vendredi 21 janvier 2011

La Révolution de Sidi Bouzid... à Sidi Bousaïd

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La dernière pièce de Jaïbi l’avait prédite,

Ce n’est plus Théâtre qui imite Réalité, mais bien Réalité qui concrétise celui-ci et le met en scène.

Révolution du jasmin disent certains,

Révolution des Libres disent d’autres,

Peu importe Nom de baptême, Révolution a lieu et se poursuit tel Raz-de-marée, Déferlante, Tsunami qui emporte avec lui Banditisme d’État.

Tout n’a pas commencé par Bidon d’essence, mais bien par Dissidence diffuse et toujours là, matée, infiltrée, harcelée, emprisonnée, torturée.

Après Tracts, vient Web qui propage Graine de Résistance.

Webzines, Blogging, Caricatures, Twitter, Facebook, Wikileaks. Quelque chose se prépare.

Puis, tombe Goutte d’essence qui fait brûler Vase, qui fait remonter Vase et Bouse à la surface.

Confiscation, Mépris, Gifle, Humiliation. Suicide politique marque Révolution citoyenne.

Attroupement devant Municipalité, Mécontentement auquel répond Mépris sadique,

Colère à laquelle répond Répression policière tyrannique,

Protestation et Révolte.

Nom de Sidi Bouzid! Saint du père de Zid, zid comme l’impératif rajoute, encore,

- Frappe-moi encore, vas-y, je ne fléchirai guère devant ta matraque et tes bombes lacrymogènes. Mes larmes coulent déjà et rien ne saura les arrêter. Clame fièrement et fermement Population indignée du Saint du père qui en rajoute.

Révolte est contagieuse, dit-on. Localités du centre ouest s’embrasent tel un Bouazizi, Père de mon chéri.

Chéries soient-elles ces prémices, Offrande à la Divinité de la Révolte.

Germe.

Gouvernement nullement inquiet, trop occupé à amasser Richesses. Voilà un autre Redeyef, se disent Charognards.

- Matez-moi cette bande de voyous, mettez-les en prison, tabassez-les et s’il le faut, tuez-les! Oui, chargez et tirez! C’est la seule solution pour que les autres se calment.

Poudrière si bien transportée par Vent de révolte,

Révolte essaime et devient Insurrection qui devient Soulèvement qui devient Révolution.

- Chargez! Tirez! Visez Tête et Cœur! Faut arrêter ces minables! Ils font chier! Sors, maintenant! Je veux que ça se calme! Momie est fâchée.

- Les foyers de résistance se multiplient. Selon nos sources, le vent de la révolte risque de contaminer tout le pays.

- Mais tirez, bon sang!

Gorges étouffées,

Yeux enflammés,

Membres violentés par Coups de matraque,

Cœur percé par Balle,

Tête transpercée par Balle,

Sang gicle,

Cervelle déchiquetée,

Œil crevé,

Membres amputés,

Morts,

Cadavres,

Morgues pleines,

Médecins débordés,

Mères éplorées,

Cercueils pris d’assaut,

Funérailles mitraillées,

Cadavres criblés,

Corps chassés comme Gibier,

Âmes pourchassées comme Sorciers.

Tristesse, Amertume, Colère, Rage, Révolte, Protestation, Révolution,

Slogans politiques scandés, Régime visé, Clan mafieux injurié,

Défoulement pacifique auquel répond Sifflement de balles.

Gens indifférents commencent à s’inquiéter,

Claviers et Écrans percés par Vidéos partagées sur Facebook,

Téléphones portables transformés en outil de guerre,

Citoyens devenus Reporters de guerre.

Médias muselés restent coïs,

Intellectuels matérialistes indifférents,

Artistes suceurs étouffés par Sidi Bouzoïde,

D’autres artistes honnêtes défient Ordre et manifestent sous Coups de matraque, Politichiens malhonnêtes – pléonasme – crient au complot terroriste et fustigent Voyous motivés par on ne sait quel dessein.

Président Mauvutu inquiet parle comme Automate débile à Population incrédule, menace et vocifère, des phrases vides.

Cadavres s’entassent,

Manifestations de plus en plus nombreuses,

Policiers dressés comme chiens pour tuer,

Armée intervenue pour protéger Citoyens,

Chef d'état-major limogé,

Répression s’intensifie et Révolte aussi.

Gens de moins en moins indifférents, de moins en moins peureux, d’autres ont encore peur de cliquer sur une vidéo et de la partager, se terrent chez eux comme Rats d’égout en temps de Déluge.

Révolution!

Pays nordiques, merdiques, cyniques et collaborateurs, ne voyant dans cette peuplade qu’Êtres religieux doués de fanatisme.

Révolution autonome.

Automatisme psychique de Population lucide.

Régime balbutie, se rétracte.

- Je vous ai compris, emprunté de chez les Gaulois à coup de million.

Il n’a rien compris.

Actions vendues en masse, Partie du clan prend Fuite.

Début de Fin, Fin de Faim!

Résistance, Révolution!

DIGAGE! DIGAGE!!!!!!

Policiers désemparés, frappant et tirant sauvagement.

Population se meut en un seul corps défendant.

Troupeau de bisons qui, face à Attaque de Félin, se rend compte de son nombre et de sa force et décide de lui faire face. Félin égorgé.

Armée fébrile fait un pas avec Troupeau révolté.

- On te laisse partir d’ici avec tes richesses. C’est ton seul choix, sinon on te liquide tout de suite, parce que Américains pas contents!

Avions affrétés, Hauts cadres du RCD complices préparent Fuite du maréchal et sa famille et tentent de rester au pouvoir. Ghannouchi fourbe et menteur s’autoproclame président, connards du RCD continuent à parader au sein du gouvernement,

Connards de cafteurs retournent leur veste et crient victoire,

Connards d’indifférents s’approprient Révolution,

Connards de peureux jouent au coq, maintenant que Chien est parti,

Connards de barbus lobotomiseurs, complexés du tuyau osent dire que leur fascisme était Essence de Révolution et appellent à l’instauration d’un État fasciste plus totalitaire que son prédécesseur, où Moitié de Société serait réduite à Vagin matable, lapidable, où Hôtels se transformeraient en Mosquées orgiaques sans touristes, où ...

Connards d’intello de pacotille préparent des livres encensant Révolution, alors que jadis ils applaudissaient Maréchal Mauvutu,

Individus sans aspect se découvrent Talents d’analystes politiques,

Défoulement, Insultes, Expiation, Catharsis.

Connards de vendus au RCD préparent déjà leurs langues au prochain, Anulinguistes confirmés.

PDG chassés par Employés révoltés.

Vive Révolution de Sidibouzid, c’est comme ça qu’il faut l’appeler, et vive Liberté, pour ceux qui savent respecter celle des autres.

lundi 17 janvier 2011

Il fait -29, mais je suis libre

Ce matin, par un temps polaire de -29, j’ai commencé à déneiger la voiture, tâche ingrate d’habitude, sans bonnet et avec un large sourire, quand le voisin qui fumait sa cigarette au balcon m’a interpellé:

- Hey! Bonjowur!

- Bonjour, ça va? J’ai répondu toujours avec le même sourire figé, comme si j’allais poser devant un photographe.

- I fait pas chaud, hein?

- C’est pas grave.

Il m’a regardé tout étonné et s’est vite tourné vers sa cigarette. Il ne savait pas que j’étais enfin devenu libre.

dimanche 16 janvier 2011

La Révolution est en marche, ne l'arrêtez pas!



URGENT

Concitoyens!

La Révolution n'est qu'à son début et pour ne pas la faire avorter, il ne faut pas tomber dans la barbarie, les règlements de compte et le lynchage public. Laissez la justice faire son travail en temps et lieu et pensez à votre propre sécurité et à celle de votre entourage (Besoins physiologiques, besoins de sécurité - La pyramide des besoins selon Maslow-). Commencez à bâtir votre nouvelle société civile qui ne naîtra pas du jour au lendemain. Acceptez le nouveau gouvernement de salut, il n'est que provisoire et préparez-vous pour les vraies premières élections bientôt (Besoins d'appartenance, besoins d'estime et besoins de réalisation - La pyramide des besoins selon Maslow-).





Photo prise de : http://thalasolidaire.over-blog.com/25-categorie-11764639.html



Lettre d'un ami Roumain

Il se passe trop de choses en ce moment et je ne sais pas quoi dire. Je publie donc la lettre d'un ami roumain qui l'a envoyée à quelques uns de ses amis tunisiens, telle quelle:

Je suis comme tout le monde les mouvements de révolte dans votre pays et j'espère que la violence et la colère laisseront place rapidement à la pensée raisonnée et aux actions intelligentes qui s'imposent dans ces moments de crise. Je ne peux m'empêcher de penser à la révolution Roumaine de 1989 qui a commencé pareil, par un élan populaire, par l'espoir d'une poignée de jeunes qui sont sortis dans la rue pour dire C'EST ASSEZ. De la même manière, les Roumains ont cru à la spontanéité de leur révolte et de la même manière l’enthousiasme les a embrasés et les a rendus plus forts et plus convaincus qu'il peuvent réaliser ensemble n'importe quel exploit. L'enthousiasme les a rendus malheureusement également moins vigilants et ils ont mis toute cette force et toute cette énergie dans les mains de la première personne qui est venue leur dire qu'il peuvent construire une nouvelle Roumanie. sans se questionner sur le passé de cette personne ou sur la vérité de ses propos. Comme la Tunisie, la Roumanie avait une situation macro économique très avantageuse au moment de la révolution: aucune dette externe et une industrie boiteuse il est vrai mais qui aurait pu être facilement restructurée. La suite on la connait. Les anciens loups déguisés en agneaux du renouveau ont tout mis en pièces et se sont bâti les plus grandes fortunes du pays. Privatisation à grande échelle: la flotte commerciale, la société de l'exploitation du pétrole, l'industrie de l'automobile, etc tout y est passé pour des prix dérisoires et de grosses commissions ont rempli les poches de ceux qui se sont chargés à 'reconstruire' la Roumanie. Je me suis éparpillé un peu mais tout ça pour vous dire que j'espère de tout mon coeur que l'enthousiasme qui habite maintenant chacun de vous sera bien acheminé et construira, comme quelqu'un disait sur Radio-Canada, cette Tunisie, modèle d'ouverture et de démocratie pour tous les pays du Maghreb et de l'Afrique.

samedi 8 janvier 2011

Louage, discours du président et vérité

Il y a quelques années déjà, je prenais le louage de Tunis en direction de Kélibia. Nous n’étions pas loin d’une dizaine de personnes et le chauffeur avait allègrement réglé la fréquence FM sur la nouvelle station de radio de laquelle une musique pop de tous bords était diffusée, quand, tout à coup, tout fut interrompu par les nouvelles. Et après quelques phrases déclamées d’une façon dynamique qui reflétait le style de la station, la voix du président prit place pour une diffusion intégrale de son discours. Je sentis, à ce moment-là, le malaise du chauffeur qui n’osait ni changer de station ni baisser le volume de peur d’être dénoncé par un des passagers. Ce qui me fit penser à des discussions avec des amis roumains qui vécurent sous l’ère Ceauşescu et qui me racontaient le climat de surveillance, de peur et de méfiance qui régnait au sein même de la famille. Quelques minutes passèrent comme des siècles et, exaspéré par ce discours monotone et surtout par la vacuité des phrases récitées, je pris la décision d’agir. Je demandai alors gentiment au chauffeur, mais à haute voix, puisque j’étais assis en arrière, de baisser le son. Ce dernier me jeta un regard mêlé de crainte et de délivrance, comme pour dire à tout le monde qu’il n’était aucunement responsable de cet acte et il baissa le volume jusqu’à ce qu’il fût à peine audible. Cependant, tout le long du trajet, personne ne prononça un mot et le chauffeur n’osa plus toucher sa radio comme si elle était électrifiée. En arrivant à Kélibia, les passagers se pressèrent de descendre et deux d’entre eux se mirent dans un coin derrière la voiture de louage et prirent soin de bien me dévisager. Cette scène-là me revient aujourd’hui, et je me pose la question si, dans l’état actuel des choses, un tel geste aurait autant d’impact sur l’esprit des gens ou pas.

vendredi 7 janvier 2011

Puissance de l’impuissance

Je suis triste

Je suis révolté

Je suis enragé

Je vais exploser

Mais devant mon impuissance,

Je me replie sur ma pauvre tristesse

Je suis triste pour ces jeunes qui, par désespoir, s’immolent

Je suis révolté face à des arrestations abusives pour le simple motif d’avoir exprimé une opinion contraire

Je suis révolté contre un régime sclérosé, bête et pourri à l’os et qui, au lieu de garantir paix, justice et sécurité à son peuple, mobilise sa flicaille contre la masse dans le seul but de garantir paix, quiétude et richesse à une bande de voyous sans scrupules, charognards et aveuglés par le pouvoir

Je vais exploser devant cette indifférence qui frappe la majorité, le troupeau qui, tant qu’il y a un peu d’herbe à brouter, préfère courber l’échine et ouvrir le rectum

Mais comme je me sens incapable d’agir, seule ma tristesse m’ouvre les bras et, loin de me consoler, elle me jette encore dans son abysse ténébreux.