jeudi 30 décembre 2010

Fantasme movuphobe

La marche du sel

Corruption

Copinage

Clientélisme

Favoritisme

Régionalisme

Vols

Détournement

Mensonges

Langue de bois

Lèche-culs

Falsification

Censure

Arrestations

Kidnappings

Torture

Tabassage

détroussement

Emprisonnement

Affaires montées de toute pièce

Agressions

Intimidations

Humiliation

Répression

Meurtres

Viols...

Une simple marche par million vers le palais de Carthage mettrait fin à tous ces termes.

mercredi 29 décembre 2010

Movutu et le téléphone

Yeux de poisson mort, regard qui tente de fixer le téléprompteur un peu trop rapide pour son cerveau de flic, ton ferme et mots martelés comme un automate. Soudain, le téléphone sonne, le regard se crispe, les mains s'agitent, il ne sait plus comment se tenir. Il avance tout le haut du corps au dessus du bureau dans l'espoir d'être plus convaincant, il se balance ensuite nerveusement sur sa chaise pour poser les coudes sur le bureau. Il jette des regards furtifs en gardant la tête immobile vers des points abstraits. Il doit se demander: « Mais... que se passe-t-il? Pourquoi m'appelle-t-on à ce moment-ci? Est-ce grave? Le peuple est-il déjà aux portes du palais? Serait-ce la fin? Viendrait-on me limoger avec des médecins comme j'ai fait avec mon prédécesseur? Et que se passerait-il après? Serais-je capable de sortir l'argent du pays et de mener une vie paisible à Malte ou à Dubaï? Irais-je en prison? Je suis dégoûté, le putain de téléphone n'arrête pas de sonner, j'ai envie d'exploser. Si je suis encore en place, je limogerai tout le monde, cette bande d'incompétents... ». Tout ce monologue s'est passé durant les minutes où il scrutait l'écran sur lequel des phrases toutes faites et apprises par coeur défilaient.

mercredi 22 décembre 2010

إنتحار جماعي

http://capcactus.blogzoom.fr/512811/SUICIDE-COLLECTIF/
حداش مليون عملوا إنتحار جماعي في نفس الوقت. العشرة إلًي قعدو طارو ملفرحة. حدً ماعاد يقلًقهم و يحسبلهم قدٌاش كسبوا قصورَه و نمورَه. لكن الفرحة ما تمّت كي شافو كميّة الجثث الموجودة في كامل البلاد و الّريحة بدات تعطي. يخّي جاوْ بش يهجّوا. مشاوْ لكلّهم للمطار بش يركبو في الطيارة الخاصّة متاحهم. المشكل إلّي الطّيارجي لقاوه ميت مع الطّاقم الكل و العمّال. رجعو يزقزقو بين الجثث شادّين خشومهم. عملوا إجتماع فوري و قرّروا بش ياخذو اليخت و يمشيوا لمالطا. ركبو الكلّ و بما أنّو حدّ ما يعرف يسوق فيهم، دخلو في قوالب السّيمان متاع البرط و غرقت السّفينة بيهم. منعوا الكعبتين إلي يعرفو يعومو و خلّاو لخرين في الماء. الثلاثة إلّي قعدو رجعو للقصر. مالقاو ما ياكلو. هوما هكّاكه حايرين في الجنينه، و النمر إلّي ما كلاش دجاجاتو الأربعة هدّ عليهم و كلاهم.

mercredi 15 décembre 2010

Un meurtre pas comme les autres

Toute ressemblance avec des événements et des personnes réels n’est pas fortuite et je tiens à m’excuser si cela peut offenser la famille de la victime qui se reconnaîtrait. Cependant, il y a eu quelques modifications qui font que le récit ci-dessous est fictif.

15h25 : L’autocar Greenhold se dirige vers Scarborough avec à son bord 55 passagers.

15H26 : Un Chinois d’une quarantaine d’années, assis dans les sièges arrières, se lèvent, sort un large couteau de son manteau et se dirige calmement vers le premier passager qui est assis devant lui. Il se penche sur lui, de la main gauche lui tient les cheveux les tirant vers le haut et de l’autre main applique, dans un mouvement de va-et-vient ordonné, le couteau sur la gorge du passager de 25 ans. Ce dernier n’a pas le temps de réaliser ce qui lui arrive que le sang de la jugulaire se met à couler comme dans un ruisseau fraîchement tracé. Un râle étouffé suit aussitôt et retentit par à-coups dans tout l’autocar. Les passagers n’ont pas fini de s’étonner de ce qui venait de se passer que le Chinois, toujours calme, finit par séparer la tête du corps et la promène désormais dans sa main gauche tout au long du couloir étroit. Il reste debout pendant quelques temps en regardant dans le vide comme s’il compte les goûtes de sang qui tombent sur la moquette.

15h29 : Le chauffeur se met sur le bas-côté de l’autoroute et arrête le véhicule en toute sécurité. Après les minutes d’étonnement, quelqu’un se lève et crie :

« Il me faut un fil et une aiguille! »

Le chauffeur de l’autocar bouscule un peu le Chinois, se tache les vêtements de sang et se précipite sur la boîte médicale rangée en haut sur sa droite. Il ouvre la boîte.

« Nous n’avons ni fil ni aiguille. Il y a du coton, des pansements et de l’alcool, est-ce que ça va? »

Le passager qui a crié et qui semble s’y connaître en médecine manifeste son énervement et lui dit que sans fil et aiguille, il ne peut rien faire et que Greenhold aurait dû penser à cette éventualité et se parer de fil et d’aiguille. Les minutes passent et chaque passager fouille en vain dans ses affaires à la recherche d’un fil et d’une aiguille. On a même cherché dans les poches de la victime qui, maintenant qu’elle est acéphale, ne bouge plus. Ils regardent tous le Chinois qui ne bouge pas lui non plus et ce dernier se sent obligé de faire quelque chose. Il pose la tête fraîchement coupée sur le siège du chauffeur et part chercher dans ses bagages en vain un fil et une aiguille. Tout le monde le regarde avec des yeux accusateurs en lui faisant comprendre qu’il aurait dû au moins prendre avec lui un fil et une aiguille. Le Chinois rougit de honte et se confond dans des excuses inaudibles.

Le premier crieur gronde et menace de poursuivre la compagnie de transport et dit au chauffeur que si dans les minutes qui suivent il n’y a ni fil ni aiguille, le jeune homme va mourir.

15h 45 : les ambulanciers et les voitures de police entourent l’autocar. Les secouristes n’ont pas pu sauver la victime car ils ont constaté sa mort.

17 jours plus tard : Une loi fédérale a été créée pour obliger toutes les compagnies d’autocars de se munir d’un fil et d’une aiguille. La loi, pour être conforme à la politique du multiculturalisme, stipule également qu’il faut avoir à bord trois fils : un blanc, un brun et un noir. Depuis ce temps-là, les autocars roulent en toute sécurité et les gens sont contents.

dimanche 5 décembre 2010

Vint temps



Photo: iStockphoto

Vint temps

Visages austères,

Mauvaises mines,

Lobes frontaux préoccupés par le train quotidien, les factures à payer, les courses à faire, les cadeaux de Noël à acheter, les rénovations à effectuer au sous-sol, les vacances rêvées dans le Sud, où Grosses bedaines se prélassent au soleil en ingurgitant un cocktail des Caraïbes à faire gonfler les clitoris des femelles venues se taper les gigolos d’ébène;

Lecture machinale du journal gratuit distribué à l’entrée par un sexagénaire qui fait des heures payé au salaire minimum de peur de trop puiser dans sa cagnotte de retraite, ne sachant pas combien de temps il lui reste à vivre;

Yeux plongés dans un gros livre de science fiction,

Doigts agiles s’agitent et s’alternent comme les pattes d’un scolopendre pour enfoncer les touches d’un téléphone intelligent;

Têtes se bercent au son d’une musique inaudible sous un casque de pilote d’avion;

Regards fixent le plafond et ils sont légion, d’autres regards lisent et relisent les panneaux publicitaires électroniques où la concurrence des universités se fait rude et côtoie celle des agences de voyage qui miroitent des vacances de rêve dans le Sud, où les grosses bedaines se prélassent au soleil en ingurgitant un cocktail des Caraïbes à faire bander les mâles venues se taper les gigolottes d’ébène;

Mêmes têtes descendent et remontent,

Même rythme berce la foule qui va au front après avoir gobé un café filtre sans sucre;

Mêmes chaussures se croisent et se décroisent, se touchent et se subductent pour tatouer dans l’éphémère le trajet de l’Autre;

Étourdissant décolleté ne trouve pas œil qui vive,

Étonnant silence règne et surpasse les décibels des roulements sur les rails dont le grincement se fait sentir d’un coup et faille faire tomber cette masse à moitié endormie et achever la subduction tâtonnante;

Yeux se réveillent,

Corps gigotent pour se remettre en place,

Étonnement mêlé d’effroi contamine toutes les rames;

Regards se croisent,

Doigts figent,

Yeux se baladent dans les quatre coins,

Jambes sont fébriles,

Chaussures se démêlent et Minutes durent une éternité.

« Un incident cause un ralentissement du service sur la ligne orange en direction de Montmorency. Veuillez nous excuser de ce contretemps et la reprise du trafic ne saura tarder, merci. », lance une voix monotone dans les haut-parleurs.

Regard collectif est porté aux montres,

Temps est sollicité, on lui demande des comptes, on veut qu’il s’arrête, on aimerait arrêter le chronomètre et ne pas compter le temps mort.

Une demi-heure plus tard, le métro reprend sa course, le chauffeur traumatisé a été remplacé par un autre, les passagers n’ont pas encore compris la cause de cet arrêt brusque que les préoccupations quotidiennes de courses, cadeaux, factures, vacances reprennent.