samedi 21 mars 2015

Instant magique II


Messini, village de la région de Kalamata. Tard le soir. Tentative de retour à l'hôtel en pleine campagne péloponnésienne à travers les rues sinueuses et mal indiquées. Se retrouver au bout d'une dizaine de minutes de trajet dans une impasse. Tout est noir autour et la rue s'arrête pour laisser place à un marécage. Manoeuvre de demi-tour à la lisière des roseaux et surprise. Là, au milieu du chemin, le regard soutenu d'un petit hibou. Deux ou trois minutes passent, peut-être plus et le hibou ne bouge pas. Ébloui par la lumière de la voiture, il fige, mais on aime à croire que ce regard perçant est communicatif, on aime à lui trouver un sens, car il est magique. Éteindre les lumières, le laisser s'envoler et reprendre le chemin du retour.      

jeudi 12 mars 2015

Instant magique I

Athènes, été 2012, en pleins jeux olympiques. La terrasse d'un bar. Écrans géants aux quatre coins. On y diffuse la finale des 100 mètres. Le commentateur grec crie et la foule, amassée devant le bar, arrête de respirer pendant quelques secondes, le temps qu'Usain Bolt terrasse ses adversaires et franchit la ligne d'arrivée. Jubilation! Un sentiment de fierté flotte dans l'air chez les descendants des créateurs des jeux olympiques. Instant magique.      

vendredi 26 décembre 2014

Couscous à la Barbade


Je suis en train de chercher un sentier pour accéder à la plage à travers une forêt dense et un terrain escarpé quand je tombe sur un jeune du village tenant fermement sa planche de surf et un adulte qui porte dans ses bras une petite fille. Ils me demandent si je cherche la plage et m'invitent à les suivre. En descendant la montagne, le jeune me pose des questions sur mon pays d'origine et tout le reste. Beaucoup moins orgueilleux que les adultes qui n'osent pas me demander où se trouve la Tunisie, le jeune homme s'exclame : « Wher'z dat? »... « A ' u serious? »... « You're African ? »
Il m'avoue que c'est bien la première fois qu'il rencontre un Africain. Le père de la fille a de la famille au Canada et a entendu parler du Maroc, car l'un de ses proches travaille comme chauffeur de taxi à Montréal.
On arrive à la plage, déserte et majestueuse, avec quelques vagues mais des courants intenses. On s'installe sous un cocotier penché et la discussion se poursuit sur mon pays d'origine qui semble intriguer le jeune surfeur. Je suis en train de lui parler de couscous, le plat national, quand soudain un gros pick-up aux vitres teintées surgit de nulle part. Quatre individus aux lunettes noires, probablement des touristes, portant des combinaisons hi-tech de surf, en sortent et, sans même nous prêter attention, commencent à scruter les vagues. Au bout de quelques minutes d'observations, ils remontent et font demi-tour pour aller probablement chercher un autre spot avec des vagues plus hautes. Après un moment de silence, nous reprenons paisiblement la discussion sur le couscous et le surf.       

mardi 22 juillet 2014

Solidarité ou Tribalisme?

Des civils à Gaza meurent et c'est horrible. Mais il y en a qui ont une solidarité sélective et centripète. Ils pètent juste quand il s'agit de leur «ethnie». Qu'en est-il des chrétiens d'Irak expulsés de chez eux? Qu'en est-il des Amazighs étouffés? Des syriens assassinés, des militaires tunisiens sacrifiés? Des ethnies soudanaises ostracisées et massacrées? Qu'en est-il de toutes les minorités opprimées? Femmes libres, homosexuels, noirs, juifs, roms, autochtones, amazoniens, pauvres, marginaux, athées, libres-penseurs, etc.    

mercredi 14 mai 2014

Faubourg Saint-Jean


Enfants blonds, bruns, noirs et métis marchent, courent et pédalent seuls dans la rue. Friperie devant la plus vieille église dont la cloche retentit à toutes les heures à partir de midi et le sous-sol sert de bureau de vote. Rue partagée entre piétons, automobilistes et cyclistes où la vitesse est limitée à 20km/h. Multiplex centenaires marrons, jaunes, rouges, bleus et verts. Fanfares et orchestres improvisés, petits bars plus vieux que le temps, bondés jusqu'au coeur de la nuit. Rues exiguës bordées de poteaux électriques en troncs d'arbres couplés. Chats-rois nonchalants se dandinant sur leur territoire. Jeunes-cadres-geeks-hipsters-écolos et flexitariens dans tout. Disquaires, bouquinistes, boulangers, pâtissiers, couturiers et fourreurs encore ouverts... J'aime mon quartier.       

dimanche 1 décembre 2013

Apnée


Ajustement du petit masque noir en silicone, immersion graduelle dans l’eau de la piscine légèrement plus fraîche que l’air ambiant, quelques respirations longues et place à un voyage dans les abysses de l’âme, à trois mètres de fond, calé à quelques centimètres au-dessus de la surface bleue en faïence, plus d’air, juste le silence des poumons, les mètres défilent au fil des coups de jambes, de la glisse qui suit la pulsion, des bras tendus comme sentinelle, des brasses synchronisées, moment de silence, coma idyllique, pleine conscience, état de grâce où le flow déploie ses ailes, esprit suspendu, cortex aussi, cervelet aux commandes, corps au ralenti, cœur apaisé le temps de cette immersion autotélique. 

samedi 3 août 2013

Politique et caméléons

Démagogie à deux balles des deux côtés. Non, il n'y a pas que des terroristes, paysans et opportunistes pro-gouvernements d'un côté, et il n'y a pas que des citadins bourgeois athées anti-gouvernements de l'autre. Soyons clairs, il y a un peu de tout des deux côtés, mais surtout beaucoup de cons-serviteurs des deux côtés, et en majorité, il y a des brebis qui cherchent berger pour fuir le loup des deux côtés. Sans transition, je veux sauver les caméléons lesquels sont menacés de disparition à cause de la sorcellerie et nettoyer le fond marin des ordures du pire animal sur terre tous côtés confondus. Vos suggestions et coups de main seront les bienvenus.