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vendredi 24 août 2012

Bienveni en Tinisie 2



© Alé Abdalla

Atterrissage sec, bouffée de chaleur charriant une canicule agréable à mon cœur. Fruits excessivement chers, taxistes maugréant, Burkinis mauves moulants, haleines de cheval, fumeurs entassés dans les cafés malgré la circulaire, raisins exquis, poisson frais, épaule contre épaule au marché central, interminables Klaxons, pickpockets tailladant les sacs à mains, graffitis contre graffitis, guerre idéologique, ponts décapés de leur couleur mauve, drapeaux géants remplaçant le portrait du pharaon gominé, présence formelle de flics, chiens errants, odeurs de pisse et de naphtaline, visages tannés et traits alourdis par le temps, bourgeois méfiants et barricadés, mendiantes avec bébés somnolents, bolides qui passent à 180 à l'heure, piétons sur la chaussée, voitures sur le trottoir, balafrés se tripotant la bite à chaque passage clitoridien, barbus se tripotant la barbe pour se rapprocher de dieu, touristes perplexes devant le jeûne imposant, rues désertes à l'approche de la rupture, lecture de coran diffusée à tue-tête hors des mosquées, Taxiste mélomane courtois, majestueuse méditerranée légèrement plissée, voyous en bande, jeunes femmes engantées, morceaux de verre polis par les vagues éternelles, détritus jonchant les rochers, plats exaltants, fou rire, crise de nerfs, à l’approche de la rupture, tout le monde se terre.
Plage, haut lieu social où trébuchent toutes les pratiques. Deux heures avant la rupture : des jeunes jouent au beach-ball; une mère jette la couche de son bébé juste à côté; n’eut été l’amortissement du sable, la couche aurait rebondi et serait venue s’installer confortablement sous mon parasol. Une famille d’Allemands se prélasse au soleil en regardant leurs enfants construire des châteaux de sable; deux quadragénaires bedonnants sortent lentement de l’eau dans un geste bien rodé afin d’économiser le plus d’énergie et de tuer le temps qui reste avant de se remplir la panse; une jeune mère en petite robe transparente, qui laisse voir un bikini rose, excite ainsi au passage les quelques yeux baladeurs. Elle est venue avec son esclave, une jeune femme aussi dans la fin vingtaine toute habillée. Elle lui laisse son bébé et part se baigner, revient, reprend le bébé et repart dans l’eau. La boniche-esclave se met instantanément debout et les surveille comme un chien qui monte la garde. Il n’est pas question de se baigner, elle est en service. Régulièrement, elle lance des regards furtifs vers la famille d’Allemands. Elle cherche peut-être à changer de propriétaire, qui sait. Un jeune couple d’Italiens passe, main dans la main, la fille porte bien un mini-bikini laissant paraitre des fesses parfaites. Deux grosses femmes voilées la lorgnent avec haine, puis font mine de regarder dans le vide, mais dans la même direction, comme si le vide pour elles se situait au même endroit.
La plage se vide des femmes, à mesure que l’heure de la rupture approche. Les connasses consentantes, des êtres réellement inférieurs aux hommes comme le mentionne le texte sacré auquel elles adhèrent sans broncher, partent préparer le festin. Les pères continuent à jouer avec leurs fils. Un couple profite de la désertion en masse pour se rapprocher plus dans l’eau. Le calme règne désormais sur la plage. L’ordre divin d’aller manger est tombé. La plage est magnifiquement calme, la mer est majestueusement vierge. Un moment paradisiaque qui ne dure qu’une heure, le temps que le troupeau ingurgite les bricks, chorbas, loubias et pastèques. Les bedonnants reprennent leur marche encore plus lourde désormais. Les gamins ressortent, les couches sont jetées, les bouteilles de plastique aussi, les emballages de toute sorte de pourriture. Il est temps de partir.

mercredi 20 avril 2011

Je suis arabe, mais...



La calligraphie est de Hassan Massoudy, 1984.

Je suis arabe, et le fado m’émeut, les mets peuls m'émoustillent

Je suis arabe, et la sagesse hindoue m’interpelle, la Natura rerum des Inuits, Cris, Incas et Aztèques m’enchante

Je suis arabe, et la philosophie allemande me fait réfléchir, la sensualité méditerranéenne m’enivre

Je suis arabe, et Thomas Sankara me montre un modèle, la discipline japonaise m’impressionne

Je suis arabe, et le savoir vivre italien m’inspire, la culture française m’occupe

Je suis arabe et la passion brésilienne me touche, la révolution tranquille des Québécois me donne de l’espoir

Je suis arabe et le cinéma italien, français, brésilien, japonais, burkinabé, méditerranéen et allemand me montre le sublime chemin, la mer caribéenne, rouge, méditerranéenne, pacifique, atlantique me contient et m’absorbe dans son utérus.

Je suis arabe et point, ce n’est pas tout.

vendredi 8 avril 2011

النوري بوزيد ضرب روحو وحده







النوري بوزيد ضرب روحو وحده و يكذب على العباد. يحب يسترجع شهرته بعد

تصريحاته إلّي تحرّض على ثقافة العهر. تصوّرو صبية تسمعو ولّا تتفرّجلو على أفلامه، مو ممبعد تمشي تحلّ ساقيها و عينيها مغمّضة. عاد سي السيد يحب يظهر كضحية و ملقاش حلّ آخر غير تشليط راسو باش يوحّلوها في الإخوان الشرفاء إلي ينبذو العنف. أمّا بعد، فستتجلّى الحقيقة و يبان الباطل و يفهم إلي بابوره زفّر. وهكاكة يخلّي لبلاصة لسنمائيين مستقلين عن الغرب الكافر الفاسق باش يعملوننا أفلام تدعوا إلى الأخلاق الحميدة و العلجية و الحورية إلى أن يتمّ بإذن الله و الغنوشي القضاء تدريجيا على هذا الفن و غيره لأنه حرام زقّوم. وإلّي موش عاجبو نكسّرولو فمّو بقدرة الخالق.

samedi 22 mai 2010

الرّسّام, السّاخر و الرّسول



كنت بصدد القيام بتمارين رياضية مع صديق لي في منتزه عمومي حين إقترب منّا شاب كندي في الثلاثينات و طللب منّا بكلّ إحترام إذا كنّا عرب بعدما إسترق السّمع إلى حديثنا. و بعد أن أجبناه سألنا هل نحن متديّنين.
ـ و لماذا السؤال؟ قلت له.
فأخرج من جيبه ورقة و قلم و طلب منّي إن كنت أكتب العربية.
ـ نعم إنّي أكتب العربية و لكن هذا لا علاقة له بمعتقداتي الدينية.
في الأوّل لم يدهشني سؤاله لأنّني تعوّدت على مثل هذه الأسئلة. و لكنّه مالبث أن قدّم لي الورق طالبا منّي قراءة الكلمة المكتوبة. دهشت لمّا رأيت الكلمة و ألقيت نظرة خاطفة في إتجاه صديقي الذي أصيب بنفس الذهول. كان مكتوب على الورقة: يموت. قال لي الشّاب أنّ صديقا عربي بعث له هذه الكلمة. شككت في أن يكون ذلك تهديدا له و لكنّه كان على علم بالمعنى فأراد فقط التّثبّت منه. ثمّ سارع برسم شيء على الورقة فبدأ بتصوير الحروف من اليسار إلى اليمين إلى أن إتّضحت كلمة اللّه أكبر مرسومة بشكل متقن.
ـ هل أنت رسّام؟
ـ نعم، أنا رسّام صور متحرّكة.
كانت شكوكي في محلّها و لكنّي أردت التثبت أكثر. طلبت منه أن يشرح لي مقصده فأجابني بأنّه بصدد القيام ببعض الرّسوم الكاريكاتورية. قاطعه صديقي قائلا له أنّ ذلك لا يخدم حسن العلاقات مع العرب و المسلمين. دارت في ذهني فكرة فقمت بتشجيعه رغم إمتعاض صديقي. قلت له أنّ هذه حرية التعبير و إنّي أشجّع مثل هذه المبادرات ضدّ الفكر المتشدّد. لاحظت أنّ كلامي أعطاه شحنة معنوية فطلب منّي أن أكتب له الجملة: ستحرقكم نار جهنّم. سألته بعد أن أخذت منه القلم عن محوى الرّسم الذي ينوي نشره على الأنترنت فأجابني بأنه ينوي رسم رجل أبيض على متن طائرة يصيح و يتوعّد الرّاكبين بنار جهنّم.
ـ هل تعلم أنّ هذه الجملة موجودة أيضا في التورات و الإنجيل؟
تردّد قليلا مبيّنا جهله بذلك ثمّ أكّد لي أنّه لا يعادي العرب بل و إن صديقه منذ الطّفولة عربي و لكنه لا يجيد الكتابة.
هممت بالكتابة حين دارت في ذهني فكرة. كتبت الجملة و قدّمت له الورقة. تثبّت منها ثم شكرني. حينها إقترب منّا صديقي فأفهمته بعينيّ أن لا يعلّق على ما كتبته. تبادلنا بعض الكلمات مع الرّسّام ثمّ إنصرفنا.
تركناه مع ورقته المكتوب عليها بالعربية: هذا الرّسّام مجنون.

vendredi 30 avril 2010

Bienvenie en Tinisie



3loulou Copyright



Survoler côtes de Sardaigne, eau limpide qui invite foetus à y retourner, ciel bleu mer complice, île de La Galite jetée seule comme une exilée entre deux terres, côtes de Bizerte, Golfe de Tunis, marécages, eau stagnante jonchée de détritus.

Villas somptueuses avec piscines, aéroport qui baille, personnel à bedaine fumant et discutant de foot, regardant montre chaque minute, température enveloppante, chaleureuse, gueule de bois de douanier frustré de voir autant de voyageurs alors qu'il est cloîtré dans sa boîte, taxiste paresseux, cupide et escroc, voitures rebelles contrastant avec esprits agneaux, feu rouge blasphémé, rues exigües où s'entassent chevaux mécaniques énervés, odeur de naphtaline psychotrope.

Bâtisses lugubres, tour arrogante avec grande inscription en rouge qui la surplombe: République de Connards Demi-crottes, guichets automatiques squattés par des chômeurs le soir, chats errants aux yeux qui brillent, chats noirs disparus pour sorcellerie, servant de recette, de GPS Tracker de trésors phéniciens enfouis sous les maisons décrépies.

Femmes emmitouflées, connasses consentantes, auto-oppression, vagins déambulant sous le regard salace des chichas installées sur trottoir devenu terrasse, mots invoquant dieu riment avec geste permanent obscène, tripotage de bite, vérification inconsciente, résidus du trauma d'une ablation fêtée en grande pompe, quelques jeans moulants jetant un défi à une société de plus en plus conformiste.

Petite fille couchée au milieu du GP1 pendant que le frère tente d'écouler les quelques pains tabouna, Bentley coupée, Cayenne vrombissante, insouciance générale, grands posters d'un vieux con aux cheveux teints et au visage maquillé tel une momie qui se croit Pharaon.

Marché aux poissons, plage calme et propre, mer un peu froide mais accueillante.

Connards de barbus cafteurs qui surveillent, voisinage curieux et féru de commérages, regards curieux, fruits exquis, fenouils frais, générosité indétrônable des connaissances, fous-sages errants, gens ordinaires en camisoles de force invisibles à l'oeil nu, mouettes et flamands se régalant dans la vase, appels à la prière, feuilletons turcs lobotomisants, prêcheur poussiéreux bavant sur des milliers de téléviseurs.

Plongée dans une eau froide, universitaires vendus, d'autres brillants, historien payé pour dire des bêtises, intellectuels engagés, jeunes cinéastes de talent, Familia Production au plus haut de son art, acteurs imposants, courant dans tous les sens sur une scène trop contraignante, retrouvailles.

Chauffeur de taxi craignant les attaques de nuit, plantant tournevis dans tableau de bord, gamin rackettant, Valium, psychotrope des pauvres, dinde, bouffe d'un peuple apathique.

Étudiants africains sapés, insouciants du regard méprisant, touristes espagnols dans la Médina, assaillis par des vendeurs désespérés.

Lagune, colline, route mal goudronnée, policiers écrivant des SMS à une fiancée insatisfaite, moustache et bedaine débordantes, bienvenie en Tinisie.

Chemin du retour, du redépart, du réexil après le désexil, du taghrib, du chemin de l'Occident mécréant, douanes, avions, volcan évité, etc.

vendredi 19 mars 2010

La porte du paradis



Apollon le prend pour un simple récipient;
Agrippa lui confère un statut supérieur;
la Bible le nie et lui substitue la côte d'Adam;
l'Église en fait un objet infâme;
dans le Coran, il est une terre fertile à labourer;
Rabelais l'érige en mur contre les invasions;
Lautréamont en fait la porte de la torture,
Courbet le nomme origine du monde;
Freud l'analyse comme négativité, absence de phallus;
Rank le rétablit en porte de sortie du paradis perdu, lieu du trauma originel;
Mauriac le craint et le qualifie d'abjection;
Eve Ensler le fait monologuer;

Almodovar réduit l'homme et l'y fait réintroduire;
Lichtenstein le pourvoit de dents et le transforme en tueur;
Lars Von Trier le filme en pleine automutilation, etc.
Qu'on le chérisse ou bannisse, il demeure stoïque, toujours-là, parce que c'est de lui que les humains viennent et c'est à travers lui que les hommes désirent retourner à leur paradis perdu. Vénérez-le ou haïssez-le, mais n'oubliez pas qu'il appartient à quelqu'un, à une personne qui le porte bien et qui doit en être fière.

dimanche 28 février 2010

Post-féminisme et misandrie


À l'heure où des veuves en Inde sont cloîtrées et diabolisées, de jeunes femmes au Pakistan immolées, de jeunes filles dans certains villages subsahariens excisées, des Saoudiennes ne peuvent ni naviguer ni voyager seules ni conduire, une tunisienne qui, à cause d'une blague salace, est qualifiée de suppôt de Satan, je me permets de parler du féminisme phallophage au Québec. Je supporte le combat féministe ailleurs dans le monde, mais ici au pays de l'érable, je ne peux que m'indigner face à une campagne sans relâche de dénigrement de la gente masculine. Je ne vais pas pérorer sur les pratiques sociales, je me contenterai juste d'analyser deux spots publicitaires qui montrent bien l'image de l'homme telle qu'elle est façonnée par le féminisme québécois.
Le premier spot concerne une marque de nourriture pour chat. L'action se déroule à l'intérieur d'une maison et le message semble s'adresser aux dames. À gauche de l'écran est montrée une femme qui fait son entrée. À droite, un homme se tient accroupi sur l'accoudoir du canapé et, imitant un chat, il se caresse la gueule avec sa patte et fait mine d'être fâché de ne pas avoir eu sa nourriture préférée.
Dans le deuxième spot, on voit à gauche de l'écran une femme, au milieu un enfant et à droite un homme. Visiblement, il s'agit d'une famille installée devant la télé. Le mari fait une blague à caractère sexuel. La scène d'après montre le même homme couché sur le parquet au sous-sol et sa femme entre et demande à son fils de dire bonne nuit à papa, puis ferme la porte.
Dans les deux spots, la femme se trouve à gauche de l'écran et l'homme à droite. Selon un procédé de lecture écranique, le spectateur occidental déchiffre l'écran de gauche à droite et de haut en bas. Ainsi, c'est le premier signifiant à gauche de l'écran qui prend de la valeur et une position initiale. L'homme, dans les deux spots, est en retrait de l'écran. Il est dépossédé de l'espace intérieur qu'est la maison. Son rôle est secondaire. Il est ou perturbateur, tel un enfant agitateur, ou un animal gâté et râleur. Dans les deux spots, l'homme est puni par la femme. On déduit de ces messages que l'homme est immature, inconsistant, pervers, gourmand, irresponsable, se comporte comme un enfant, voire comme un animal domestique qu'il faut mater et punir.
Je sais que les publicités misogynes et machistes sont légion, mais ce n'est pas une raison de reproduire le même modèle inversé. Aussi, le féminisme investi dans des stratégies de marketing appelle-t-il à un inconscient collectif féminin qui, traumatisé par des siècles de phallocratie, voudrait inverser les rôles de domination. Et c'est exactement pour ces motifs là que le féminisme québécois ou le post-féminisme s'oppose radicalement au féminisme d'une certaine Simone de Beauvoir qui appelait à une véritable complicité et un échange complémentaire entre l'homme et la femme.
J'ai assisté il y a quelques semaines à une scène qui m'a intrigué et m'a amené à réfléchir sur le sort de l'homme occidental en général et québécois en particulier. Un couple de touristes québécois accompagnés de leur chien se sont arrêtés à quelques mètres devant moi. La femme a lancé une balle dans la mer et son mari et son chien ont fait la course pour la ramener. Elle a réitéré son geste et à chaque fois le mari et le chien s'acharnaient et se battaient pour avoir la balle sous les rires goguenards de la femme. Belle image qui reflète bien la situation intersexuelle au Québec!

samedi 9 mai 2009

Arabophobie et francophilie

Voici ma petite intervention lors d'un colloque sur la francophonie et remarquez le discours de certains universitaires francophones, c'est désolant:

Débat de la 4e séance from CELAT on Vimeo.