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samedi 9 février 2013

Sucer R. Kheriji

Une firme très sérieuse a organisé un sondage très sérieux dans lequel on demandait aux gens s'ils acceptaient de sucer quelqu'un en échange de 100 dinars. On a pris tous ceux qui ont répondu oui et on leur a donné le choix de la personne à sucer: 1- R. Kheriji. 2- BCE. 3- H. Hammami. 100% ont choisi R. Kheriji. Les analystes hésitent entre trois conclusions: 1- R. Kheriji est trop bogosse. 2- Les gens se disent qu'il vaut mieux sucer un saint. 3- Tous ceux qui ont accepté avaient voté pour Kheriji. Attention, cela ne veut pas dire que tous ceux qui ont voté pour lui sont des suceurs, mais tous les suceurs ont voté pour lui. C'est différent.    

vendredi 6 janvier 2012

Involution


Révolution? Quelle révolution? De quelle révolution tu parles? Hein? La révolution des culs de jatte du cerveau? Des amputés de l’hypophyse? Décarcasse-toi ou je flingue ta race de primate refoulé avec phrases kalash, mots-flèches décochés vers ta pensée rouillée, ta parole sclérosée. Tasse-toi ou je te fous mon point sur ta ligne d’offrandes, sur tes versets d’épileptique. Il n’y a pas de révolution tant qu’on ne pisse pas sur les chaînes qui nous taraudent, qui nous tailladent les articulations cervicales. Il n’y a pas de révolution tant que cro-magnon est au pouvoir, tant que son hypnose, sa transe, son œil-vagin nous assomment, tant que les voleurs d’antan sont les complices d’aujourd’hui, que les armes ne sont pas du bon bord, que la misère grise bouscule la misère matérielle, tant que les réflexions sont occultées par les réflexes, que les sexes refoulés au fond de leur échine, les idées paralysées par une doxa rampante, tentaculaire, sadique et phagocytaire. Toi qui me parles de révolution, ferme ta putain de gueule parce que ça pue le cul de ta diarrhée verbale, ta logorrhée mal maîtrisée apprise à coup de bâton. Ou tu sais quoi, reste dans ta merde, crève là de ton propre poison, serpent qui se mord la queue, chèvre emmitouflée qui broute les mots de son maître absolutiste pour une absolution espérée, un fantasme éthérée, une chienne de vie mal menée par des prêches zérophiles, discours lobotomisant, agitant le bûcher d’une main et les vierges enduites de miel et de vin de l’autre. Génération sacrifiée qui a oublié que dans révolution il y a évolution. Génération-cobaye d’un capitalisme farouche prêt à se déguiser en pute ni touche.       

mardi 13 décembre 2011

Ben Ali VS Marzouki

Il faut le dire quand même, malgré plusieurs points litigieux dans son discours et des applaudissements qui n'inaugurent rien de bon. Au niveau sémiotique, on est passé d'un président gominé, maquillé et lifté, aux yeux de poisson qui fixe désespérément le téléprompteur pour vociférer des propos vides; à un président sans cravate, sans téléprompteur, sans fioritures, bien articulé et dont la voix n'est pas vide d'émotion. Bien que ce rôle soit vide, il faut le reconnaître, le pays vient de faire un petit pas vers un Etat de droit réaliste. Puisse la sémiotique refléter une sémantique, la rhétorique et le pathos rendre compte d'un logos démocratique.

dimanche 13 novembre 2011

Ettkarkir et Ellahwa ou la sclérose en plaques d’une société: Le cas de la Tunisie


Armé de mon ultime conviction qu’un libre penseur doit aller à contre-courant de sa société afin de montrer les défauts et les contrevérités du groupe, je me lance là dans l’analyse de deux concepts clés qui mettent à nu le dysfonctionnement des sociétés dites du tiers-monde et particulièrement de la Tunisie, l’exemple que je connais le mieux. Les deux concepts sont à mon avis Ettkarkir et Ellahwa. Ces deux concepts régressifs et intrinsèquement liés me font penser à quelqu’un qui traîne des pieds et qui, pour tuer le temps, regarde à droite et à gauche épiant le moindre mouvement des autres.
Tout d’abord, Ettkarkir ou ce qu’on peut traduire par la fainéantise, la paresse viscérale, l’apathie, entraîne indubitablement, sur le plan professionnel, un manque de productivité et de ce fait, un manque de richesse sur le plan économique.
Cette paresse généralisée engendre également ce qu’on appelle dans les sociétés productives une contre-performance. Voilà les ingrédients types qui instaurent la culture de la médiocrité.
Donc, la pauvreté matérielle, provoquée par le marasme économique, ainsi que la misère intellectuelle, engendrée par une absence d’efforts intellectuels, mènent nécessairement à l’immobilisme, lequel provoque un sentiment d’impuissance et donc de frustration et crée des complexes d’infériorité, voire de la haine et du ressentiment envers les autres, ceux qui ont réussi, ceux qui produisent.
Par ailleurs, au quotidien, la fainéantise mène logiquement à l’oisiveté, ce qui donne lieu à beaucoup de temps libre non investi dans une bonne action, telle que le travail, la réflexion, l’enculturation, etc. Ce temps libre et stérile fait camper la personne dans une situation de passivité extrême et donc dans une position de spectateur. L’image type est celle des hommes qui sont assis une bonne partie de la journée et de la soirée dans les cafés à jouer aux cartes, fumer la chicha, bavarder ou encore à regarder passer les gens. Le spectateur sera ainsi amené à reluquer les autres, les passants, les voisins, les collègues, l’entourage, etc. d’où vient l’ingérence. Et j’aborde par là le deuxième concept régressif, Ellahwa ou quand on se mêle des affaires des autres.
Puisqu’il faut tuer le temps, on préfère le faire sur le dos des autres et c’est une façon de détourner l’attention sur un soi moribond et rempli de son propre échec. Il s’agit d’épier les autres dans leurs moindres gestes, mouvements, leurs façons de s’habiller, dans ce qu’ils font dans leurs vies, ce qu’ils disent et même ce qu’ils pensent de telle ou telle chose. Ce qui donne lieu à une orgie de voyeurisme où tout le monde finit par épier tout le monde et encore plus celui qui n’adhère pas à cette pratique ou celui qui produit quelque chose. Ceci se traduit par des actions passives (l’oxymore n’en est pas un), telles que commenter, placoter, critiquer et détruire toute forme d’initiative ou tout élan individuel.
Ce conformisme collectif et consentant ne peut déboucher que sur une forme de surveillance généralisée, une sorte de police sociale qui exerce une pression accrue sur les membres récalcitrants ou voulant se démarquer du troupeau. La même surveillance donne le droit à la collectivité de juger, voire de sanctionner les actions non conformes aux normes existantes. D’où le fascisme latent qui guette et qui n’attend qu’une forme politique ou juridique pour surgir de ce que j’ose appeler le «sous-moi». 
Le fascisme, c’est-à-dire cette conception doctrinale, homogène et intégriste de la société, explique le regard moralisant que la plupart des gens portent sur les productions culturelles, mais aussi sur les actions politiques. On veut des juges de la morale à la tête des institutions, mais cette morale ne tire pas son essence de la lutte contre la corruption, le mensonge, le vol et la malhonnêteté. Elle se réduit plutôt à une police des mœurs. Du coup, ce qui peut sembler superflu dans une société progressiste, tel que la façon de s’habiller ou encore le comportement individuel qui ne nuit pas à la liberté des autres prend une importance capitale et devient un critère primaire pour juger de la morale de toute une société comme si elle était un seul corps, déniant par là la place de l’individu, ou pire, le rôle de la réflexion individuelle. Toute production culturelle et particulièrement le cinéma (qui agit tel un miroir «inconfortant») est jugé comme une source de débauche à cause de ses scènes de nudité; les politiciens sont discrédités s’ils ne se conforment pas aux rites musulmans; les intellectuels sont mis au ban et bannis s’ils osent critiquer les traditions sociales et encore plus le dogme religieux. Ils sont même traités de collaborateurs avec l’Autre, celui qui a réussi et qui, selon la théorie du complot, veut garder sa suprématie et ses richesses pour lui et saboter tous les efforts des Arabes ou des musulmans d’une manière générale en voulant les amputer de leur Identité «immuable et indivisible».
Ce sont là les deux maux qui empêchent une société donnée de produire, d’évoluer, de s’ouvrir et d’entrer de plein fouet dans la modernité réelle et non celle de façade, c’est-à-dire celle où l’on se contente de consommer des objets modernes, technologiques, pour un usage passéiste et réactionnaire. Vouloir une société résolument moderne nécessite l’abolition pure et simple de ces deux notions sclérosantes.

lundi 17 octobre 2011

Les islamistes du vagin


HAHAHA, ces islamistes, ils sont résolument drôles. Un colloque en Egypte sur les femmes sans les femmes. Leur plus gros problème (inconscient) c'est qu'ils n'acceptent pas d'être descendus du vagin d'une femme. Il ne faut pas chercher loin! Tout est là! Ils en veulent au vagin parce que, à travers lui, ils ont été expulsés de leur paradis originel. Il faut donc retrouver le paradis perdu dans l'au-delà et reconquérir à leur façon des vagins vierges (70 et plus), c'est-à-dire des vagins qui n'ont jamais expulsé un corps humain. 

mardi 11 octobre 2011

شبيك تكره الدّين؟

نفس العباد إلّي كانوا يقولولي شبيك تكره الزّين، توّه يقولولي شبيك تكره الدّين. الدّين لا نكرهوا لا  يكرهني و كلّ واحد حرّ في تصرّفاتو. إلّي ماعجبتّوش المنقّبة في البحر، ماعليه كان ما يغزرش و لّي متقلّق مالبكيني، ماعليه كان يجبدها قبل ما يهبط للبحر. أنا توّه نكره طحّانة التّجمّع إلّي يحبّوا يرجعوا بالسّيف، نكره الخوانجيّة إلّي يحبّوا يفرضوا على العباد تسطيكتهم، نكره العباد إلّي مكبّشة في القشور و مسيّبة الصّحيح، أما أكثرما نكره هوما العباد إلّي قبل كانوا في التجمّع و توّه مع الخوانجيّة. 

lundi 3 octobre 2011

Nouveaux rapports de force

http://imgur.com/gallery/DTWAK

Les rapports de force ne sont plus cantonnés dans une polarisation entre pays industrialisés occidentaux et ex bloc communiste, non plus entre Occident et Orient, mais bien entre raz-de-marée où figurent tout le Sud et tout l'Orient, Ex-URSS compris, d'une part et un bout de terre qui rétrécit comme peau de chagrin, Nord-Ouest qu'on appelait jadis Occident, de l'autre. Et le nier, serait faire preuve de nombrilisme nostalgico-colonial!  

mardi 27 septembre 2011

جائزة نوبل للسّلام


بعض أسماء النّشطاء العرب أُدرجت في قائمة المترشّحين لجائزة نوبل للسّلام. أنا نقترح عليهم يقسموها على الأقل على عشرة من النّاس من تونس و مصر و البلدان إلّي قاعدة تعاني. بالنّسبة لتونس، ما عندي حتّى إعتراض على إسم لينا بن مهنٌي (كاينّهم جاوا يشاوروا فيّا)، أما فمّا زاده أسامي أخرى تستحقّ أنّها تكون مرشّحة، زاد، فاطمة رياحي، سامي بن غربيّة، نزيهة رجيبة، محمّد عبّو، عبد النّاصر عويني، إلخ. وإلّا يعطيوها لعائلات إلّي قتلهم البوليس. مليار على 600 عايلة بين تونس و مصر (قريب 3 ملاين تونسية).







dimanche 18 septembre 2011

Impasse électorale pour les Tunisiens du Canada ou comment un Etat de droit peut incarner en toute justice l'injustice à l'état pur.


A moins d'une jurisprudence, il est impossible de tenir les élections de la constituante tunisienne sur le sol canadien. La raison du refus est simple: Le Canada ne doit pas être la circonscription électorale d'un autre pays. Il n'y a donc ni machination ni complot. Il s'agit simplement d'application des lois et comme le Canada est un Etat de droit, et bien, voilà ce que cela donne.

Toutefois, laissons de côté l'aspect juridique et prenons l'affaire d'un point de vue moral, parce que nous ne sommes pas que des êtres captifs des lois et parce qu'il y a aussi l'esprit de la loi, comme le veut Montesquieu. Cette même logique d'Etat de droit et de séparation des pouvoirs fait qu'un grand bandit, BT, est réfugié ici avec tout le pactole sans risque de se faire extrader, et en même temps, on refuse aux citoyens tunisiens résidant au canada de voter pour une constituante qui marquera plusieurs décennies de l'avenir de leur pays. Belle impasse! La justice nous joue parfois de mauvais tours.

mardi 13 septembre 2011

Ramasse ta bouteille et politique-la


Ramasse ta bouteille, ramasse ta bouteille, hey!
C'est ainsi qu'un groupe d'adolescents sortant d'un entraînement de football américain criaient derrière un des leurs qui venait de jeter sa bouteille d'eau sur la pelouse. Ils ont scandé la phrase à plusieurs reprises et même si la personne visée ne s'était pas retournée, elle devait se sentir vraiment conne. Voilà, à mon avis, l'exemple d'une bonne politique, au sens grec bien sûr. Je laisse donc tergiverser les partis, les débatteurs publics, électeurs, critiques, analystes et autres macchabées de la politique strictu sensu et je porte attention à ces détails qui font du vivre ensemble une responsabilité politique, un droit et un devoir pour chaque habitant de la cité. J'espère juste voir un jour une pareille scène dans mon pays natal la Tunisie. 

vendredi 12 août 2011

Gouvernement suppositoire

@AléAbdalla

Gouvernement suppositoire complice d'hommes d'affaires véreux,
Police vampire, garante de la sécurité des hommes d'affaires,
Juges corrompus, protégeant hommes d'affaires corrupteurs,
Partis politiques impatients de prendre le relais et de sucer les mêmes hommes d'affaires,
Médias des hommes d'affaires flirtent avec «peuple» docile,
Citoyens lambda accros aux suppositoires de gouvernement provisoire qui protège hommes d'affaires par ses juges et flics avant de passer le témoin aux partis rapaces qui vendent déjà leurs produits périmés à un peuple apathique à l'instar des hommes d'affaires. 
Si vous ne voyez toujours pas le point commun entre tous ces éléments, c'est que vous méritez bien plus que ces suppositoires. 
  

mardi 12 juillet 2011

الروثة التونسية

ضع الكلمة المناسبة في المكان المناسب: تونس عرفت : 
ثورة
ثروة
ورثة
روثة (بالدارجة كاكا

mercredi 22 juin 2011

الخلّاص و العشرة فرنك

ركبت في الكار. جاء سي الخلّاص، قالّي دينار و أربعين، مدّيتلو دينار و ميا. يخّي رجّعلي 50 فرنك و مشى.
ـ سامحني خويا.)طفّاني(، سامحني، يخّي مش قتلي دينار و أربعين؟ مالى ناقص 10 فرنك.
كي سمعني شنّعتها و العباد الكلّ  سمعوني، تلفّتلي و قالّي بكل محقرانيّة و و قاحة:
ـ تي على 10 فرنك قلبت الدنيا؟ هاي 10.
و رمى العشرة في يدّي و تهكّم.
ـ إين نعم، على 10 نقلب الدنيا، ماهمش فلوس؟ و إنت بانى حق تحطّها في جيبك. و تعمل هكّاكه مع 50 واحد في النّهار، قدّاش إطّلّع في اللّخّر؟
الرّاجل بدى يتسومم و قالّي برّى إشكي. إينعم، نشكي بيك على 10 فرنك. غزرلي:
ـ يخّي حاكم إنت؟
ـ علاه، ما فمّا كان الحاكم يشكي؟ آنا مواطن نعرف حقوقي.
كي شافني لساني طويل و جايب ما عندي على 10 فرنك، دوّر وجهو و مشى. تلفّتت للنّاس إلّي بجنبي، و أغلبيّتهم عمّال في المعامل، و حسّيت بنظرة مساندة )ممكن فمّا فيهم إلّي يضحك عليّ، أما حسّيت إلّي فرهدتلهم على قلوبهم(. كي جات المحطّة متاعي و عرفوني مانركبش ديما فالكار، و لّا راني ولّيت مهبول، قالولي هاذية المحطّة متاعك.
نجيوا توّة للتّفسير باش مايفهمني حدّ بالغالط. علاش شدّيت صحيح في 10، إلّي في العادة التاكسيست نخلّيلو 500 بوربوار؟ على خاطر السّيّد حبّ يطفّي الضّوء. و كان قالّي ماعندوش صرف السّماح. و حبّيت عالمبدأ نورّيه إلّي ماينجّمش يقلب النّاس هكّاكه. كلّمتو بكلّ هدوء ماللّول، اما كي رمالي ال10 و يتهكّم، و قتها هبلت عليه. كنت إنّجّم نطفّي الضّوء، يخّي 10 فرنك بش تزيد فيّ حاجة.

mardi 21 juin 2011

القطيع و القطيعة

هل يتذكّر احد منكم خالد الذي صرّح للبي بي سي عن معاناة المواطن السّعودي و الذي إختفى بعدها؟ هل جريمته أنّه حاول الخروج عن القطيع؟ و هل يحسب المواطن الذي كسّر قيود السّلطة الإستبداديّة في تونس و مصر أنّه تحرّر من سلطة و تسلّط القطيع؟ لقد إختفى خالد و إندثرت معه روح الثّورة التي تقطع مع السّائد  بما فيه القطيع. فعوض الإندثار في القطيع، وجب التّشبّث بالقطيعة. شكرا على المحاولة و أرجو كلّ الرّجاء أن تعاد الكرّة بنجاح بعد نصف قرن.

dimanche 19 juin 2011

La sagesse du menuisier

Je le vis de loin, sa mine et sa silhouette ne m’étaient pas inconnues. Nous nous scrutions un moment, et puis, nous nous reconnûmes. C’est un vieux copain du primaire que je n’avais pas vu depuis un siècle. Nous jouions au foot ensemble et après chaque match, on allait à l’épicerie de son père pendant que celui-ci faisait la sieste et on préparait des casse-croûtes à l’harissa et à l’huile d’olive. Il arrêta tôt l’école et travaille désormais comme ouvrier dans un atelier de menuiserie. Comme nous allions dans la même direction, nous prîmes le chemin ensemble. Après quelques mots échangés sur nos situations respectives, nous abordâmes la situation actuelle du pays. Il me dit que le problème en Tunisie est que les gens ne planifient pas grand chose. Ils laissent tout à la volonté de dieu, les enfants, la maison, le travail, les études, et que la volonté de dieu n’est autre que le hasard. On laisse tout au hasard et c’est ce qui explique ce long silence. Au lieu donc de blâmer un ancien dictateur, c’est d’un regard autocritique dont nous avons besoin. Il me montra la bordure de la chaussée marquée par un long sillon et me dit :

« Regarde! C’est à l’image de ce fossé creusé il y a quelques mois pour je ne sais quel projet. Ils sont venus, ont pris des mesures, d’autres sont venus creuser, et depuis, la béance est là. Ils attendent qu’elle se remplisse de déchets et de poussière pour qu’elle se ferme d’elle-même, le projet ayant été abandonné. C’est le manque de planification, c’est justement cette mentalité hasardeuse, fataliste, craintive et passive qu’il faut qu’on change. Hélas, il est trop tard pour les adultes, il faut cibler les nouveaux nés qui seront nés dans un pays libre et à qui on va devoir expliquer ce qu’est la liberté avec ses droits mais surtout ses devoirs. C’est la confiance qu’on accorde au hasard ou à dieu qui nous ronge ».

Il m’invita à boire un café avant de commencer le boulot, mais comme j’étais pressé, je m’excusai et lui promis de le faire une autre fois. Je le quittai en pensant aux diplômés, universitaires ou cadres et qui avant n’avaient jamais osé critiquer même en aparté les affres de la dictature et aujourd’hui sympathisent et flirtent avec un mouvement politico-religieux rétrograde et à la limite du fascisme qui veut gouverner au nom de dieu, c’est-à-dire au nom du hasard. La conscience civique et l’auto-critique ne s’acquièrent pas par les diplômes.

lundi 13 juin 2011

الماكلة بليد ليسار حرام


http://www.point-fort.com

مشيت بش ناكل صحن كفتاجي في البلاد العربي. قعدت في طاولة وحدي و جاء شاب في العشرينات قعد قدّامي. بعد دقائق من الصّمت، غزرلي و قالّي

سامحني خويا، بش نقلّك حاجة، راهي الماكلة بلّيسار حرام.

عندي مدّة ماسمعتش الملاحظة هذي إلّي كانت في العادة تنرفزني. جيت بش نجاوبو، شفتو عامل لحية قصيرة ولابس خاتم السّنّة، قلت بش نقعد نكسّر في راسي. أيّا يخّي سي الشّباب تحسّ كي طفّيتو وقالّي

مش على حاجة راهو، أما آنا هكّا قالولي أهل العلم و العلم للّه. على خاطر اليد إلّي تاكل هذيكه إلّي تستقبل الملايكة و اليسار حاشاك نتوضّاو بها

ربي خلقنا بزوز يدين، و حطّ اليسار مع القلب.

غزرلي بإمتعاض: شنوّه قلب، آنا نقلّك ملايكه و إنت تقلّي قلب؟

لوكان ماجاش القلب إلّي يضخّ الدمّ رانى مانتحركوش. و أهل العلم قالوا إلّي اليساري تركيبة مخّو مختلفة.

فسّرتلو إلّي المخّ مقسوم في زوز، و كلّ قسم عندو خاصّياته و الأدوار تختلف عند اليساريين إلّي ماختاروش بش يكونوا هكّاكا، يعني ربّي خلقهم هكّاكا. و العلماء يقولوا إلّي كي تجبر الصّغير اليساري بش يستعمل يد ّو ليمين، يولّي يوكوك، ينسى فيسع و ينجّم ما ينجحش في قرايتو.

خز رلي و قالّي: انا كنت ناكل بلّيسار و علّموني ناكل بلّمين. عندي التوكويك ساعات، آما هاذيكة سلالة من عند ربّي.

سكت شوية و مبعد قالّي خوذ شويّة حوت. مدّيت ييدي اليسار و نحّيت شويّة حوت من الصّحن إلّي قدّامو.

lundi 6 juin 2011

La Barbade ou le pays bajan

©3loullou



Les îles des caraïbes défilent sous le tube en métal à l’intérieur duquel on est agglutiné, petites, grandes, longues, montagneuses, escarpées, vertes, auréolées de bandes blanches, volcans qui fument, nuages qui se bousculent.

La dernière île à l’est de la mer caraïbe est singulièrement plate. Aucun volcan ne la soutient et les nuages ne font que passer. La verdure est moins présente et laisse place à des tâches jaunes. Point de forêt dense, point de dédales floraux et une faune discrète.

Accueil assez original. Que des douanières en uniforme bleu vif et au sourire mesuré. La politesse est de mise et l’accent est quelque peu british lequel s’estompe à mesure qu’on s’enfonce dans le pays pour se faire doubler par le bajan, dialecte où les mots sont hachurés et les phrases saccadés et scandées. Le dialecte bajan est agréable à écouter même si l’on ne comprend pas tout. Le hall d’entrée de l’aéroport de Bridgetown est semblable à un gigantesque paravent tant la façade ne possède pas de mur. La chaleur humide est écrasante, mais cela ne fait que titiller l’être sudiste qui tapit en moi.

Franchir l’aéroport d’un pays qui m’est encore inconnu est un des moments les plus intenses de ma vie. Je me sens sitôt submergé dans une autre dimension. Tous mes sens prospectent. Le large trottoir grouille de monde et surtout de chauffeurs de taxi en chemise et pantalon. Bizarrement, je ne suis point assailli par eux. Attiré par une chemise bleue et un badge, je me dirige alors vers un monsieur assis. Je comprends qu’il est chargé d’affecter les arrivants dans les taxis, voilà pourquoi les chauffeurs ne se battent pas pour nous avoir, contrairement à ce qui se passe dans les villes arabes. Il me tend un papier sur lequel il a marqué le montant de la course. Ce genre de détails me plait et me laisse moins sur mes gardes. Je prends place dans un grand taxi tout neuf et climatisé. Sur la route, je fais remarquer bêtement au chauffeur ma surprise de voir autant de femmes conduire alors que leurs hommes sont à côté. Le chauffeur éclate de rire et relève mon inhabitude de voir conduire à droite. Nous rions un bon coup. Les routes exiguës contrastent avec les grosses voitures aux vitres teintées et desquelles sort systématiquement du dancehall.

L’air salé finit par réveiller complètement l’être sudiste et marin en moi et j’emplis mes poumons de cet élément. Plages longues et étroites, un peu vides vu la saison, mais le beau temps est là en tout temps et même la pluie quotidienne qui ne dure que quelques minutes ne réussit guère à perturber une mer majestueuse.

Couleurs criardes de robes caribéennes accrochées dans des stands pour touristes à la sortie de la plage. Jeunes femmes caribéennes en mini-shorts moulants et quelques dames fonctionnaires en robes jaunes ou bleu vif attendent le bus.

À mesure que le soleil se couche, le rhum fait sa sortie sur les murets des plages, entouré de grosses bouteilles de soda et de musique dancehall des voitures garées autour.

Les mini-shorts cèdent le pas aux robes très courtes épousant des silhouettes ondulées.

Un rasta fari se lave les cheveux éternellement longs dans la mer sous le regard pieux des enfants qui jouent dans l’eau à côté. Mancenillier, arbre venimeux, étend ses tentacules sur la plage et exhorte les passants de ne pas s’y installer en cas de pluie.

Sur les étales du marché central quelques bananes plantains, avocats et goyaves importés des îles voisines attendent preneur. On me dit que les légumes et fruits sont un luxe ici que ne peut se payer que les riches propriétaires américains, canadiens et anglais des villas front de mer.

Le reste, c’est-à-dire 95% de la population, mange du poulet frit et ils sont bien servis par les grandes chaines de fastfood américain. Les enseignes des banques canadiennes, britanniques et américaines, elles, sont prêtes à service monsieur 5%.

Un crane rasé, grosse boucle d’oreille de pirate, marcel blanc et tatouages saute de la basse clôture d’une maison et court vers moi :

Hey! Yeh mon! How u doin’

Fine thanks and you?

You need somethin’ Weed, crack, coke, whot eva?

Oh! No thank you, I don’t smoke and I dont take drugs.

Oh! Rilly? Okey! You’re lookin’ fo’ geul’s? Tell me, an’ I bring you o’ you need. Two, three geu’ls?

Oh! No, no, I’m ok.

Rilly? So, wha’a you doin’ de’?

I’m just walking around, and discover the place by night.

Le marcel me fixe en fronçant les sourcils. Visiblement, il ne peut pas concevoir qu’un étranger puisse se balader seul le soir sans but précis. Il insiste encore, mais devant mon refus poli, il me tourne le dos exaspéré.

Après quelques jours de travail à l’université West Indies, je glisse dans la peau d’un touriste discret. La vie des étudiants sur le campus de Cave Hill se passe en plein air. Les salles de révision ne sont que des bancs entourés de gazon et le cours le plus suivi est celui d’athlétisme. Des sprinters courent accrochés à des mini-parachutes qui les ralentissent et rendent leur effort plus intense. Les étudiants les plus studieux s’entassent dans la bibliothèque et s’affairent à assimiler les gros livres de médecine. Les autres ricanent, mangent, jouent, se draguent et révisent un peu de temps à autre. Je ne peux pas les blâmer, étudiant, je faisais comme eux.

Je m’aventure seul au centre-ville malgré les avertissements des collègues qui habitent l’île depuis des années. Ils m’ont enjoint de prendre le taxi pour l’hôtel et quand je leur ai dit que j’allais prendre le bus, ils ont écarquillé les yeux. Je fais signe au premier bus de s’arrêter, ne sachant pas dans quelle direction il va. Je monte et demande au chauffeur s’il va au centre-ville. Il acquiesce de la tête. Je prends place et très vite les yeux se détournent de moi sauf ceux d’une vieille dame au visage de bronze parfaitement ridé et au regard perçant. Elle me dit de prendre une autre connexion pour pouvoir me rendre dans la zone des hôtels sans passer par le centre-ville, puis s’adresse au chauffeur en bajan. Après quelques minutes, elle se lève et me demande de la suivre. Nous descendons du bus et elle se penche sur moi pour me dire de faire attention et de ne pas m’aventurer seul à la nuit tombée. Je ris un peu en lui disant de ne pas s’inquiéter pour moi, mais comme une mère veilleuse, elle me dit que le centre-ville est sécuritaire seulement le jour et qu’elle sait de quoi elle parle. Elle salue quelques personnes au passage et reprend le fil de la discussion avec moi jusqu’à ce qu’un bus apparaisse. Elle s’adresse au chauffeur et me fait signe de monter. Je la remercie à la fois contrarié de passer pour un touriste fragile à qui on dicte l’itinéraire à suivre et touché par cette sympathique rencontre. Le minibus est bondé, on me fait une demi-place et je dois m’appuyer sur la portière pour bien tenir. La musique dancehall est à fond et le chauffeur aux dreadlocks bien alignés intercale plusieurs billets dans ses phalanges. Ainsi, des billets de 1, 5, 10 et 20$ sont répartis sur les quatre phalanges. Je quitte à contrecœur le centre-ville, décidé à y retourner le jour.

Les rares mets bajan que l’on trouve se font désirer. Poisson volant frit, marlin grillé, bananes plantains caramélisées et fondantes, gros riz américain, légumes servant de décor, bière locale légère, etc.

Grande distillerie de rhum qui a pignon sur mer. C’est probablement l’usine qui a la meilleure vue du monde. L’odeur de rhum est persistante, envahissante, étourdissante. Presser le pas est la seule issue pour éviter un coma éthylique. Quelques accoutumés, à moitié pompettes rien que par l’odeur gratuite que diffusent les cheminées, se prélassent entre la clôture de l’usine et la plage. Le chauffeur de taxi m’avait déjà expliqué que la canne à sucre est tout ce qui pousse sur l’île et comme industrie, c’est sa transformation en rhum qui prévaut. J’appris plus tard que c’était là, la plus vieille distillerie de rhum au monde.

Une pluie torrentielle s’abat et dure cette fois plus d’une demi-heure. Et bien que le ciel se soit ouvert comme une mer qui se déverse d’en haut, je continue ma marche trempé jusqu’aux os. À peine cette manne diluvienne terminée, le beau temps reprend le dessus et les plages se repeuplent. Un chant de gospel me parvient de loin. Je suis la source et je vois une église en plein air où des gens chantent et appalaudissent avec ferveur sous un chapiteau peint en vert. Les hommes portent des chemises en satin aux couleurs vives et les femmes de grandes robes colorées.

Le chant a vite disparu dès que j’ai immergé la tête dans l’eau. Une grosse tortue de mer grignote sagement tout ce qui colle aux coraux. Ma présence ne semble pas la déranger. Je m’approche encore plus sans trop faire de remous. Elle s’arrête un instant, tourne la tête pour me voir, me fixe un moment, puis replonge la tête dans les coraux. Je lui ai alors touché doucement la carapace sans qu’elle ne s’effarouche. Après quelques minutes passées à la dévisager, la tortue finit par me lancer un regard de lassitude. Je comprends le message et je m’éloigne de sitôt.

L’après midi, des coureurs, vieux, jeunes, femmes, hommes, sveltes, obèses, sillonnent la plage. Aux côtés du criquet et de la course de chevaux, la course est un sport national dans ce pays où il est interdit de fumer dans tous les lieux publics et même sur les terrasses.

Autant la côte Ouest est peuplée et sa mer caribéenne calme, autant la côte Est est déserte et son océan atlantique agité. Une seule grande maison en bois se tient sous la seule montagne d’à peine quelques dizaines de mètres de haut. La maison est tournée vers l’océan où les vagues successives s’échouent violemment sur la côte rocheuse. Le pays change de visage. On s’arrête, mes collègues et moi, un moment, et voilà qu’un monsieur sort de la maison et nous fait signe de nous approcher. Il nous invite à l’intérieur et nous explique qu’il est banquier et préfère venir les fins de semaine seul ici pour le calme de l’endroit. Il nous dit que c’est son paradis et nous offre de la bière importée bien fraîche. Nous quittons l’homme à contrecœur et nous reprenons la route pour boucler le tour de l’île.

Sur le chemin vers l’aéroport, le même chauffeur de taxi me raccompagne après m’avoir gentiment tendu le blouson que j’avais oublié dans son taxi à mon arrivée. Lui parlant du temps qu’il fait, et de la chance d’avoir une si belle plage à portée de main, il finit par me confier avec un sourire nostalgique qu’il n’a pas mis les pieds à la plage depuis vingt ans et que son temps est partagé entre le travail et ses enfants. N’ayant pas de compteur, je lui donne la même somme qu’à l’allée, le salue chaleureusement et tourne le dos malgré moi à un pays si captivant.