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mardi 11 octobre 2011

شبيك تكره الدّين؟

نفس العباد إلّي كانوا يقولولي شبيك تكره الزّين، توّه يقولولي شبيك تكره الدّين. الدّين لا نكرهوا لا  يكرهني و كلّ واحد حرّ في تصرّفاتو. إلّي ماعجبتّوش المنقّبة في البحر، ماعليه كان ما يغزرش و لّي متقلّق مالبكيني، ماعليه كان يجبدها قبل ما يهبط للبحر. أنا توّه نكره طحّانة التّجمّع إلّي يحبّوا يرجعوا بالسّيف، نكره الخوانجيّة إلّي يحبّوا يفرضوا على العباد تسطيكتهم، نكره العباد إلّي مكبّشة في القشور و مسيّبة الصّحيح، أما أكثرما نكره هوما العباد إلّي قبل كانوا في التجمّع و توّه مع الخوانجيّة. 

dimanche 19 juin 2011

La sagesse du menuisier

Je le vis de loin, sa mine et sa silhouette ne m’étaient pas inconnues. Nous nous scrutions un moment, et puis, nous nous reconnûmes. C’est un vieux copain du primaire que je n’avais pas vu depuis un siècle. Nous jouions au foot ensemble et après chaque match, on allait à l’épicerie de son père pendant que celui-ci faisait la sieste et on préparait des casse-croûtes à l’harissa et à l’huile d’olive. Il arrêta tôt l’école et travaille désormais comme ouvrier dans un atelier de menuiserie. Comme nous allions dans la même direction, nous prîmes le chemin ensemble. Après quelques mots échangés sur nos situations respectives, nous abordâmes la situation actuelle du pays. Il me dit que le problème en Tunisie est que les gens ne planifient pas grand chose. Ils laissent tout à la volonté de dieu, les enfants, la maison, le travail, les études, et que la volonté de dieu n’est autre que le hasard. On laisse tout au hasard et c’est ce qui explique ce long silence. Au lieu donc de blâmer un ancien dictateur, c’est d’un regard autocritique dont nous avons besoin. Il me montra la bordure de la chaussée marquée par un long sillon et me dit :

« Regarde! C’est à l’image de ce fossé creusé il y a quelques mois pour je ne sais quel projet. Ils sont venus, ont pris des mesures, d’autres sont venus creuser, et depuis, la béance est là. Ils attendent qu’elle se remplisse de déchets et de poussière pour qu’elle se ferme d’elle-même, le projet ayant été abandonné. C’est le manque de planification, c’est justement cette mentalité hasardeuse, fataliste, craintive et passive qu’il faut qu’on change. Hélas, il est trop tard pour les adultes, il faut cibler les nouveaux nés qui seront nés dans un pays libre et à qui on va devoir expliquer ce qu’est la liberté avec ses droits mais surtout ses devoirs. C’est la confiance qu’on accorde au hasard ou à dieu qui nous ronge ».

Il m’invita à boire un café avant de commencer le boulot, mais comme j’étais pressé, je m’excusai et lui promis de le faire une autre fois. Je le quittai en pensant aux diplômés, universitaires ou cadres et qui avant n’avaient jamais osé critiquer même en aparté les affres de la dictature et aujourd’hui sympathisent et flirtent avec un mouvement politico-religieux rétrograde et à la limite du fascisme qui veut gouverner au nom de dieu, c’est-à-dire au nom du hasard. La conscience civique et l’auto-critique ne s’acquièrent pas par les diplômes.

lundi 13 juin 2011

الماكلة بليد ليسار حرام


http://www.point-fort.com

مشيت بش ناكل صحن كفتاجي في البلاد العربي. قعدت في طاولة وحدي و جاء شاب في العشرينات قعد قدّامي. بعد دقائق من الصّمت، غزرلي و قالّي

سامحني خويا، بش نقلّك حاجة، راهي الماكلة بلّيسار حرام.

عندي مدّة ماسمعتش الملاحظة هذي إلّي كانت في العادة تنرفزني. جيت بش نجاوبو، شفتو عامل لحية قصيرة ولابس خاتم السّنّة، قلت بش نقعد نكسّر في راسي. أيّا يخّي سي الشّباب تحسّ كي طفّيتو وقالّي

مش على حاجة راهو، أما آنا هكّا قالولي أهل العلم و العلم للّه. على خاطر اليد إلّي تاكل هذيكه إلّي تستقبل الملايكة و اليسار حاشاك نتوضّاو بها

ربي خلقنا بزوز يدين، و حطّ اليسار مع القلب.

غزرلي بإمتعاض: شنوّه قلب، آنا نقلّك ملايكه و إنت تقلّي قلب؟

لوكان ماجاش القلب إلّي يضخّ الدمّ رانى مانتحركوش. و أهل العلم قالوا إلّي اليساري تركيبة مخّو مختلفة.

فسّرتلو إلّي المخّ مقسوم في زوز، و كلّ قسم عندو خاصّياته و الأدوار تختلف عند اليساريين إلّي ماختاروش بش يكونوا هكّاكا، يعني ربّي خلقهم هكّاكا. و العلماء يقولوا إلّي كي تجبر الصّغير اليساري بش يستعمل يد ّو ليمين، يولّي يوكوك، ينسى فيسع و ينجّم ما ينجحش في قرايتو.

خز رلي و قالّي: انا كنت ناكل بلّيسار و علّموني ناكل بلّمين. عندي التوكويك ساعات، آما هاذيكة سلالة من عند ربّي.

سكت شوية و مبعد قالّي خوذ شويّة حوت. مدّيت ييدي اليسار و نحّيت شويّة حوت من الصّحن إلّي قدّامو.

dimanche 12 juin 2011

Les Hutus et Tutsis de Metlaoui


À peine arrivé en Tunisie, je suis parti à Metlaoui. Je voulais comprendre ce qui s’était passé et éventuellement filmer des témoignages. Nous arrivons à midi dans une ville fantôme. Les magasins, cafés et restaurants sont fermés bien que le couvre feu ne commence qu’en fin d’après-midi. Un tank et deux camions de l’armée sont postés à l’entrée de la ville donnant l’impression de s’engouffrer dans une ville assiégée. Devant le lycée secondaire, encore un autre tank et des camions de l’armée, avec cette fois une fourgonnette de la police, quadrillent l’entrée. Les lycéens sont en train de passer l’épreuve du bac. Nous arrêtons au seul café ouvert et très vite j’engage la discussion avec le serveur qui n’a pas hésité à me relater des faits, mais quand j’ai demandé de le filmer, il a hésité et est allé me chercher quelqu’un qui pourrait accepter de témoigner devant une caméra. Un jeune homme assez costaud mais trapu dans la trentaine sort du fond du café où il discutait avec des amis et vient s’installer à notre table. Il porte le maillot du club africain. Il prend une longue bouffée de cigarette et me dit :
« Regarde, je vais t’expliquer ce qui s’est réellement passé. »
Je l’interromps pour demander de le filmer en lui expliquant que je ne suis ni journaliste ni flic, que je suis un simple blogueur. Il ne comprend pas le mot blog expliqué en arabe et en français, je glisse le mot Facebook et là, il me dit qu’il a demandé un visa allemand et qu’il attend la réponse et ne veut donc pas que son témoignage compromette le processus d’octroi. Je n’insiste pas plus.
Il m’explique que la source du problème, c’est les Jridiya, la minorité qui constitue 10% de la population, qui est originaire de Tozeur et qui détient tous les postes clés dans les mines de phosphate et pour cette raison, ceux-ci préfèrent engager leurs proches. Il m’explique qu’eux, les Ouled Bou Yahia qui sont autour de 45 000, vivaient bien avant l’arrivée des Jridiya, du temps où il y avait des Tunisois, Sfaxiens, Libyens, Algériens et Français. Mais depuis l’arrivée des voisins Jridiya, les choses ont changé. Ces derniers se sont accaparés de tout. Après, il me dit que c’est Tozeur qui a alimenté cette haine et ces affrontements parce que ses habitants, des Jridiya, ne veulent pas que la région de Metlaoui et de tout Gafsa se développe au détriment de la leur, étant donné que le chemin qui mène à Tozeur passe par Metlaoui. Je prends tout ce qu’il me dit avec des pincettes. Il insiste pour me dire que le RCD n’a rien à voir dans cette affaire, que ce sont les Jridiya qui les ont poussés à agir. À ma question sur le nombre de victimes dans chaque partie adverse, il me dit qu’il y a eu plus de morts du côté des Jridiya officiellement, mais qu’il ne faut pas s’arrêter là, qu’il y a eu quelques morts qui ne sont ni Jridiya ni Ouled Bou Yahia et que donc cela ramène le nombre de victimes à égalité dans les deux camps. Je me détache un peu de lui et je me tourne vers le jeune homme de 18 ans qui est assis derrière moi et qui écoutait tout. Le jeune, tout enflammé qu’il est, s’approche de moi et m’avoue à mi-voix que n’eut été la présence des forces de l’ordre, ils auraient massacré les 4000 Jridiya. L’idée semble le réjouir. Il me dit que les Jridiya depuis ont très peur et se terrent chez eux. À ma question si oui il peut reconnaître un Jridi physiquement, il me répond spontanément :
« Oui bien sûr, regarde, les Jridiya sont faciles à détecter. Ils ont les cheveux crépus, le teint foncé et les yeux marrons, alors que nous, nous sommes propres, nous avons la peau blanche, les yeux clairs et les cheveux lisses. »
Les autres jeunes sont venus exhibés fièrement leurs trophées sur leurs portables où ils ont filmé des scènes de lynchage. Ils m’ont dit qu’ils ne veulent pas les mettre sur Facebook pour ne pas se faire repérer.
N’ayant pas pu interroger des Jridiya de Metlaoui, nous sommes allés à Tozeur et là la version change. Tout d’abord, des affiches avec une date passée sont postées à l'entrée d'un grand magasin pour organiser un bus de nourriture destiné aux Jridiya de Metlaoui qui ne peuvent pas sortir. On me dit que sur Facebook circule une vidéo qui montre le bus et dont le commentaire laisse croire que les gens de Tozeur se mobilisent pour aller faire la guerre aux Ouled Bou Yahia. Selon les quelques Jridiya que j’ai pu interroger, le problème n’est pas du tout ethnique. Après tout, me dit un employé d’hôtel de 45 ans, les familles sont mélangées et il n’y a jamais eu de rivalité. Il confirme que quelques directeurs de mines sont des Jridiya mais pas exclusivement et nie toute préférence à l’emploi en faveur des Jridiya. Selon lui, le problème a été alimenté par les anciens du régime qui veulent garder leurs richesses et la mainmise sur tous les secteurs. Il me dit que les Jridiya à Metlaoui n’ont pas peur et que les tueurs sont allés se réfugier dans les montagnes.
Décidément, pour bien comprendre ce qui s’est passé, et ce qui se passe encore, il faudrait mener une large enquête, ou un reportage d’investigation, aller dans les mines, voir les fiches des travailleurs, comparer, parler avec eux, interroger les directeurs, aller dans les quartiers brûlés des Jridiya de Metlaoui, etc. ou alors créer un camp militaire comme me l'a suggéré une amie et y mettre des Jridiya et des Ouled Bou Yahia pendant 6 mois pour qu'ils apprennent à vivre ensemble.
Malheureusement, je n’avais ni le temps ni la préparation pour effectuer ce genre d’investigation. J’ignore si des journalistes ont déjà mené ce genre d’enquête, mais une chose est certaine : la haine est toujours là et le sentiment de vengeance est à son comble. Si une action politico-sociale n’est pas prise sur le champ, les affrontements reprendront de plus belle.

mercredi 25 mai 2011

الخوف من النساء؟


The Enigma of Desire - My Mother, Salvador Dali, 1929

في الصومال شدّوها على خاطر لابسة بوسطو متاع الغرب بعد ماأجبروها باش تنقّز. في مصر قصّولها العضو الوحيد إلّى تقتصر وظيفته على النشوة الجنسية. في أفغانستان رجموها لين ماتت على خاطر عملت علاقة مع راجل. في السعودية حبسوها على خاطر ساقت كرهبة. في تونس الرجال هبطوا للشوارع يحتفلوا بقرار السماح للمرأة بش تتصوّر بالحجاب في بطاقة التعريف. في اليمن عرّسولها براجل قدّ جدّها و عمرها 9 سنين، قال شنوة عندها الحيض. شنية النقطة المشتركة بين الأفعال هذى الكل؟
الإسلام؟
كره النساء؟
الخوف من النساء؟
عدم الثقة بالنفس كراجل قدّام المرا و هذاك علاش لازم عزلها و تقييدها؟
هل هي عقدة جنسية راجعة لعلاقة الراجل مع أمّو و رغبته في التخلص من جاذبية جنسية في اللاوعي تخلّيه ماتعدّاش مرحلة الرضاعة و تولّد عندو رغبة الإنتقام من النساء لخرين لتحويل الوجهة عن الأم؟
ولّا هيّ علامات التقهقر و الإحتضار الحضارى؟