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vendredi 7 janvier 2011

Puissance de l’impuissance

Je suis triste

Je suis révolté

Je suis enragé

Je vais exploser

Mais devant mon impuissance,

Je me replie sur ma pauvre tristesse

Je suis triste pour ces jeunes qui, par désespoir, s’immolent

Je suis révolté face à des arrestations abusives pour le simple motif d’avoir exprimé une opinion contraire

Je suis révolté contre un régime sclérosé, bête et pourri à l’os et qui, au lieu de garantir paix, justice et sécurité à son peuple, mobilise sa flicaille contre la masse dans le seul but de garantir paix, quiétude et richesse à une bande de voyous sans scrupules, charognards et aveuglés par le pouvoir

Je vais exploser devant cette indifférence qui frappe la majorité, le troupeau qui, tant qu’il y a un peu d’herbe à brouter, préfère courber l’échine et ouvrir le rectum

Mais comme je me sens incapable d’agir, seule ma tristesse m’ouvre les bras et, loin de me consoler, elle me jette encore dans son abysse ténébreux.

jeudi 18 novembre 2010

On

© 2003 -2010 PC INpact SARL de presse

À 8 ans, On veut être policier, pompier, super héros pour sauver la terre, puis On aspire sa morve, range ses cahiers dans son cartable et s'en va à l’école tête baissée.

À 18 ans, On rêve d’être riche oisif, pilote, président, architecte, footballeur, puis On déchante vite quand on lui montre le chemin pour y arriver.

À 28 ans, On projette d’acheter une maison, de faire des enfants, d’économiser de l’argent, mais On range ses dossiers à 17h et sort du bureau avec le troupeau pour reprendre le lendemain le même rythme.

À 38 ans, On fait tout pour que les enfants aient tout, On essaie de sauver son couple qui bat de l’aile, On se frotte le crâne dégarni en rêvant à une retraite sympa au soleil après tant d’années de travail.

À 48 ans, On aimerait bander comme à 18 ans, On amasse les sous pour une retraite dont On ne voit pas le bout.

À 58 ans, On a hâte d’arrêter le travail et de se prélasser devant une tisane, puis On visite le médecin la main sur le cœur, On tousse sans arrêt et On se rappelle la trentaine avec une nostalgie fantasmée.

À 68 ans, On aimerait mourir en paix, sans souffrance, et voir ses petits enfants réussir, puis On tousse de plus en plus et ne bande plus, le dos se courbe et les jambes fléchissent un peu.

À 78 ans, On rêve du paradis et fait la paix avec le monde en chiant dans sa couche et en souriant comme un enfant de 3 ans.

mardi 4 mai 2010

مرحبا في تونس

Traduction brillante de mon texte offerte par Marteau Ferrr sur son blog:

http://martodefer.blogspot.com/2010/05/blog-post_04.html



تحليق فوق ساحل جزيرة سردينيا، مياه صافية تدعو الجنين ليعود اليها، سماء زرقاء صديقة، جزيرة جالطة مرمية في عزلتها كالمنفي بين شاطئين، ساحل بنزرت، خليج تونس، مستنقعات، مياه راكدة تعلوها اوساخ.

دور فاخرة باحواض سباحة، مطار يتثائب في خموله، موظفون يدفعون امامهم بطونا منتفخة، يدخنون ويثيرون الكرة في احاديثهم، يراقبون الوقت على الساعات، في كل دقيقة وبين الدقائق، الحر يلف المكان، منظر كئيب لمراقب الجمارك المنهار وهو يرى تدفق المسافرين وهو حبيس صندوقه، سائق تاكسي كسول، جشع ومحتال، سيارات ثائرة تناقض عقلية القطيع، كفر باضواء المرور، شوراع ضيقة اين تتزاحم الخيول المعدنية الهائجة، روائح النفثالين مجننة. مباني كئيبة، ابراج متغطرسة تعولها كتابات بالخط الاحمر: جمهورية الاغبياء الدونـقراطيين، موزع آلي يحتله العاطلون كل مساء، قطط سائبة بأعين برّاقة، ذهبت الشعوذة بالقطط السوداء، السوداء هي الوصفة، هي الرادار الذي يحدد مكان كنوز الفنيقيين المخبأة تحت الدور المهترأة.

نساء يرزحن تحت لفائف الملابس الثقيلة، ساذجات موافقات، القمع الذاتي، فروج في ذهابها وايابها امام نظرات مراودة من النرجيلات المنتصبة على الرصيف الذي تحول الى شرفة، الكلمات التي تذكر الرب تتناغم مع حركة دائمة قبيحة، مداعبة الذكر، مراقبة لا شعورية للتأكد، مخلفات صدمة جراحة اقتطاع تم وسط احتفال كبير، بعض بناطل الدجينس الضيقة ترمي مع ذلك بالتحدي في وجه مجتمع يغوص اكثر فاكثر في انصياعه لقوالب العرف.

بنية ممتدة وسط الطريق السريعة رقم1 في حين يحاول شقيقها بيع بعض ارغفة الطابونة، سيارة رياضية تمرق، اخرى مدوية تمر، لامبلاة عامة، صور عملاقة لعجوز غبي المنظر منمق بشعر مصبوغ، مومياء بادعاء الفرعون.

سوق السمك، شاطئ هادئ ونظيف، بحر بارد قليلا ومياه لذيذة مع ذلك.

اغبياء ملتحون يتلصصون ويراقبون، محيط فضولي مولع بالنميمة، نظرات فضولية، غلال لذيذة، شمر طازج، تدفق دائم للمعارف، معتوهون حكماء تائهون، اشخاص عاديون في قمصان قصيرة لقوات لا تدركها العين المجردة، طيور النورس وطيور النحام تنعم في الاوحال، صوت الاذان، مسلسلات تركية تستأصل الدماغ، خطباء وعّاض في اشكال بالية يتشدقون من آلاف شاشات التلفزة.

غطس في ماء بارد، جامعيون بلا ضمير، وآخرون متميزون، مؤرخ يُـنتدب ليسرد خزعبلات، مثقفون ملتزمون، سنمائيون شبان موهوبون، "فاميليا للانتاج" في قمة ابداعها، ممثلون مهيمنون، يتحركون في كل الاتجاهات فوق ركح كثيرة قيوده، لقاءات.

سائق تاكسي يخشى الهجمات الليلية، رشق مفك البراغي في لوح القيادة، صبية مبتزون، فالـيـوم، منشط الفقراء، ديك رومي، قوت شعب ذهب به الوهن.

طلبة افارقة مزوقو الملبس، لا يكترثون بنظرات الكره، سواح اسبان في المدينة العتيقة، يحاصرهم باعة نخرهم اليأس.

بحيرة ضحلة، هضبة، طريق سيئة التعبيد، اعوان بوليس يبعثون برسائل هاتفية الى خطيبات غير راضيات دائما، شوارب وكروش بارزة، مرحبٌ في تنوس.

طريق العودة، رحيل جديد، المنفى من جديد، بعد كسر المنفى، طريق التغريب، طريق الغرب الكافر، جمارك، طائرات، تفادي البركان، الخ.



vendredi 20 novembre 2009

Natura Rerum

http://macha.artblog.fr/4/



En Amérique du nord, je suis un immigrant, en Afrique du nord, je suis un émigré, il n’y a que dans la mer que je suis moi-même.

jeudi 19 novembre 2009

http://dissidence.libre-octet.org/penser/prison.html

Le Poète et le Tyran


Monsieur le Juge,

le prévenu a-t-il droit à une parole licite?

Comment, alors que vous m'interrompez

exigeant un non ou un oui...

Le droit, je vous le dis, votre Honneur,

Pour nous autres Arabes,

qui sommes Peuple amateur de préliminaires

avant toute réponse!



A présent, vous allez m'écouter...

Le marché, la grand-place, le ventre de la ville

grouillent de cette clameur :

La Justice, en mon pays, est inexistante

La Justice passa et s'en fut

La Justice a rejoint le Sein du Seigneur,

qui fit que nul n'est pérenne

fut-il Magnifique ou Tyran



Ne vous souciez point de ces mots,

Les gens sont saisis de fièvre délirante

et d'hallucinations

J'ai vu, quant à moi, de mes propres pupilles

ce que la cécité des mécréants ne saurait distinguer,

le fin mot de l'histoire :



La justice n'est pas absente,

c'est la cause qui est illusoire,

ou l'accusation, si vous préférez, qui peine à exister

condamnée qu'elle fut à la peine capitale

Nous sommes alors aujourd'hui jugés et condamnés

en manque d'accusation

comme l'Amant est en manque de sa bien-aimée,

Je me consume de désir pour une accusation savoureuse.



Monsieur le juge vénérable

scrutez bien avec moi ces fariboles

exercez votre perçant jugement :

L'on m'accuse d'avoir administré une torgnole

à une dame innocente,

de l'avoir gratifiée d'une ruade,

d'avoir tiré sa chevelure de sirène,

griffé ses joues de pomme rouge,

brisé ses côtes de gazelle...

Comment un poète peut-il commettre autant de fautes de goût?



Notre poète disait

"Nous aimons le pays comme nul ne l'aime"

Je réponds en contrepoint,

"J'aime les femmes comme nul ne les aime"



A toutes les femmes de la terre et des cieux j'ai chanté :

La foudre a tonné sur les contreforts du Kef

Son écho a atteint les confins des terres de Abid

J'ai cru entendre là le tonnerre de Dieu

c'était en fait le rire de ma bien-aimée



A la policière travestie je voudrais dire :

Tu es la bien-aimée, tu es le poème,

mais où se cèle donc la vérité?

Tu fus dure avec moi,

sans répit ni nuance

J'aurais préféré que tu me taxes d'assassin

ou de voleur de tout ce qui fut thésaurisé durant votre règne

Mais rosser une femme? Quel désastre!

Où donc se cèle la vérité?



La vérité est que je me suis aventuré

dans les recoins du palais du dragon

Une promenade devenue cauchemar sans issue

La vérité est que c'est une affaire

entre moi et Zaba le Grand,

souverain du pays

Une affaire qui concerne Hallaj le poète et le Tyran

Charlie Chaplin et le Dictateur

Shéherazade et Shahryar...



Dites à mon geôlier de ne pas se fâcher

Je ne suis, quant à moi, pas en colère

l'esprit en paix

non pas parce qu'innocent,

parce que coupable de l'avoir dépouillé

de ses derniers masques et parures

de l'avoir laissé nu comme un nouveau né

en proie aux moqueurs et aux ricanants



Ceux qui ne sont point familiers du soleil

sont atteint, à la lumière, de glaucome

Le soleil se lève, alors sauve toi, Vampire!

Buveur de sang!

Fuis! Fuis! Et fais ce qu'il te plait

Mes paroles sont libres

comme le souffle de la brise!

Aucune geôle ni aucune cage

ne peut retenir le fugitif qui te parle

de derrière ces barreaux :



Quand la récitation servile

sera étouffée par la Bonne Nouvelle

le Jour venu,

tu seras humble et poli...

Carthage, cette tombe lugubre où manque le cadavre...



L'idiot fléchira pour faire place à l'étendard et à la bataille

Tu lâcheras la bride à la démesure

et n'étouffera point le hennissement de ta monture

Elle porte en sa croupe un combattant...



Plaidoyer du détenu N° 5707

Bloc H, Aile 2, Cellule 2

Prison civile de Mornaguia

Taoufik Ben Brik

mardi 26 mai 2009

Ligne de fuite


www.entente-gisorsienne.org/Images/cyclisme.gif

(Je reprends ici un texte que j'ai posté l'été dernier)
Les lignes de la route sinueuse filent, défilent et finissent par se rejoindre en un tracé flou qui échappe au regard fixe pour n’être qu’une ligne de fuite, vers un ailleurs indéterminé, terminé, vers un univers sans attaches, taches, ni brides, sans encombres, ni manières, sans relâche, lâches, ni points sombres, ombres, sans lisière ni absence torride, rides, des scarabées dans le vide, des mots sur des lignes, des lettres éparpillées, M, A, T, S… vers un infini, fini, ces lignes de fuite…


Le cœur bat de plus en plus fort à mesure que les jambes s’alternent, s’abattent et battent sur les bouts de métal, formant des cercles parallèles, invisibles à l’œil nu, mais que seul la ligne de fuite restitue, tue, les yeux pleurent à mesure que le vent se met en colère, de plus en plus frais, et la descente de plus en plus raide, défier le temps, en allant plus vite que lui, défier le vent en le transperçant de coups de pédales réguliers et ordonnés comme des soldats lavés, défier la pesanteur sur ce squelette de carbone, encore plus léger que le vent et qui lève comme les petites jupes pour montrer l’inconsistance de l’existence, la fragilité de l’âme, aiguisé comme une lame qui coupe le temps en deux.

Recroquevillé, les coudes formant deux carrés suspendus, le dos tourné au ciel, tel un animal qui fonce, agrippé sur cette machine légère, gère, coincée entre le bassin et les bras, comme on tient une femme jusqu’au râle final, jusqu’à l’extase du corps du mâle, et la fuite de la dame après le ratage, sans âge.

Il arrive à destination, nation, de l’errance, aporie de l’univers, vers, où s’entassent les bateaux prêts à prendre, rendre, la mer et jeter les voiles.
Il se faufile avec l’agilité d’un lynx dans les dédales de ces monstres triomphant par leur équilibre au sol, malgré la ligne de fuite, Thésée est prêt à affronter les cimes tendues, regarde de bas en haut s’élever le dérive, rive, qui semble soutenir la coque et le mât qui trône et dont la corde bouge au gré des vents, taureau qui a hâte de se détacher et de regagner son arène pour le combat, bat, final, mais ce prince des nuées majestueux comme il est ne peut se libérer.

Reprendre, rendre, route, chemin du retour, tour, suivre, ivre, les mêmes lignes, vélo exténué, nuées, mais genoux pistons s’activent, vent, pour fuir la tempête qui s’abat, colère de la reine de Saba.

mercredi 20 mai 2009

Bloguer ou bloquer

Sans moi et & sans vous: www.oliviergingras.com/peinture/


Parler ou se taire, avancer ou s’immobiliser, se lancer ou s’agripper, s’écrouler ou rebondir, réfléchir ou dormir, penser ou dé-penser, marquer ou marcher, changer de cap ou enjamber les haies, courir ou flâner, prendre ou comprendre, agir ou subir, tenir ou détenir, venir ou devenir, s’attacher ou se détacher, Bloguer ou bloquer? Là est la question!

samedi 13 décembre 2008

Rekeyek du Tamboustan




Et ça recommence, les délinquants, les vermines du village minier de rekayek au Tamboustan n'ont pas retenu la leçon, leurs camarades vermines ont été jugés avec raison et équitablement, la police a encore une fois bien fait son boulot pour nettoyer cette racaille et éliminer les éléments perturbateurs qui tentent d'assombrir l'image luisante du Tamboustan, pays de libertés et de droit. J'espère que la police va continuer son travail et faire taire une fois pour toute les terroristes rekeyekiens, les rebus de la société, ces chômeurs incapables de se trouver du tavail et qui cassent tout pour qu'on leur donne de l'argent, non, mais, ils se croient où? on va quand même pas les nourrir alors qu'ils passent leur temps à dormir... vive la démocratie tamboustanaise! vive le peuple qui respecte l'ordre tamboustanais et qui ne suit pas cette bande de vermines...

vendredi 15 août 2008

حال الرّوح

أعتق الرّبّ الرّوح ثمّ قال لها روحي,

فظنّت أنّه يناديها,

فسجدت له و هي إلى يومنا الآن تتفانى في عبادته

jeudi 24 juillet 2008

في مهبّ الريح


قريحتي منّت عليّ بأمنية, كتبتها فقبظت عليّ كقبظة الليث في مهبّ الريح