie et achever la subduction tâtonnante;
Yeux se réveillent,
Corps gigotent pour se remettre en place,
Étonnement mêlé d’effroi contamine toutes les rames;
Regards se croisent,
Doigts figent,
Yeux se baladent dans les quatre coins,
Jambes sont fébriles,
Chaussures se démêlent et Minutes durent une éternité.
« Un incident cause un ralentissement du service sur la ligne orange en direction de Montmorency. Veuillez nous excuser de ce contretemps et la reprise du trafic ne saura tarder, merci. », lance une voix monotone dans les haut-parleurs.
Regard collectif est porté aux montres,
Temps est sollicité, on lui demande des comptes, on veut qu’il s’arrête, on aimerait arrêter le chronomètre et ne pas compter le temps mort.
Une demi-heure plus tard, le métro reprend sa course, le chauffeur traumatisé a été remplacé par un autre, les passagers n’ont pas encore compris la cause de cet arrêt brusque que les préoccupations quotidiennes de courses, cadeaux, factures, vacances reprennent.
jeudi 18 novembre 2010
On

© 2003 -2010 PC INpact SARL de presse
À 8 ans, On veut être policier, pompier, super héros pour sauver la terre, puis On aspire sa morve, range ses cahiers dans son cartable et s'en va à l’école tête baissée.
À 18 ans, On rêve d’être riche oisif, pilote, président, architecte, footballeur, puis On déchante vite quand on lui montre le chemin pour y arriver.
À 28 ans, On projette d’acheter une maison, de faire des enfants, d’économiser de l’argent, mais On range ses dossiers à 17h et sort du bureau avec le troupeau pour reprendre le lendemain le même rythme.
À 38 ans, On fait tout pour que les enfants aient tout, On essaie de sauver son couple qui bat de l’aile, On se frotte le crâne dégarni en rêvant à une retraite sympa au soleil après tant d’années de travail.
À 48 ans, On aimerait bander comme à 18 ans, On amasse les sous pour une retraite dont On ne voit pas le bout.
À 58 ans, On a hâte d’arrêter le travail et de se prélasser devant une tisane, puis On visite le médecin la main sur le cœur, On tousse sans arrêt et On se rappelle la trentaine avec une nostalgie fantasmée.
À 68 ans, On aimerait mourir en paix, sans souffrance, et voir ses petits enfants réussir, puis On tousse de plus en plus et ne bande plus, le dos se courbe et les jambes fléchissent un peu.
À 78 ans, On rêve du paradis et fait la paix avec le monde en chiant dans sa couche et en souriant comme un enfant de 3 ans.
dimanche 31 octobre 2010
Calypso le chien

© DE TESSIERES
Calypso le chien d’André profite de sa liberté pour faire quelques pas de course, tantôt en trottant, tantôt en dévalant la petite pente du parc public qui longe la rivière rideau du côté sud d’Ottawa. André regarde son chien avec beaucoup d’affection et se dit dans son lobe temporal que le bonheur de Calypso le chien fait le sien. Calypso s’approche des jonquilles en pleine éclosion, s’accroupit et commence à expulser, par petits boudins qui serpentent, la nourriture du magasin bio pour animaux domestiques.
André trouve que calypso, depuis qu’il s’est mis à un régime bio strict se porte mieux, pète le feu et paraît même moins stressé et moins déprimé que durant les derniers mois. Le nouveau régime coûte plus cher certes, mais André le fonctionnaire fédéral n’a que sa personne et son chien à entretenir. Au pire, il essaiera de serrer la ceinture en laissant tomber son envie d’avoir une nouvelle monture pour ses lunettes. Après tout, c’est un luxe et les anciennes sont encore bonnes. Ces dernières, André les a achetées lors de sa visite qui remonte à 6 ans à sa sœur, à l’occasion de la première année de la mort de leur mère. Sa sœur est restée dans le village natal de St-André de Viaux le Mont. Mais André a très tôt quitté le cocon familial pour aller étudier l’administration à l’Université d’Ottawa dans un programme bilingue en vue d’obtenir un boulot au fédéral. Aujourd’hui, André occupe un bon poste de fonctionnaire, travaille 7 heures par jour, cinq jours par semaine et, tous les soirs après le diner qu’il a l’habitude de prendre à 6h tapante, il sort promener son chien, hiver comme été, beau temps comme mauvais.
Les dimanches, André met son survêtement et, accompagné de Calypso le chien caniche, il esquisse des pas de course le long de la rivière rideau en pensant à sa retraite qu’il mérite d’avoir dans 10 ans, après des années passées à rédiger des rapports, envoyer des mails, assister à des réunions, etc. Il se dit qu’il ira dans le Sud, en Floride où il aimerait acheter un petit appartement en bord de mer et regarder ainsi les belles femmes toutes bronzées et dont le corps, huilé, se tortille langoureusement dans le petit bikini qui laisse voir plus qu’il ne cache. Le plaisir d’André, après de multiples échecs avec Ève est désormais de regarder les belles passer et de laisser trotter ses fantasmes avant d’expulser, par petits jets qui coulent avec l’eau du bain, sa fertilité. André se dit qu’il n’a pas de chance avec les femmes et préfère se réfugier dans son parc imaginaire et reconstruire un monde meilleur, un paradis retrouvé qu’il peut façonner à sa manière et contrôler comme bon lui semble. Cette solution est plus confortable et lui évite d’être maladroit à chaque fois qu’il se retrouve devant une femme. Il a tout essayé, aller aux réceptions du ministère, s’inscrire sur les sites de rencontre, il est même allé jusqu’en Ukraine pour rencontrer une femme avec qui il a correspondu et surtout tchatté, mais une fois là-bas, la femme, voyant venir un homme dodu et trapu, au teint rougeâtre et au bide enceint, lui posa quelques questions sur sa situation financière. Comme elle était en correspondance avec un autre Canadien qui était, lui, dans les affaires, elle déclina l’offre. André revint bredouille et décida de fermer la porte derrière lui à toute relation. Depuis l’école secondaire, il ne fait qu’accumuler les échecs avec la gent féminine. Il ne peut pas se tenir correctement devant une fille à cause de sa timidité maladive. Ou il se tait complètement ou il essaie de provoquer l’autre avec des insinuations maladroites au sexe, ce qui contraste grotesquement avec sa gêne accaparante. Ses camarades de classe le mettaient à l’écart et le croyaient homosexuel.
Calypso revient vers son maître tout content et ce dernier sort un petit sac en plastique transparent de sa poche et ramasse l’excrément du caniche blanc frisé. La balade touche à sa fin, André incite son chien à partir et ce dernier, déçu de devoir laisser son paradis et de retrouver un espace clos, traîne les pattes.
En attendant le signal des piétons pour traverser la route, Calypso accélère soudainement et dépasse son maître pour aller se jeter devant une grosse voiture grise laquelle, par chance, s’est arrêtée à temps. Un vieux prêtre regarde André de la fenêtre de sa voiture et s’adresse à lui sur un ton paternaliste en lui demandant de faire plus attention dorénavant. André est atterré et demeure figé. Il ne revient à lui que lorsque Calypso le presse de marcher. Depuis cet incident, le maître a du mal à dormir, il sombre dans une espèce de mélancolie mystérieuse, s’absente de la plupart des réunions, prend souvent des congés maladie et invente toute sorte d’excuses pour rester chez lui sans voir ni parler à personne. Il est constamment pensif, il a désormais un regard perdu et même ses fantasmes ont disparu. Il sort de moins en moins le chien qui déprime à son tour.
En allant au magasin bio pour animaux domestiques, André passe à la pharmacie où il achète une fiole d’éther. Une fois chez lui, il range la fiole dans un endroit sûr et donne la nourriture fraîchement achetée à son chien. En regardant manger celui-ci, le fonctionnaire fédéral éprouve une immense tristesse et faille éclater en sanglots. Calypso, ne se rendant compte de rien, continue à manger en remuant la queue. Le soir venu, André qui avait noté d’Internet une adresse sur un bout de papier, après avoir passé plus d’une heure à effectuer des recherches, prend sa fiole, met la laisse à son chien, s’habille tout en noir et sort. Il dirige sa voiture vers une destination inhabituelle et Calypso, devant le silence bizarre de son maître, pousse quelques gémissements. André le fonctionnaire du fédéral quinquagénaire ne le regarde pas et semble fixer un point abstrait. Après une demi-heure de route, il arrive dans une banlieue, stationne derrière une grosse voiture grise et devant l’église d’un quartier pauvre et descend sans Calypso. Il ressort de l’église un quart d’heure plus tard tout tremblant, prend le volant et retourne à la maison où il applique un mouchoir trempé d’éther sur la gueule du chien, puis lui met un sac en plastique transparent sur la tête et le ferme jusqu’à ce que le chien ne respire plus. Il prend aussitôt le même sac et se le met sur la tête, prend bien soin de l’enfermer au niveau du cou et après quelques minutes, et beaucoup de soubresauts, il se calme.
Les journalistes ont de quoi remplir leurs agendas et l’affaire a pris des proportions nationales. La police, après enquête, a vite fait le lien et établi que le prêtre, retrouvé mort étouffé dans son église, professait dans l’église du village où est né André.


