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jeudi 7 février 2013

Ça brasse en Tunisie!


Chez le dentiste:
- Ça brasse en Tunisie!
- Oui, vous suivez l'actualité?
- Un peu. En fait je voulais y passer mes vacances, mais là...
- Ça bouge un peu, mais ce n'est pas si terrible que ça. Les zones touristiques sont épargnées.
- Justement, je n'ai pas envie de faire ce genre de tourisme. Je veux voir la société, vivre la culture... Je pense que je vais aller au Maroc plutôt. Ouvrez la bouche SVP!

vendredi 24 août 2012

Bienveni en Tinisie 2



© Alé Abdalla

Atterrissage sec, bouffée de chaleur charriant une canicule agréable à mon cœur. Fruits excessivement chers, taxistes maugréant, Burkinis mauves moulants, haleines de cheval, fumeurs entassés dans les cafés malgré la circulaire, raisins exquis, poisson frais, épaule contre épaule au marché central, interminables Klaxons, pickpockets tailladant les sacs à mains, graffitis contre graffitis, guerre idéologique, ponts décapés de leur couleur mauve, drapeaux géants remplaçant le portrait du pharaon gominé, présence formelle de flics, chiens errants, odeurs de pisse et de naphtaline, visages tannés et traits alourdis par le temps, bourgeois méfiants et barricadés, mendiantes avec bébés somnolents, bolides qui passent à 180 à l'heure, piétons sur la chaussée, voitures sur le trottoir, balafrés se tripotant la bite à chaque passage clitoridien, barbus se tripotant la barbe pour se rapprocher de dieu, touristes perplexes devant le jeûne imposant, rues désertes à l'approche de la rupture, lecture de coran diffusée à tue-tête hors des mosquées, Taxiste mélomane courtois, majestueuse méditerranée légèrement plissée, voyous en bande, jeunes femmes engantées, morceaux de verre polis par les vagues éternelles, détritus jonchant les rochers, plats exaltants, fou rire, crise de nerfs, à l’approche de la rupture, tout le monde se terre.
Plage, haut lieu social où trébuchent toutes les pratiques. Deux heures avant la rupture : des jeunes jouent au beach-ball; une mère jette la couche de son bébé juste à côté; n’eut été l’amortissement du sable, la couche aurait rebondi et serait venue s’installer confortablement sous mon parasol. Une famille d’Allemands se prélasse au soleil en regardant leurs enfants construire des châteaux de sable; deux quadragénaires bedonnants sortent lentement de l’eau dans un geste bien rodé afin d’économiser le plus d’énergie et de tuer le temps qui reste avant de se remplir la panse; une jeune mère en petite robe transparente, qui laisse voir un bikini rose, excite ainsi au passage les quelques yeux baladeurs. Elle est venue avec son esclave, une jeune femme aussi dans la fin vingtaine toute habillée. Elle lui laisse son bébé et part se baigner, revient, reprend le bébé et repart dans l’eau. La boniche-esclave se met instantanément debout et les surveille comme un chien qui monte la garde. Il n’est pas question de se baigner, elle est en service. Régulièrement, elle lance des regards furtifs vers la famille d’Allemands. Elle cherche peut-être à changer de propriétaire, qui sait. Un jeune couple d’Italiens passe, main dans la main, la fille porte bien un mini-bikini laissant paraitre des fesses parfaites. Deux grosses femmes voilées la lorgnent avec haine, puis font mine de regarder dans le vide, mais dans la même direction, comme si le vide pour elles se situait au même endroit.
La plage se vide des femmes, à mesure que l’heure de la rupture approche. Les connasses consentantes, des êtres réellement inférieurs aux hommes comme le mentionne le texte sacré auquel elles adhèrent sans broncher, partent préparer le festin. Les pères continuent à jouer avec leurs fils. Un couple profite de la désertion en masse pour se rapprocher plus dans l’eau. Le calme règne désormais sur la plage. L’ordre divin d’aller manger est tombé. La plage est magnifiquement calme, la mer est majestueusement vierge. Un moment paradisiaque qui ne dure qu’une heure, le temps que le troupeau ingurgite les bricks, chorbas, loubias et pastèques. Les bedonnants reprennent leur marche encore plus lourde désormais. Les gamins ressortent, les couches sont jetées, les bouteilles de plastique aussi, les emballages de toute sorte de pourriture. Il est temps de partir.

lundi 18 juillet 2011

Liberté pour tous

J'ai pris un café avec lui, 24h avant son arrestation. Je venais de le connaître et j'ai trouvé en lui cette fougue que les jeunes étudiants ont, cette détermination à aller de l'avant. Nous avons discuté de tout, mais surtout de politique et de symboles, je l'ai provoqué sur tous les symboles, politiques et sacrés, et je n'ai trouvé qu'un esprit vif, toujours prêt à discuter, sans juger ni exclure l'autre. J'ai pris l'avion, tout content de laisser des jeunes «révolutionnaires». Ces jeunes sont aujourd'hui en prison. Nous n'avons pas fini avec la dictature. Liberté pour Souhaieb Tarhouni et les détenus d'opinion.

mardi 12 juillet 2011

الروثة التونسية

ضع الكلمة المناسبة في المكان المناسب: تونس عرفت : 
ثورة
ثروة
ورثة
روثة (بالدارجة كاكا

mercredi 22 juin 2011

الخلّاص و العشرة فرنك

ركبت في الكار. جاء سي الخلّاص، قالّي دينار و أربعين، مدّيتلو دينار و ميا. يخّي رجّعلي 50 فرنك و مشى.
ـ سامحني خويا.)طفّاني(، سامحني، يخّي مش قتلي دينار و أربعين؟ مالى ناقص 10 فرنك.
كي سمعني شنّعتها و العباد الكلّ  سمعوني، تلفّتلي و قالّي بكل محقرانيّة و و قاحة:
ـ تي على 10 فرنك قلبت الدنيا؟ هاي 10.
و رمى العشرة في يدّي و تهكّم.
ـ إين نعم، على 10 نقلب الدنيا، ماهمش فلوس؟ و إنت بانى حق تحطّها في جيبك. و تعمل هكّاكه مع 50 واحد في النّهار، قدّاش إطّلّع في اللّخّر؟
الرّاجل بدى يتسومم و قالّي برّى إشكي. إينعم، نشكي بيك على 10 فرنك. غزرلي:
ـ يخّي حاكم إنت؟
ـ علاه، ما فمّا كان الحاكم يشكي؟ آنا مواطن نعرف حقوقي.
كي شافني لساني طويل و جايب ما عندي على 10 فرنك، دوّر وجهو و مشى. تلفّتت للنّاس إلّي بجنبي، و أغلبيّتهم عمّال في المعامل، و حسّيت بنظرة مساندة )ممكن فمّا فيهم إلّي يضحك عليّ، أما حسّيت إلّي فرهدتلهم على قلوبهم(. كي جات المحطّة متاعي و عرفوني مانركبش ديما فالكار، و لّا راني ولّيت مهبول، قالولي هاذية المحطّة متاعك.
نجيوا توّة للتّفسير باش مايفهمني حدّ بالغالط. علاش شدّيت صحيح في 10، إلّي في العادة التاكسيست نخلّيلو 500 بوربوار؟ على خاطر السّيّد حبّ يطفّي الضّوء. و كان قالّي ماعندوش صرف السّماح. و حبّيت عالمبدأ نورّيه إلّي ماينجّمش يقلب النّاس هكّاكه. كلّمتو بكلّ هدوء ماللّول، اما كي رمالي ال10 و يتهكّم، و قتها هبلت عليه. كنت إنّجّم نطفّي الضّوء، يخّي 10 فرنك بش تزيد فيّ حاجة.

lundi 13 juin 2011

الماكلة بليد ليسار حرام


http://www.point-fort.com

مشيت بش ناكل صحن كفتاجي في البلاد العربي. قعدت في طاولة وحدي و جاء شاب في العشرينات قعد قدّامي. بعد دقائق من الصّمت، غزرلي و قالّي

سامحني خويا، بش نقلّك حاجة، راهي الماكلة بلّيسار حرام.

عندي مدّة ماسمعتش الملاحظة هذي إلّي كانت في العادة تنرفزني. جيت بش نجاوبو، شفتو عامل لحية قصيرة ولابس خاتم السّنّة، قلت بش نقعد نكسّر في راسي. أيّا يخّي سي الشّباب تحسّ كي طفّيتو وقالّي

مش على حاجة راهو، أما آنا هكّا قالولي أهل العلم و العلم للّه. على خاطر اليد إلّي تاكل هذيكه إلّي تستقبل الملايكة و اليسار حاشاك نتوضّاو بها

ربي خلقنا بزوز يدين، و حطّ اليسار مع القلب.

غزرلي بإمتعاض: شنوّه قلب، آنا نقلّك ملايكه و إنت تقلّي قلب؟

لوكان ماجاش القلب إلّي يضخّ الدمّ رانى مانتحركوش. و أهل العلم قالوا إلّي اليساري تركيبة مخّو مختلفة.

فسّرتلو إلّي المخّ مقسوم في زوز، و كلّ قسم عندو خاصّياته و الأدوار تختلف عند اليساريين إلّي ماختاروش بش يكونوا هكّاكا، يعني ربّي خلقهم هكّاكا. و العلماء يقولوا إلّي كي تجبر الصّغير اليساري بش يستعمل يد ّو ليمين، يولّي يوكوك، ينسى فيسع و ينجّم ما ينجحش في قرايتو.

خز رلي و قالّي: انا كنت ناكل بلّيسار و علّموني ناكل بلّمين. عندي التوكويك ساعات، آما هاذيكة سلالة من عند ربّي.

سكت شوية و مبعد قالّي خوذ شويّة حوت. مدّيت ييدي اليسار و نحّيت شويّة حوت من الصّحن إلّي قدّامو.

dimanche 12 juin 2011

Les Hutus et Tutsis de Metlaoui


À peine arrivé en Tunisie, je suis parti à Metlaoui. Je voulais comprendre ce qui s’était passé et éventuellement filmer des témoignages. Nous arrivons à midi dans une ville fantôme. Les magasins, cafés et restaurants sont fermés bien que le couvre feu ne commence qu’en fin d’après-midi. Un tank et deux camions de l’armée sont postés à l’entrée de la ville donnant l’impression de s’engouffrer dans une ville assiégée. Devant le lycée secondaire, encore un autre tank et des camions de l’armée, avec cette fois une fourgonnette de la police, quadrillent l’entrée. Les lycéens sont en train de passer l’épreuve du bac. Nous arrêtons au seul café ouvert et très vite j’engage la discussion avec le serveur qui n’a pas hésité à me relater des faits, mais quand j’ai demandé de le filmer, il a hésité et est allé me chercher quelqu’un qui pourrait accepter de témoigner devant une caméra. Un jeune homme assez costaud mais trapu dans la trentaine sort du fond du café où il discutait avec des amis et vient s’installer à notre table. Il porte le maillot du club africain. Il prend une longue bouffée de cigarette et me dit :
« Regarde, je vais t’expliquer ce qui s’est réellement passé. »
Je l’interromps pour demander de le filmer en lui expliquant que je ne suis ni journaliste ni flic, que je suis un simple blogueur. Il ne comprend pas le mot blog expliqué en arabe et en français, je glisse le mot Facebook et là, il me dit qu’il a demandé un visa allemand et qu’il attend la réponse et ne veut donc pas que son témoignage compromette le processus d’octroi. Je n’insiste pas plus.
Il m’explique que la source du problème, c’est les Jridiya, la minorité qui constitue 10% de la population, qui est originaire de Tozeur et qui détient tous les postes clés dans les mines de phosphate et pour cette raison, ceux-ci préfèrent engager leurs proches. Il m’explique qu’eux, les Ouled Bou Yahia qui sont autour de 45 000, vivaient bien avant l’arrivée des Jridiya, du temps où il y avait des Tunisois, Sfaxiens, Libyens, Algériens et Français. Mais depuis l’arrivée des voisins Jridiya, les choses ont changé. Ces derniers se sont accaparés de tout. Après, il me dit que c’est Tozeur qui a alimenté cette haine et ces affrontements parce que ses habitants, des Jridiya, ne veulent pas que la région de Metlaoui et de tout Gafsa se développe au détriment de la leur, étant donné que le chemin qui mène à Tozeur passe par Metlaoui. Je prends tout ce qu’il me dit avec des pincettes. Il insiste pour me dire que le RCD n’a rien à voir dans cette affaire, que ce sont les Jridiya qui les ont poussés à agir. À ma question sur le nombre de victimes dans chaque partie adverse, il me dit qu’il y a eu plus de morts du côté des Jridiya officiellement, mais qu’il ne faut pas s’arrêter là, qu’il y a eu quelques morts qui ne sont ni Jridiya ni Ouled Bou Yahia et que donc cela ramène le nombre de victimes à égalité dans les deux camps. Je me détache un peu de lui et je me tourne vers le jeune homme de 18 ans qui est assis derrière moi et qui écoutait tout. Le jeune, tout enflammé qu’il est, s’approche de moi et m’avoue à mi-voix que n’eut été la présence des forces de l’ordre, ils auraient massacré les 4000 Jridiya. L’idée semble le réjouir. Il me dit que les Jridiya depuis ont très peur et se terrent chez eux. À ma question si oui il peut reconnaître un Jridi physiquement, il me répond spontanément :
« Oui bien sûr, regarde, les Jridiya sont faciles à détecter. Ils ont les cheveux crépus, le teint foncé et les yeux marrons, alors que nous, nous sommes propres, nous avons la peau blanche, les yeux clairs et les cheveux lisses. »
Les autres jeunes sont venus exhibés fièrement leurs trophées sur leurs portables où ils ont filmé des scènes de lynchage. Ils m’ont dit qu’ils ne veulent pas les mettre sur Facebook pour ne pas se faire repérer.
N’ayant pas pu interroger des Jridiya de Metlaoui, nous sommes allés à Tozeur et là la version change. Tout d’abord, des affiches avec une date passée sont postées à l'entrée d'un grand magasin pour organiser un bus de nourriture destiné aux Jridiya de Metlaoui qui ne peuvent pas sortir. On me dit que sur Facebook circule une vidéo qui montre le bus et dont le commentaire laisse croire que les gens de Tozeur se mobilisent pour aller faire la guerre aux Ouled Bou Yahia. Selon les quelques Jridiya que j’ai pu interroger, le problème n’est pas du tout ethnique. Après tout, me dit un employé d’hôtel de 45 ans, les familles sont mélangées et il n’y a jamais eu de rivalité. Il confirme que quelques directeurs de mines sont des Jridiya mais pas exclusivement et nie toute préférence à l’emploi en faveur des Jridiya. Selon lui, le problème a été alimenté par les anciens du régime qui veulent garder leurs richesses et la mainmise sur tous les secteurs. Il me dit que les Jridiya à Metlaoui n’ont pas peur et que les tueurs sont allés se réfugier dans les montagnes.
Décidément, pour bien comprendre ce qui s’est passé, et ce qui se passe encore, il faudrait mener une large enquête, ou un reportage d’investigation, aller dans les mines, voir les fiches des travailleurs, comparer, parler avec eux, interroger les directeurs, aller dans les quartiers brûlés des Jridiya de Metlaoui, etc. ou alors créer un camp militaire comme me l'a suggéré une amie et y mettre des Jridiya et des Ouled Bou Yahia pendant 6 mois pour qu'ils apprennent à vivre ensemble.
Malheureusement, je n’avais ni le temps ni la préparation pour effectuer ce genre d’investigation. J’ignore si des journalistes ont déjà mené ce genre d’enquête, mais une chose est certaine : la haine est toujours là et le sentiment de vengeance est à son comble. Si une action politico-sociale n’est pas prise sur le champ, les affrontements reprendront de plus belle.

jeudi 26 mai 2011

المواقع الإباحية

وقتاش بش يبدّلوا كلمات كيما قصّ، صنصر، يمنع، سكّر، خبّى، غطّى، أسكت، غلق، إلخ بكلمات كيما زيد، حِلّ، وعِّى، قوّم، إسمح، ظهّر، ورِّى، تكلّم، إفتح. موش كان يحلّوا فضاء ات ثقافيّة خير ملّى يسكّروا المواقع الإباحية إلّى أيّ واحد ينجّم يحلّها؟

mercredi 11 mai 2011

TAKRIZO ERGO SUM!



Même si je ne partage pas tout ce qu'il dit et fait, je dois au groupe Takriz beaucoup de choses. Pionnier de la cyberdissidence en Tunisie, il était aussi le premier à subir la censure sous le dictateur, maintenant il la subit sous la dictature provisoire (qui dure). J'ai maintes fois voulu écrire à propos de ce groupe dont le modus operandi m'intrigue et le positionnement idéologique est digne d'une étude approfondie en sociologie ou en sémiologie. Je le ferais un jour peut-être, mais en attendant, je suis solidaire avec Takriz et je dis: TAKRIZO ERGO SUM!



mercredi 20 avril 2011

Je suis arabe, mais...



La calligraphie est de Hassan Massoudy, 1984.

Je suis arabe, et le fado m’émeut, les mets peuls m'émoustillent

Je suis arabe, et la sagesse hindoue m’interpelle, la Natura rerum des Inuits, Cris, Incas et Aztèques m’enchante

Je suis arabe, et la philosophie allemande me fait réfléchir, la sensualité méditerranéenne m’enivre

Je suis arabe, et Thomas Sankara me montre un modèle, la discipline japonaise m’impressionne

Je suis arabe, et le savoir vivre italien m’inspire, la culture française m’occupe

Je suis arabe et la passion brésilienne me touche, la révolution tranquille des Québécois me donne de l’espoir

Je suis arabe et le cinéma italien, français, brésilien, japonais, burkinabé, méditerranéen et allemand me montre le sublime chemin, la mer caribéenne, rouge, méditerranéenne, pacifique, atlantique me contient et m’absorbe dans son utérus.

Je suis arabe et point, ce n’est pas tout.