dimanche 15 janvier 2017

Je suis un bar-bar, un poisson ethnique

Je ne l'avais jamais lu auparavant. Je l'avais juste vu comme chroniqueur dans l'émission Kiosque sur TV5 et il m'était insipide, sans talent. Il marmonnait des phrases sans fond, creuses comme le fond de sa pensée. Je viens de tomber sur son article aussi insipide que son parallèle saugrenu entre les poissons exotiques, «insipides» et les gens venus d'ailleurs lesquels représentent une menace à cause de leur diversité.
Et bien, par syllogisme, je suis un poisson venu d'ailleurs, insipide et qui menace les poissons locaux, pleins de goût, à l'instar de ce Christian Rioux. 
Selon cette même logique, l'adjectif «ethnique» - dont ce poisson local vif et abondant affuble les humoristes et tous les figurants qui ne sont là que pour remplir un quota imposé - devient synonyme de l'Autre, le Différent, le Menaçant, le Sans-goût. Donc, d'un côté, il y aurait Le Poisson, le Modèle et, de l'autre, le poisson ethnique, une pâle copie de l'originel, un bar-bar commun, tacheté, noir, venu de Méditerranée contre le bar rayé qui a été réintroduit artificiellement dans le fleuve St-Laurent pour la pêche récréative. 
Je me permets de m'amuser de ce parallèle et de le pousser à son paroxysme:
M. Poisson Local, plein de goût! Tu es un poisson de rivière, tu ne connais pas les profondeurs des océans et leur agitation
Tu es un poisson local de surface et tu cales au moindre soubresaut marin
Tu es un poisson d'avril, tu ne peux pas tenir douze mois par année
Tu es un poisson d'eau froide et le réchauffement climatique te fait suer de peur
Reste dans ton petit bassin car tu risques de te noyer, espèce protégée!
À moins de faire baisser la température des océans, les poissons prédateurs venus d'ailleurs ne sont pas près de disparaître, alors tiens-toi à carreau, mon petit poisson local plein de goût!   
      

samedi 30 avril 2016

Le vélo et la djellaba

D'un coup, comme ça, sans prévenir, nos regards se sont croisés une fraction de seconde avant de se disperser. Il était occupé à suivre ses trois enfants tel un berger les guidant devant et moi agrippé au guidon et me frayant un chemin entre le trottoir et la chaussée. Il portait une djellaba blanche, un bonnet en dentelle et une barbe presque rousse. Sa voix n'a pas changé, aiguë et légèrement enrouée sur les bords. Moi, je portais mon casque et mon accoutrement de cycliste. Je me demande qui de nous deux a le plus changé. 
Il y a une quinzaine d'années, il est venu bosser au restaurant. J'ai tout de suite tenté de le mettre en garde contre lui-même car, avec ses chemises ouvertes et sa chaîne en or, il ne ratait pas une occasion pour draguer lourdement les jeunes serveuses. Je l'ai, plus tard, défendu quand la serveuse en chef est venue nous voir et a lancé : « Je sais maintenant pourquoi on ne vous aime pas vous, les Arabes! Vous ne savez vraiment pas vous comporter avec les femmes. Alé, tu es une exception, tu le sais. » A-t-elle dit en me regardant pour me calmer. Mon sang a bouilli au quart de tour et j'ai commencé à gueuler contre elle et à lui exiger des excuses. J'ai tout arrêté en plein rush. Il a été viré. J'ai su plus tard qu'il s'était marié pour les papiers et que le jour où il a eu sa résidence permanente, il a provoqué son épouse québécoise et a quitté la maison...
J'ai poursuivi mon chemin à vélo et lui le sien en boubou...          

lundi 25 avril 2016

Touareg

 
Touareg!
Le mot est lâché
Rien que sa sonorité renvoie à un horizon sans fin
à l'absence de frontières
à une identité qui ne peut être ni fixée 
ni gravée sur une carte nationale
C'est peut-être pour cette raison que le son de la guitare
 le rythme
 le chant qui en découlent font vibrer et remuer quelque chose de profond
 de viscéral
Regarder loin
ne se fixer nulle part
partir
revenir
repartir
ne jamais reculer
foncer
sacrifier
perdre
ne pas ponctuer
se perdre dans cette immensité
Comment peut-on venir de la Mer blanche médiane et se laisser errer
vaguer à ce mot de touareg
Ah 
c'est vrai
Au fond de cette mer
il y a un désert de sable où s'étendent jusqu'à l'infini des dunes minuscules
où l'outrage
l'étrange
l'orage
l'ogre
la rage et l'âge s'estompent
Égal
égare
orge
régal et touareg les détrônent
Il suffit de lire les mots dans un autre ordre et tout l'émerveillement ressurgit des abysses.     

dimanche 20 septembre 2015

Un éternel incompris

S'attabler, attendre le serveur qui vient, nonchalant, blasé. Demander l'assiette du pêcheur, mais le serveur entend l'assiette du bûcheron. 
- Non! le pêcheur! En le montrant sur le menu. 
- Ah! Le païchawr! 
- Oui, c'est ça, veuillez excuser ma prononciation. 
Il s'en va et revient aussitôt avec un plat sans passion composé par un cuisinier terne qui n'est là que pour payer ses factures. Manger, payer et partir, laissant las un monde insatisfait de ses propres choix, de cette prison que lui-même crée éternellement. Enfiler la seconde peau épaisse qui sache contenir la chaleur du corps face au froid du fleuve, mettre la tête sous l'eau, admirer les étoiles de mer élégamment posées au fond, les petits crabes roses, les crevettes et oursins, les teintes bleuâtres et rougeâtres qui réverbèrent dans cette immensité où se rencontrent la rivière, le fleuve et l'océan, assumer d'être un éternel incompris et vivre la liberté malgré le prix à payer...     

dimanche 28 juin 2015

الإرهاب محرك و الإسلام طاقته



  • صحيح ثمّة برشى أمراض نفسية و كبت و إنهيار عصبي و تمويلات مشبوهة و تهريب سلاح و مخدرات و مصالح سياسية و جيوإستراتيجية إلخ وراء الإرهاب. آما إلي يخلي الشيء هذا يستفحل و يولي عندو قاسم مشترك هو إيديولوجية كاملة قايمة، إسمها الإسلام:

  • قَاتِلُوهُمْ يُعَذِّبْهُمُ اللَّهُ بِأَيْدِيكُمْ وَيُخْزِهِمْ وَيَنْصُرْكُمْ عَلَيْهِمْ ﴿١٤ التوبة﴾
  • وَقَاتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ الَّذِينَ يُقَاتِلُونَكُمْ وَلَا تَعْتَدُوا ﴿١٩٠ البقرة﴾
  • فَإِنْ قَاتَلُوكُمْ فَاقْتُلُوهُمْ كَذَٰلِكَ جَزَاءُ الْكَافِرِينَ ﴿١٩١ البقرة﴾
  • وَقَاتِلُوهُمْ حَتَّىٰ لَا تَكُونَ فِتْنَةٌ وَيَكُونَ الدِّينُ لِلَّهِ ﴿١٩٣ البقرة﴾
  • وَقَاتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ سَمِيعٌ عَلِيمٌ ﴿٢٤٤ البقرة﴾
  • وَكَأَيِّنْ مِنْ نَبِيٍّ قَاتَلَ مَعَهُ رِبِّيُّونَ كَثِيرٌ فَمَا وَهَنُوا لِمَا أَصَابَهُمْ ﴿١٤٦ آل عمران﴾
  • وَقِيلَ لَهُمْ تَعَالَوْا قَاتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَوِ ادْفَعُوا ﴿١٦٧ آل عمران﴾
  • وَقَاتَلُوا وَقُتِلُوا لَأُكَفِّرَنَّ عَنْهُمْ سَيِّئَاتِهِمْ ﴿١٩٥ آل عمران﴾
  • فَلْيُقَاتِلْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ الَّذِينَ يَشْرُونَ الْحَيَاةَ الدُّنْيَا بِالْآخِرَةِ ﴿٧٤ النساء﴾
  • فَقَاتِلُوا أَوْلِيَاءَ الشَّيْطَانِ إِنَّ كَيْدَ الشَّيْطَانِ كَانَ ضَعِيفًا ﴿٧٦ النساء﴾
  • فَقَاتِلْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ لَا تُكَلَّفُ إِلَّا نَفْسَكَ ﴿٨٤ النساء﴾
  • وَلَوْ شَاءَ اللَّهُ لَسَلَّطَهُمْ عَلَيْكُمْ فَلَقَاتَلُوكُمْ ﴿٩٠ النساء﴾
  • فَاذْهَبْ أَنْتَ وَرَبُّكَ فَقَاتِلَا إِنَّا هَاهُنَا قَاعِدُونَ ﴿٢٤ المائدة﴾
  • وَقَاتِلُوهُمْ حَتَّىٰ لَا تَكُونَ فِتْنَةٌ وَيَكُونَ الدِّينُ كُلُّهُ لِلَّهِ ﴿٣٩ الأنفال﴾
  • فَقَاتِلُوا أَئِمَّةَ الْكُفْرِ إِنَّهُمْ لَا أَيْمَانَ لَهُمْ لَعَلَّهُمْ يَنْتَهُونَ ﴿١٢ التوبة﴾
  • قَاتِلُوا الَّذِينَ لَا يُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَلَا بِالْيَوْمِ الْآخِرِ ﴿٢٩ التوبة﴾
  • قَاتَلَهُمُ اللَّهُ أَنَّىٰ يُؤْفَكُونَ ﴿٣٠ التوبة﴾
  • وَقَاتِلُوا الْمُشْرِكِينَ كَافَّةً كَمَا يُقَاتِلُونَكُمْ كَافَّةً ﴿٣٦ التوبة﴾
  • يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا قَاتِلُوا الَّذِينَ يَلُونَكُمْ مِنَ الْكُفَّارِ ﴿١٢٣ التوبة﴾
  • يَسْأَلُونَ عَنْ أَنْبَائِكُمْ وَلَوْ كَانُوا فِيكُمْ مَا قَاتَلُوا إِلَّا قَلِيلًا ﴿٢٠ الأحزاب﴾
  • وَلَوْ قَاتَلَكُمُ الَّذِينَ كَفَرُوا لَوَلَّوُا الْأَدْبَارَ ﴿٢٢ الفتح﴾
  • فَقَاتِلُوا الَّتِي تَبْغِي حَتَّىٰ تَفِيءَ إِلَىٰ أَمْرِ اللَّهِ ﴿٩ الحجرات﴾
  • لَا يَسْتَوِي مِنْكُمْ مَنْ أَنْفَقَ مِنْ قَبْلِ الْفَتْحِ وَقَاتَلَ ﴿١٠ الحديد﴾
  • أُولَٰئِكَ أَعْظَمُ دَرَجَةً مِنَ الَّذِينَ أَنْفَقُوا مِنْ بَعْدُ وَقَاتَلُوا ﴿١٠ الحديد﴾
  • وَإِنْ قُوتِلْتُمْ لَنَنْصُرَنَّكُمْ ﴿١١ الحشر﴾

vendredi 26 juin 2015

حتى هوما كثرولها السياح

حتى هوما كثرولها السياح. لا يزي كفار، و زيد رمضان و هوما العرى و القرى في بلاد مسلمة، مسلّمة، مستسلمة، مسلسلة، مسلولة، مشلولة، شلولو، شلومو! آه، ما يكونوا كان اليهود و الأمريكان إلي وراء هالعملة علخاطر المسلمين عمرهم ما يعملوا هكا. هاذوكم مص ليسار، موش مص ليمين و إنشاله ديما هكا، فاهمينها لحكاية و هافمين كل شيء. الغرب غاير منّا و يحب يقسّمنا يخي ربي طاح فيه و عطاه الحس في دارنا. لوجيك.

jeudi 26 mars 2015

Instant magique III

Tunis, 5 heures du matin. Un taxi se dirige vers l'aéroport pour mettre fin à un mois de vacances, de hauts et de bas, d'émerveillement et d'énervement, d'espoir et de désillusion. Le jeune conducteur est singulièrement taciturne. Ô toi qui voyage seul! La voix de Najet Essaghira emplit l'habitacle et suspend le temps. Soudain, tout se met à défiler au ralenti, la fraîcheur typique de l'aube, les rues désertes, les magasins et restaurants encore fermés, le ciel d'un noir qui tire vers le bleu, le calme fragile et l'esprit émerveillé par cet instant magique...