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samedi 3 août 2013

Politique et caméléons

Démagogie à deux balles des deux côtés. Non, il n'y a pas que des terroristes, paysans et opportunistes pro-gouvernements d'un côté, et il n'y a pas que des citadins bourgeois athées anti-gouvernements de l'autre. Soyons clairs, il y a un peu de tout des deux côtés, mais surtout beaucoup de cons-serviteurs des deux côtés, et en majorité, il y a des brebis qui cherchent berger pour fuir le loup des deux côtés. Sans transition, je veux sauver les caméléons lesquels sont menacés de disparition à cause de la sorcellerie et nettoyer le fond marin des ordures du pire animal sur terre tous côtés confondus. Vos suggestions et coups de main seront les bienvenus.   

lundi 25 juillet 2011

إنتخب لا تنتحب



©Alé Abdalla 
قيّد = تنتخب = تمارس حقّك و واجبك كمواطن
ما تقيّدش = تنتحب = تمارس الجنس مع الدّكتاتوريّة و إنت مقيّد من يديك و ساقيك.

mardi 12 juillet 2011

الروثة التونسية

ضع الكلمة المناسبة في المكان المناسب: تونس عرفت : 
ثورة
ثروة
ورثة
روثة (بالدارجة كاكا

lundi 28 février 2011

إنفصام! إنفصام! حتى تسقط الثورة!

http://kibla.over-blog.com/article-13150028.html


إعتصام! إعتصام! حتى يسقط النظام!

إقتصاب! إقتصاب! حتى تسقط العظام!

إعتظام! إعتظام! حتى تسقط القصبة!

إنتصاب! إنتصاب! حتى تسقط العُصبة!

إعتصاب! إعتصاب! حتى تسقط العورة!

إنفصام! إنفصام! حتى تسقط الثورة! ... و يجينا الثور.

lundi 17 janvier 2011

Il fait -29, mais je suis libre

Ce matin, par un temps polaire de -29, j’ai commencé à déneiger la voiture, tâche ingrate d’habitude, sans bonnet et avec un large sourire, quand le voisin qui fumait sa cigarette au balcon m’a interpellé:

- Hey! Bonjowur!

- Bonjour, ça va? J’ai répondu toujours avec le même sourire figé, comme si j’allais poser devant un photographe.

- I fait pas chaud, hein?

- C’est pas grave.

Il m’a regardé tout étonné et s’est vite tourné vers sa cigarette. Il ne savait pas que j’étais enfin devenu libre.

mercredi 15 décembre 2010

Un meurtre pas comme les autres


Toute ressemblance avec des événements et des personnes réels n’est pas fortuite et je tiens à m’excuser si cela peut offenser la famille de la victime qui se reconnaîtrait. Cependant, il y a eu quelques modifications qui font que le récit ci-dessous est fictif.

15h25 : L’autocar Greenhold se dirige vers Scarborough avec à son bord 55 passagers.
15H26 : Un Chinois d’une quarantaine d’années, assis dans les sièges arrières, se lève, sort un large couteau de son manteau et se dirige calmement vers le premier passager qui est assis devant lui. Il se penche sur lui, de la main gauche lui tient les cheveux les tirant vers le haut et de l’autre main applique, dans un mouvement de va-et-vient ordonné, le couteau sur la gorge du passager de 25 ans. Ce dernier n’a pas le temps de réaliser ce qui lui arrive que le sang de la jugulaire se met à couler comme dans un ruisseau fraîchement tracé. Un râle étouffé suit aussitôt et retentit par à-coups dans tout l’autocar. Les passagers n’ont pas fini de s’étonner de ce qui venait de se passer que le Chinois, toujours calme, finit par séparer la tête du corps et la promène désormais dans sa main gauche tout au long du couloir étroit. Il reste debout pendant quelques temps en regardant dans le vide comme s’il compte les goûtes de sang qui tombent sur la moquette.
15h29 : Le chauffeur se met sur le bas-côté de l’autoroute et arrête le véhicule en toute sécurité. Après les minutes d’étonnement, quelqu’un se lève et crie :
« Il me faut un fil et une aiguille! »
Le chauffeur de l’autocar bouscule un peu le Chinois, se tache les vêtements de sang et se précipite sur la boîte médicale rangée en haut sur sa droite. Il ouvre la boîte.
« Nous n’avons ni fil ni aiguille. Il y a du coton, des pansements et de l’alcool, est-ce que ça va? »
Le passager qui a crié et qui semble s’y connaître en médecine manifeste son énervement et lui dit que sans fil et aiguille, il ne peut rien faire et que Greenhold aurait dû penser à cette éventualité et se parer de fil et d’aiguille. Les minutes passent et chaque passager fouille en vain dans ses affaires à la recherche d’un fil et d’une aiguille. On a même cherché dans les poches de la victime qui, maintenant qu’elle est acéphale, ne bouge plus. Ils regardent tous le Chinois qui ne bouge pas lui non plus et ce dernier se sent obligé de faire quelque chose. Il pose la tête fraîchement coupée sur le siège du chauffeur et part chercher dans ses bagages en vain un fil et une aiguille. Tout le monde le regarde avec des yeux accusateurs en lui faisant comprendre qu’il aurait dû au moins prendre avec lui un fil et une aiguille. Le Chinois rougit de honte et se confond dans des excuses inaudibles.
Le premier crieur gronde et menace de poursuivre la compagnie de transport et dit au chauffeur que si dans les minutes qui suivent il n’y a ni fil ni aiguille, le jeune homme va mourir.
15h 45 : les ambulanciers et les voitures de police entourent l’autocar. Les secouristes n’ont pas pu sauver la victime car ils ont constaté sa mort.
17 jours plus tard : Une loi fédérale a été créée pour obliger toutes les compagnies d’autocars de se munir d’un fil et d’une aiguille. La loi, pour être conforme à la politique du multiculturalisme, stipule également qu’il faut avoir à bord trois fils : un blanc, un brun et un noir. Depuis ce temps-là, les autocars roulent en toute sécurité et les gens sont contents.






dimanche 5 décembre 2010

Vint temps



Photo: iStockphoto

Vint temps

Visages austères,

Mauvaises mines,

Lobes frontaux préoccupés par le train quotidien, les factures à payer, les courses à faire, les cadeaux de Noël à acheter, les rénovations à effectuer au sous-sol, les vacances rêvées dans le Sud, où Grosses bedaines se prélassent au soleil en ingurgitant un cocktail des Caraïbes à faire gonfler les clitoris des femelles venues se taper les gigolos d’ébène;

Lecture machinale du journal gratuit distribué à l’entrée par un sexagénaire qui fait des heures payé au salaire minimum de peur de trop puiser dans sa cagnotte de retraite, ne sachant pas combien de temps il lui reste à vivre;

Yeux plongés dans un gros livre de science fiction,

Doigts agiles s’agitent et s’alternent comme les pattes d’un scolopendre pour enfoncer les touches d’un téléphone intelligent;

Têtes se bercent au son d’une musique inaudible sous un casque de pilote d’avion;

Regards fixent le plafond et ils sont légion, d’autres regards lisent et relisent les panneaux publicitaires électroniques où la concurrence des universités se fait rude et côtoie celle des agences de voyage qui miroitent des vacances de rêve dans le Sud, où les grosses bedaines se prélassent au soleil en ingurgitant un cocktail des Caraïbes à faire bander les mâles venues se taper les gigolottes d’ébène;

Mêmes têtes descendent et remontent,

Même rythme berce la foule qui va au front après avoir gobé un café filtre sans sucre;

Mêmes chaussures se croisent et se décroisent, se touchent et se subductent pour tatouer dans l’éphémère le trajet de l’Autre;

Étourdissant décolleté ne trouve pas œil qui vive,

Étonnant silence règne et surpasse les décibels des roulements sur les rails dont le grincement se fait sentir d’un coup et faille faire tomber cette masse à moitié endormie et achever la subduction tâtonnante;

Yeux se réveillent,

Corps gigotent pour se remettre en place,

Étonnement mêlé d’effroi contamine toutes les rames;

Regards se croisent,

Doigts figent,

Yeux se baladent dans les quatre coins,

Jambes sont fébriles,

Chaussures se démêlent et Minutes durent une éternité.

« Un incident cause un ralentissement du service sur la ligne orange en direction de Montmorency. Veuillez nous excuser de ce contretemps et la reprise du trafic ne saura tarder, merci. », lance une voix monotone dans les haut-parleurs.

Regard collectif est porté aux montres,

Temps est sollicité, on lui demande des comptes, on veut qu’il s’arrête, on aimerait arrêter le chronomètre et ne pas compter le temps mort.

Une demi-heure plus tard, le métro reprend sa course, le chauffeur traumatisé a été remplacé par un autre, les passagers n’ont pas encore compris la cause de cet arrêt brusque que les préoccupations quotidiennes de courses, cadeaux, factures, vacances reprennent.

dimanche 31 octobre 2010

Calypso le chien

© DE TESSIERES

Calypso le chien d’André profite de sa liberté pour faire quelques pas de course, tantôt en trottant, tantôt en dévalant la petite pente du parc public qui longe la rivière rideau du côté sud d’Ottawa. André regarde son chien avec beaucoup d’affection et se dit dans son lobe temporal que le bonheur de Calypso le chien fait le sien. Calypso s’approche des jonquilles en pleine éclosion, s’accroupit et commence à expulser, par petits boudins qui serpentent, la nourriture du magasin bio pour animaux domestiques.



André trouve que calypso, depuis qu’il s’est mis à un régime bio strict se porte mieux, pète le feu et paraît même moins stressé et moins déprimé que durant les derniers mois. Le nouveau régime coûte plus cher certes, mais André le fonctionnaire fédéral n’a que sa personne et son chien à entretenir. Au pire, il essaiera de serrer la ceinture en laissant tomber son envie d’avoir une nouvelle monture pour ses lunettes. Après tout, c’est un luxe et les anciennes sont encore bonnes. Ces dernières, André les a achetées lors de sa visite qui remonte à 6 ans à sa sœur, à l’occasion de la première année de la mort de leur mère. Sa sœur est restée dans le village natal de St-André de Viaux le Mont. Mais André a très tôt quitté le cocon familial pour aller étudier l’administration à l’Université d’Ottawa dans un programme bilingue en vue d’obtenir un boulot au fédéral. Aujourd’hui, André occupe un bon poste de fonctionnaire, travaille 7 heures par jour, cinq jours par semaine et, tous les soirs après le diner qu’il a l’habitude de prendre à 6h tapante, il sort promener son chien, hiver comme été, beau temps comme mauvais.



Les dimanches, André met son survêtement et, accompagné de Calypso le chien caniche, il esquisse des pas de course le long de la rivière rideau en pensant à sa retraite qu’il mérite d’avoir dans 10 ans, après des années passées à rédiger des rapports, envoyer des mails, assister à des réunions, etc. Il se dit qu’il ira dans le Sud, en Floride où il aimerait acheter un petit appartement en bord de mer et regarder ainsi les belles femmes toutes bronzées et dont le corps, huilé, se tortille langoureusement dans le petit bikini qui laisse voir plus qu’il ne cache. Le plaisir d’André, après de multiples échecs avec Ève est désormais de regarder les belles passer et de laisser trotter ses fantasmes avant d’expulser, par petits jets qui coulent avec l’eau du bain, sa fertilité. André se dit qu’il n’a pas de chance avec les femmes et préfère se réfugier dans son parc imaginaire et reconstruire un monde meilleur, un paradis retrouvé qu’il peut façonner à sa manière et contrôler comme bon lui semble. Cette solution est plus confortable et lui évite d’être maladroit à chaque fois qu’il se retrouve devant une femme. Il a tout essayé, aller aux réceptions du ministère, s’inscrire sur les sites de rencontre, il est même allé jusqu’en Ukraine pour rencontrer une femme avec qui il a correspondu et surtout tchatté, mais une fois là-bas, la femme, voyant venir un homme dodu et trapu, au teint rougeâtre et au bide enceint, lui posa quelques questions sur sa situation financière. Comme elle était en correspondance avec un autre Canadien qui était, lui, dans les affaires, elle déclina l’offre. André revint bredouille et décida de fermer la porte derrière lui à toute relation. Depuis l’école secondaire, il ne fait qu’accumuler les échecs avec la gent féminine. Il ne peut pas se tenir correctement devant une fille à cause de sa timidité maladive. Ou il se tait complètement ou il essaie de provoquer l’autre avec des insinuations maladroites au sexe, ce qui contraste grotesquement avec sa gêne accaparante. Ses camarades de classe le mettaient à l’écart et le croyaient homosexuel.



Calypso revient vers son maître tout content et ce dernier sort un petit sac en plastique transparent de sa poche et ramasse l’excrément du caniche blanc frisé. La balade touche à sa fin, André incite son chien à partir et ce dernier, déçu de devoir laisser son paradis et de retrouver un espace clos, traîne les pattes.



En attendant le signal des piétons pour traverser la route, Calypso accélère soudainement et dépasse son maître pour aller se jeter devant une grosse voiture grise laquelle, par chance, s’est arrêtée à temps. Un vieux prêtre regarde André de la fenêtre de sa voiture et s’adresse à lui sur un ton paternaliste en lui demandant de faire plus attention dorénavant. André est atterré et demeure figé. Il ne revient à lui que lorsque Calypso le presse de marcher. Depuis cet incident, le maître a du mal à dormir, il sombre dans une espèce de mélancolie mystérieuse, s’absente de la plupart des réunions, prend souvent des congés maladie et invente toute sorte d’excuses pour rester chez lui sans voir ni parler à personne. Il est constamment pensif, il a désormais un regard perdu et même ses fantasmes ont disparu. Il sort de moins en moins le chien qui déprime à son tour.



En allant au magasin bio pour animaux domestiques, André passe à la pharmacie où il achète une fiole d’éther. Une fois chez lui, il range la fiole dans un endroit sûr et donne la nourriture fraîchement achetée à son chien. En regardant manger celui-ci, le fonctionnaire fédéral éprouve une immense tristesse et faille éclater en sanglots. Calypso, ne se rendant compte de rien, continue à manger en remuant la queue. Le soir venu, André qui avait noté d’Internet une adresse sur un bout de papier, après avoir passé plus d’une heure à effectuer des recherches, prend sa fiole, met la laisse à son chien, s’habille tout en noir et sort. Il dirige sa voiture vers une destination inhabituelle et Calypso, devant le silence bizarre de son maître, pousse quelques gémissements. André le fonctionnaire du fédéral quinquagénaire ne le regarde pas et semble fixer un point abstrait. Après une demi-heure de route, il arrive dans une banlieue, stationne derrière une grosse voiture grise et devant l’église d’un quartier pauvre et descend sans Calypso. Il ressort de l’église un quart d’heure plus tard tout tremblant, prend le volant et retourne à la maison où il applique un mouchoir trempé d’éther sur la gueule du chien, puis lui met un sac en plastique transparent sur la tête et le ferme jusqu’à ce que le chien ne respire plus. Il prend aussitôt le même sac et se le met sur la tête, prend bien soin de l’enfermer au niveau du cou et après quelques minutes, et beaucoup de soubresauts, il se calme.



Les journalistes ont de quoi remplir leurs agendas et l’affaire a pris des proportions nationales. La police, après enquête, a vite fait le lien et établi que le prêtre, retrouvé mort étouffé dans son église, professait dans l’église du village où est né André.

samedi 22 mai 2010

الرّسّام, السّاخر و الرّسول



كنت بصدد القيام بتمارين رياضية مع صديق لي في منتزه عمومي حين إقترب منّا شاب كندي في الثلاثينات و طللب منّا بكلّ إحترام إذا كنّا عرب بعدما إسترق السّمع إلى حديثنا. و بعد أن أجبناه سألنا هل نحن متديّنين.
ـ و لماذا السؤال؟ قلت له.
فأخرج من جيبه ورقة و قلم و طلب منّي إن كنت أكتب العربية.
ـ نعم إنّي أكتب العربية و لكن هذا لا علاقة له بمعتقداتي الدينية.
في الأوّل لم يدهشني سؤاله لأنّني تعوّدت على مثل هذه الأسئلة. و لكنّه مالبث أن قدّم لي الورق طالبا منّي قراءة الكلمة المكتوبة. دهشت لمّا رأيت الكلمة و ألقيت نظرة خاطفة في إتجاه صديقي الذي أصيب بنفس الذهول. كان مكتوب على الورقة: يموت. قال لي الشّاب أنّ صديقا عربي بعث له هذه الكلمة. شككت في أن يكون ذلك تهديدا له و لكنّه كان على علم بالمعنى فأراد فقط التّثبّت منه. ثمّ سارع برسم شيء على الورقة فبدأ بتصوير الحروف من اليسار إلى اليمين إلى أن إتّضحت كلمة اللّه أكبر مرسومة بشكل متقن.
ـ هل أنت رسّام؟
ـ نعم، أنا رسّام صور متحرّكة.
كانت شكوكي في محلّها و لكنّي أردت التثبت أكثر. طلبت منه أن يشرح لي مقصده فأجابني بأنّه بصدد القيام ببعض الرّسوم الكاريكاتورية. قاطعه صديقي قائلا له أنّ ذلك لا يخدم حسن العلاقات مع العرب و المسلمين. دارت في ذهني فكرة فقمت بتشجيعه رغم إمتعاض صديقي. قلت له أنّ هذه حرية التعبير و إنّي أشجّع مثل هذه المبادرات ضدّ الفكر المتشدّد. لاحظت أنّ كلامي أعطاه شحنة معنوية فطلب منّي أن أكتب له الجملة: ستحرقكم نار جهنّم. سألته بعد أن أخذت منه القلم عن محوى الرّسم الذي ينوي نشره على الأنترنت فأجابني بأنه ينوي رسم رجل أبيض على متن طائرة يصيح و يتوعّد الرّاكبين بنار جهنّم.
ـ هل تعلم أنّ هذه الجملة موجودة أيضا في التورات و الإنجيل؟
تردّد قليلا مبيّنا جهله بذلك ثمّ أكّد لي أنّه لا يعادي العرب بل و إن صديقه منذ الطّفولة عربي و لكنه لا يجيد الكتابة.
هممت بالكتابة حين دارت في ذهني فكرة. كتبت الجملة و قدّمت له الورقة. تثبّت منها ثم شكرني. حينها إقترب منّا صديقي فأفهمته بعينيّ أن لا يعلّق على ما كتبته. تبادلنا بعض الكلمات مع الرّسّام ثمّ إنصرفنا.
تركناه مع ورقته المكتوب عليها بالعربية: هذا الرّسّام مجنون.

dimanche 28 février 2010

Post-féminisme et misandrie


À l'heure où des veuves en Inde sont cloîtrées et diabolisées, de jeunes femmes au Pakistan immolées, de jeunes filles dans certains villages subsahariens excisées, des Saoudiennes ne peuvent ni naviguer ni voyager seules ni conduire, une tunisienne qui, à cause d'une blague salace, est qualifiée de suppôt de Satan, je me permets de parler du féminisme phallophage au Québec. Je supporte le combat féministe ailleurs dans le monde, mais ici au pays de l'érable, je ne peux que m'indigner face à une campagne sans relâche de dénigrement de la gente masculine. Je ne vais pas pérorer sur les pratiques sociales, je me contenterai juste d'analyser deux spots publicitaires qui montrent bien l'image de l'homme telle qu'elle est façonnée par le féminisme québécois.
Le premier spot concerne une marque de nourriture pour chat. L'action se déroule à l'intérieur d'une maison et le message semble s'adresser aux dames. À gauche de l'écran est montrée une femme qui fait son entrée. À droite, un homme se tient accroupi sur l'accoudoir du canapé et, imitant un chat, il se caresse la gueule avec sa patte et fait mine d'être fâché de ne pas avoir eu sa nourriture préférée.
Dans le deuxième spot, on voit à gauche de l'écran une femme, au milieu un enfant et à droite un homme. Visiblement, il s'agit d'une famille installée devant la télé. Le mari fait une blague à caractère sexuel. La scène d'après montre le même homme couché sur le parquet au sous-sol et sa femme entre et demande à son fils de dire bonne nuit à papa, puis ferme la porte.
Dans les deux spots, la femme se trouve à gauche de l'écran et l'homme à droite. Selon un procédé de lecture écranique, le spectateur occidental déchiffre l'écran de gauche à droite et de haut en bas. Ainsi, c'est le premier signifiant à gauche de l'écran qui prend de la valeur et une position initiale. L'homme, dans les deux spots, est en retrait de l'écran. Il est dépossédé de l'espace intérieur qu'est la maison. Son rôle est secondaire. Il est ou perturbateur, tel un enfant agitateur, ou un animal gâté et râleur. Dans les deux spots, l'homme est puni par la femme. On déduit de ces messages que l'homme est immature, inconsistant, pervers, gourmand, irresponsable, se comporte comme un enfant, voire comme un animal domestique qu'il faut mater et punir.
Je sais que les publicités misogynes et machistes sont légion, mais ce n'est pas une raison de reproduire le même modèle inversé. Aussi, le féminisme investi dans des stratégies de marketing appelle-t-il à un inconscient collectif féminin qui, traumatisé par des siècles de phallocratie, voudrait inverser les rôles de domination. Et c'est exactement pour ces motifs là que le féminisme québécois ou le post-féminisme s'oppose radicalement au féminisme d'une certaine Simone de Beauvoir qui appelait à une véritable complicité et un échange complémentaire entre l'homme et la femme.
J'ai assisté il y a quelques semaines à une scène qui m'a intrigué et m'a amené à réfléchir sur le sort de l'homme occidental en général et québécois en particulier. Un couple de touristes québécois accompagnés de leur chien se sont arrêtés à quelques mètres devant moi. La femme a lancé une balle dans la mer et son mari et son chien ont fait la course pour la ramener. Elle a réitéré son geste et à chaque fois le mari et le chien s'acharnaient et se battaient pour avoir la balle sous les rires goguenards de la femme. Belle image qui reflète bien la situation intersexuelle au Québec!

mardi 16 février 2010

Mélanie la dodue et les Allah miles

Mélanie la dodue, la ronde, le jambon ficelé qui déborde de partout, décida un jour de se convertir à l’Islam dans l’espoir de trouver un mari qui voudrait bien de ses formes généreuses, étant donné que la demande de la communauté musulmane en viande est très grande. Viande halal oblige, elle vit dans ce choix la porte de sortie de l’enfer de la solitude et la porte d’entrée au paradis chaud, à la fournaise arabique. Elle se fit donc accompagner par quelques âmes charitables qui voulaient assurer un bonus de plus, et un gros bonus, dans leurs cartes Allah Miles, à la mosquée un vendredi, jour de prière collective et obligatoire pour entrer au paradis. L’imam égyptien, tout excité de voir le nombre de ses fidèles augmenter, et par la même occasion celui de ses points, prit bien soin de l’accueillir et ne voulant pas l’encombrer (elle l’est déjà assez comme ça) avec la gymnastique de la prière du premier coup, lui demanda gentiment de s’asseoir au fond de la salle derrière les hommes et les quelques trois femmes et de regarder ce beau monde accomplir le rite de la prière. Elle ne pouvait qu’accepter la proposition. Aussitôt le prêche et la prière terminés, l’imam accourut voir la nouvelle recrue et s’empressa tout enthousiaste de lui poser la question fatidique :

- Alors, comment tu as trouvé ça ?

Mélanie la dodue le regarda avec un sourire, et un regard qui brille comme celui qui vient de découvrir la vérité et de déchiffrer le mystère de l’univers et lui dit :

- Mon dieu, les gars icett ont vraiment de beaux derrières!

mercredi 13 janvier 2010

Périple costaricain (2)



Périple costaricain (2)



Reprendre la route, quitter la pura vida des Caraïbes pour celle du Pacifique en passant par les volcans du centre du pays. Turrialba, Poas, Arenal, etc. Malédiction ou malchance. Il aura fallu qu’on passe par là pour que le volcan se mette en éruption. Il est fermé, les habitants sont evacués. L'autre volcan se cache des vues sous une couronne de nuages. Son cratère est précieux, il ne se montre pas souvent. Mais dès qu’on lui a tourné le dos, un peu déçu, il a grogné. C’est un bruit bizarre. Mélange entre grognement et bruit de roches qu’on touille dans un recipient en acier. Énorme. Il est temps de partir et de quitter le monstre et ses hauteurs, ses nuages qui le préservent du regard curieux, ses orchidées blanches, roses et violettes, ses bambous et arbres géants. Sur la route vers l’Ouest, le climat se fait plus sec et la nature un peu moins présente. Le vert est même teinté de jaune. Mais les montagnes sont aussi imposantes qu’ailleurs. Champs de café, de cacao, d’ananas, moins de cocotiers, on quitte les côtes. Arrêt obligé dans la petite bourgade de Cañas. La ville est barricadée. Maisons sans jardin, façades de magasins, bâtiments, tout est grillagé jusqu’à la toiture en tuile. Les gens se font rares, le regard plus curieux. Point de touristes. Soudain, une vingtaine de motards en cuir passent et perturbent un instant le calme de Cañas. Les gens sont méfiants ici. Apparitions furtives, regards cachés derrière les barricades. On dirait une ville assiégée. Ville de trafics traversée par la route panaméricaine?

Reprendre la route, zigzaguer, freiner, admirer ce paysage qui s’étend tel un Eden généreux. Des pancartes de candidats aux élections présidentielles surplombent la route. Ils sont quatre candidats dans la plus vieille démocratie de l’Amérique latine et la seule qui a osé supprimer l’armée pour investir plus dans l’éducation. Les Ticos ne s’intéressent pas beaucoup à la politique. Pura vida. L’actuel président, Oscar Arias, prix Nobel de la paix, n’a pas l’intention de se représenter. Les autres, faisant toujours partie de la vingtaine de familles les plus riches du Costa Rica proposent des programmes divers. Luis Fishman le populiste table sur la sécurité et joue avec la fibre nationaliste pour pointer du doigt les Nicaraguayens qu’il accuse de délinquance. Ces derniers représentent 10% de la population et selon une étude du PNUD, 90% des infractions ont été commises par des Ticos… Bouc émissaire. Mais c’est Laura Chinchilla qui est favorite. Après le Chili, le Costa Rica? Les femmes ici sont plus actives qu’ailleurs dans le monde, mais dans ce climat de pura vida, tout devient relatif. La plupart de cette gente feminine possède un enfant avant l’âge de vingt ans. Elle l’élève seule, le père doit lui passer un peu d’argent de temps à autre. S’ils sont en famille, ils sont unis et leurs enfants sont leur richesse, leur fierté. J’ai cinq enfants, trois garçons et deux filles, nous lance fièrement un jeune homme dans la fin vingtaine.

On arrive à destination. Samara est une petite ville jetée sur la côte Pacifique. Une ville de surfeurs, calme et touristique. Tout transpire la pura vida mais dans sa version moins agitée que Puerto Viejo et son ambiance rasta jamaïcaine. La nature reprend vite le dessus. Singes hurleurs en grand nombre, papaye juteuse, mangue douce et crémeuse, ananas délicieux, jus de noix de coco frais. Pura vida. Premiers cours de surf. Le moniteur me demande d’où je viens. De Tùnez. J’en ai jamais entendu parler, me lance-t-il avec indifférence. Les filles insistent du regard. La prostitution est légale ici. Des filles mères au corps huilé, sculpté par les vagues du Pacifique et moulé dans un bikini string bronzent tranquillement sur les plages très larges du Pacifique en compagnie de leurs fils de 5, 6, 7, 8 ans. La mer est calme le matin, les vagues se montrent avec la marée haute l’après midi et avec elles la horde de surfeurs. Les débutants se mettent à l’affût de la première vague, les initiés attendent la plus grosse. Pura vida. Deux surfeurs québécois sortent de l’eau: C’est ço la pouro vido man! Dit le premier.

Le soir, une fête foraine, les paysans des quatre coins de la région affluent. Une corrida un peu trash. Ça suinte l’alcool. Ambiance d’émeute, de bagarre générale, de viol collectif sur les jeunes filles en short demi fesses… rien de tout cela. Malgré la foule, l’alcool, l’adrénaline provoquée par les taureaux et canalisée par les rancheros, le sex appeal des filles, rien ne se passe. Décidément, nous ne sommes pas en Égypte. Police présente partout, gilets par balles et mitraillettes. Hola, hola! Tout le monde se salue. Chouros chauds, boisson d’hibiscus, bière locale, grande piste de dance aménagée, etc. Pura vida.

Comme les éternels nomades, nous reprenons la route vers la capitale. Nous enchaînons les kilomètres, munis d’un GPS nord américain non configuré sur les routes costaricaines et dont seul le localisateur nous permet de voir si nous sommes dans la bonne direction et quand est-ce qu’il faut tourner. Arrivés à la banlieue huppée Alajuela. Villas barricadées, grillages hauts couronnés de barbelés. De petites casernes dans ce pays sans armée. On nous conseille de circuler à plus de deux personnes, à cacher tout signe de richesse, à mettre la voiture dans un abri gardé 24/24. Ambiance de guerre. On nous déconseille de traîner après 22h. Le centre ville de San José est très animé. Plusieurs rues piétonnes s’entrecroisent. Des gens travaillent, d’autres se baladent. Très peu de touristes. Ces derniers préfèrent la côte et ne veulent pas s’aventurer dans cette ville à la réputation dangereuse. On se sent bien ici, point d’insécurité. La police est partout. Les gens sont aussi souriants et chaleureux que sur les côtes. Le service est excellent dans les restos populaires du marché central. On fond dans la masse. On passe pour des gens du coin. C’est l’accent qui nous trahit. Musée de l’or et de l’art précolombien. Architecture coloniale. Librairies, enfin, des livres! Figues confites, cacao en poudre, café moka sublime, etc. Je rencontre l’inventeur d’un jeu spécial. Un mélange entre la pétanque et les échecs. Il est content de me montrer son certificat de propriété. Il passe ses journées dans la place publique à expliquer son jeu et laisse les enfants et les passants l’essayer. Barbe blanche jusqu’à la poitrine, peau tannée par le soleil, sourire plein de sagesse. Il me serre la main et me lance la fameuse pura vida. Il est temps de partir à contrecoeur. Nous saluons l’Allemande qui tient un petit hôtel et qui vit ici avec son mari depuis quatorze ans. Elle nous dit: poukha vita! En nous souhaitant beaucoup de chance et en nous prévenant des nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports nous disant qu’il faut arriver plus tôt. C’est l’alerte rouge quelques jours après qu’un jeune écervelé a tenté de faire sauter un avion. Pourrie vida…